Témoignage





Un Egyptien libéré de Guantanamo : «Les gardiens US prenaient plaisir à nous torturer» Grand et mince, enveloppé dans une djellabah beige, cloué dans un fauteuil roulant, Sami al-Leithy, 49 ans, qui vient de passer quatre ans dans la prison militaire américaine de Guantanamo, affirme que les gardiens américains "prenaient plaisir à torturer" les détenus. Le Quotidien-Agences "Ils me soulevaient au bout de leurs bras et me laissaient m'écraser sur le dos contre le sol. Ils prenaient plaisir à nous torturer", a raconté al-Leithy dans un témoignage diffusé par la télévision publique égyptienne. Leithy, libéré et remis à l'Egypte début octobre, a affirmé avoir eu une lésion de la colonne vertébrale du fait de ces mauvais traitements."Avant ma détention, j'étais en bonne santé et je jouais au football", ajoute-t-il, en présentant des certificats médicaux afin d'appuyer ses dires. "Pendant les interrogatoires, ils (les gardiens) dirigeaient une lumière crue sur nos yeux et frappaient ceux qui essayaient de les fermer pour se protéger. Ils diffusaient aussi des sons stridents dans le local", affirme-t-il. "Les enquêteurs nous demandaient notre avis sur la politique américaine. Ils frappaient violemment ceux qui se prononçaient contre. Ils allaient même jusqu'à écraser la tête des prisonniers sur le sol pour les punir de leur opposition" à Washington, précise l'ancien détenu. Il affirme cependant n'avoir jamais été témoin d'un acte de profanation du Coran, car, a-t-il dit, il "sortait rarement de sa cellule". Les cellules de détention sont classées en quatre catégories de "A" à "D" et attribuées selon le niveau de "coopération" et de "soumission aux humiliations" des détenus, les meilleures cellules allant "aux plus soumis", indique-t-il. Dans les cellules "A", le détenu profitait de trois repas complets, deux couvertures, une brosse à dent, du dentifrice et du savon. "Ces avantages diminuaient progressivement jusqu'à disparaître totalement dans les cellules "D", les pires", ajoute-t-il. Sami al-Leithy raconte avoir "quitté Le Caire il y 19 ans" pour poursuivre des études au Pakistan où son beau-frère, professeur de l'Université islamique égyptienne d'Al-Azhar, avait été dépêché en mission. Aprés avoir obtenu un magistère en 1986 de l'Université d'Islamabad, il travaille dix ans au Pakistan. Devant le refus de l'ambassade d'Egypte à Islamabad de lui renouveller son passeport, il se dirige vers Kaboul (Afghanistan) où l'ambassade lui en remet un nouveau. Il travaille alors pendant six ans comme professeur à l'Université de Kaboul, où il est blessé lors des bombardements américains de la ville en 2001. Face à la pénurie de médicaments dans les hôpitaux de la capitale afghane, il est transféré avec un groupe de blessés vers la ville frontalière de Khosht. C'est en tentant de fuir les bombardements de Kaboul vers les montagnes, qu'il est arrêté par l'armée pakistanaise et remis aux Américains, qui le transfèrent à Guantanamo. "En 2004, j'ai finalement comparu devant un tribunal militaire américain composé de quatre juges officiers, d'un traducteur, d'un procureur et d'un officier" de liaison avec l'accusé, précise-t-il. "Pendant l'audience, ils ont refusé d'ôter les chaînes qui me serraient les poings et les pieds", souligne-t-il. "Ils m'ont dit que j'avais été arrêté avec quinze autres Arabes et accusé d'avoir envisagé de lutter contre l'armée américaine". Sans information depuis cette audience, il aurait été avisé seulement en mai - plusieurs mois après l'audience - qu'il avait été reconnu innocent. "Malgré celà, j'ai été maintenu en détention pendant six autres mois durant lesquels ils m'ont fait subir des supplices moraux jusqu'à ma libération", ajoute Leithy.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com