Festival de la Médina : Le martyre de la Palestine en ré-majeur





«Voix de Palestine», une troupe palestinienne composée de jeunes musiciens de la diaspora de ce pays a animé un concert au Théâtre municipal de Tunis. La Palestine n’a pas fini de souffrir et ne cesse de compter quotidiennement ses morts qui tombent sous les balles des soldats israéliens. Mais ce pays d’une culture très riche, recèle des potentialités artistiques indéniables qui peuvent porter haut ses traditions musicales. Quoique souffrant aussi d’un isolement et d’une dispersion, à travers les quatre coins du monde, résultat de l’occupation que subit le territoire palestinien, la diaspora, en contact permanent avec ses racines, tente de rallumer les lumignons culturels des territoires occupés. Et c’est d’ailleurs ce qu’on a vu avant-hier soir, au Théâtre municipal de Tunis. Mais à vrai dire, on s’attendait à beaucoup plus de créativité musicale et, surtout, de ressuscitation des traditions mélodieuses palestiniennes. Car celles-ci ne se réduisent pas aux seules chansons monotones présentées par la troupe : «Voix de Palestine», pourtant sélectionnée comme meilleur groupe musical, lors du dernier festival d’Aravision. La Palestine ne se réduit pas, en effet, aux seules chansons du tarab. C’est aussi le pays de la «debka», des «chansons bédouines» très raffinées qui font voyager dans les profondeurs d’un patrimoine chansonnier riche de multiples influences orientales et occidentales. Un patrimoine qui peut être au service de l’engagement de sa diaspora artistique en faveur de la paix. Même si «Voix de Palestine» est restée fidèle à ce principe, cher à tous les Palestiniens, il faut reconnaître que sa prestation, bien que chaudement applaudie, ne montre pas toutes les facettes de cette culture musicale palestinienne riche et variée. Chouf-Ouyouni Toutefois, les dix musiciens de «Voix de Palestine», ont tenté de reproduire les rythmes musicaux les plus contemporains, de la musique arabe. Ils ont composé aussi bien des chansons engagées que celles rendant un vibrant hommage aux martyrs palestiniens. Ils ont également dédié des morceaux à la Tunisie qui a accueilli une bonne partie de la diaspora palestinienne qui a vécu hors de son pays pendant de longues années. Sous la direction de Kamel Slimane, «Voix de Palestine» ne s’est pas contentée seulement d’interpréter les chansons de reconnaissance uniquement. Accompagnés de trois belles vocalistes, les instrumentistes ont aussi fait plonger l’assistance dans les sons chaloupés et les rythmes caverneux de la guitare, de percussion et du nay. Fidèles aux chansons romantiques et nostalgiques, les musiciens de «Voix de Palestine», ont reproduit les compositions de nombreux grands paroliers arabes. Parmi les chansons interprétées, on trouve «Ya Hilwa», «Chouf Ouyouni», mais également des chansons de la souffrance. Toutefois, la soirée a fini en beauté, grâce à une belle prestation du maestro Kamal Slimane, qui a visité quelques unes des compositions de Marcel Khalifa, à l’instar de «Mountassiba El quamati amchi», entre autres. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com