Les survivants du séisme au Pakistan furieux : Les convois humanitaires pris d’assaut





Les survivants du séisme dans le nord du Pakistan ont laissé éclater leur colère face à la lenteur des secours, en prenant d'assaut hier un convoi d'aide humanitaire destiné à des villages perdus dans les montagnes du Cachemire. Le Quotidien-Agences Quatre jours après le séisme qui a fait au moins 20.000 morts, de nombreux survivants affirment n'avoir toujours pas reçu la moindre assistance et la tension s'est accrue à Muzaffarabad, la capitale du Cachemire pakistanais. Des hommes se sont ainsi battus pour grimper sur un camion afin d'en retirer des bouteilles d'eau, des couvertures et des paquets de biscuits. Cette cargaison était destinée à d'autres villages. "On voit les choses venir puis partir, nous avons besoin de nourriture, nous avons besoin d'eau", se plaint un participant à cette mêlée générale sur la principale route traversant Muzaffarabad en direction de la partie indienne du Cachemire. Mohammad Rauf, responsable de ce convoi de 11 camions affrétés par une société privée, affirme avoir été molesté par la foule, tout comme ses collègues. Il explique que son convoi devait permettre d'acheminer de l'aide humanitaire vers certains villages de montagne dévastés par le séisme mais qu'un glissement de terrain bloquait toute circulation. "J'ai vécu une très mauvaise expérience", raconte-t-il tandis qu'un bulldozer de l'armée tente d'enlever les imposants blocs de pierre et la boue qui bloquent la chaussée. "Je vais prendre tout ce qu'il reste de ma cargaison et le décharger dans une base militaire. Ils peuvent bien s'occuper de la distribution", prévient-il. Un responsable militaire a fait savoir mardi que l'armée pakistanaise allait mettre en place des points de distribution d'aide afin d'atténuer le chaos régnant depuis samedi dans les opérations de secours, menées par de nombreuses organisations privées. Dans une vallée située à une dizaine de kilomètres de Muzaffarabad, les habitants de plusieurs villages se plaignent de n'avoir reçu aucune aide. Beaucoup sont furieux. "Si un responsable gouvernemental vient ici, il se fera tuer", affirme Syed Abdul Wadood Shah. Lui a décidé de quitter son village de Karadla Syedian, avec toute sa famille, pour s'installer dans la vallée. D'après lui, 150 habitants de son village sont morts dans le séisme et une cinquantaine d'autres ont disparu dans des glissements de terrain ou sous les décombres des bâtiments détruits par la secousse. "Mais ces chiffres ne reflètent pas la situation", juge Shah. Les carcasses en décomposition des buffles tués par le séisme dégagent une odeur pestilentielle. "Officiellement, il y a de l'aide mais sur le terrain, il n'y a rien", accuse-t-il.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com