Ramadan dans les «vieux quartiers de Tunis» : Comme au bon vieux temps





En passant par les vieux quartiers de Tunis, on ne doute pas que Ramadan se vit autrement. C’est qu’ici l’ambiance est un peu spéciale. Tunis - Le Quotidien La vie dans les “Houmas” et les vieux quartiers de Tunis est sans doute spéciale. Elle l’est encore plus pendant Ramadan. Les différents souks fourmillent tous les jours avec les habitants des environs ainsi que des habitués ou des nostalgiques. Beaucoup d’autres de nos concitoyens n’hésitent pas à aller passer le temps dans ces quartiers emblématiques de Tunis. Ils recherchent les souvenirs de la capitale d’antan et le parfum du bon vieux temps. A Bab El Assal, il y a du monde. Il est presque 14h00 en cette journée d’octobre. On a l’impression que tous les gens sont dehors. Mais ce n’est pas vrai. Entre ceux qui font des courses et d’autres qui se promènent, la foule est importante. Cependant, un rassemblement particulier n’échappe pas aux yeux à l’entrée de la rue Ezzaouia El Bokria. Deux commerces sont en effet archicombles. De l’extérieur, ils semblent être très ordinaires. Mais en vérité, ce sont deux points de vente d’une pâtisserie très réputée qui attire la clientèle comme un aimant. En témoignent les files. Le produit-phare demandé par les clients ces temps-ci c’est la “samsa” Elle est spéciale parce qu’elle est fourrée avec des amandes et des noisettes concassées. Elle se vend comme des petits pains. Mais il n’y a pas que la samsa. Cette pâtisserie propose à ses clients une panoplie de gâteaux aux différents fruits secs. Son avantage c’est que ses prix sont raisonnables et nettement moins chers que les pâtisseries qui se disent de luxe et de qualité. * Ruée sur les gâteaux D’une impasse apparaît un vieux monsieur. Il a l’air fatigué. Sa bouche entrouverte et ses yeux fixés sur la rue, il semble avoir la tête ailleurs. Il ne bouge que lorsqu’il sent qu’une personne s’approche de lui. C’est une jeune fille qui vient se mettre à côté de lui. En jean, tee-shirt noir et pantoufles grises, elle joue avec la monnaie qu’elle a. Elle cherche quelqu’un avec les yeux. Quand elle est sûre qu’il n’y a personne, elle traverse la rue et va toute seule à l’épicier du quartier. Devant ce dernier, trois hommes discutent. L’un parle au téléphone et les deux autres commentent encore le match de la veille. Ils sont obligés de se mettre sur le trottoir pour céder la rue à une voiture qui fait demi-tour. Le chauffeur de la cylindrée fait cette manœuvre pour chercher son épouse qui a préféré l’attendre devant la pâtisserie. A cause de la lenteur de circulation dans cette rue exiguë par rapport au nombre de véhicules qui y passent, le bonhomme trouve du mal à faire son demi-tour facilement et rapidement. Alors entre-temps, sa femme court jusqu’à la voiture et monte. Dans l’épicerie, il y a du mouvement aussi. Pour des œufs, des tomates en conserves ou autres courses nécessaires pour le dîner, plusieurs filles viennent en “uniformes” de maison. Elles sont dans leur quartier et gagnent ainsi du temps. D’autant plus que ce genre de courses ne finit pas tout au long de l’après-midi. Affluence spéciale Plus on avance dans la rue d’Ezzaouia El Bokria, plus l’ambiance est magique. A droite et à gauche les boulangeries, les épiceries et tous les autres petits commerces connaissent une affluence spéciale. C’est l’ambiance de Ramadan par excellence. A la rue Sidi Abdessalem, le souk crée un mouvement exceptionnel. Une multitude de produits et d’étalages attirent un monde extraordinaire. L’intersection des rues Sidi Abdessalem et d’Ezzaouia El Bokria favorise et témoigne de la ruée des badauds. Dès qu’une voiture dérange la circulation des clients du souk, ils montrent leur mécontentement. D’ailleurs ils font comme s’ils n’avaient pas vu ce véhicule sinon ils insultent le chauffeur. Cette ambiance se prolonge jusqu’à la fin d’ Ezzaouia El Bokria, les alentours de Halfaouine et la rue Bab Saâdoun. Toujours autant de gens qui se précipitent avec des couffins, des paquets et des sachets. Ce sont les envies qui continuent à faire leurs siennes et à inciter nos concitoyens à la consommation. Mais dans ce bout de la capitale, Ramadan impose ses couleurs. Il est respecté sur toute la ligne. Tout se transforme à son arrivée. Quand on passe par ici, on ne regrette pas une seconde de l’avoir fait. M. Kada


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com