Soirée ramadanesque à Ennasr II : Sans répit au-delà de minuit





L’avenue Hédi Nouira à Ennasr ne connaît pas de répit. Dès le premier soir de Ramadan, les cafés sont archi-combles. Tunis - Le Quotidien Il fut un temps où les deux premières semaines de Ramadan étaient relativement calmes. Mais depuis quelques années, ce n’est plus le cas. Dès le premier jour du jeûne, les gens attaquent les soirées. C’est valable pour Ennasr II où les cafés ne cessent de se multiplier à une vitesse vertigineuse. Et ils sont tous archi-combles aussi bien en temps normal qu’à l’occasion du mois sacré. Il est presque 22h00. C’est l’heure de pointe des sorties. La circulation est monstre à l’avenue Hédi Nouira. A cause de l'exiguité des routes et faute de parkings, les voitures stationnées ralentissent le passage. Pour circuler, il fait avoir des nerfs d’acier afin de supporter les klaxons et l’attitude des chauffeurs dont la plupart ne sont dans leurs véhicules que pour frimer. Beaucoup de nouveaux cafés ont émergé. Sans doute, ils ont ouvert avec l’arrivée du mois Saint sachant que l’activité enregistre des pics chaque Ramadan. La preuve que ces gens ont compris le fonctionnement des clients c’est que la majorité de ces cafés propose les narguilés ou “chichas”. Celles-ci sont également un produit phare de ce mois. Garçons et filles se rabattent ces jours-ci sur le thé aux pignons et la chicha parfumée. Afin de contenir les dizaines de clients qui envahissent les salons de thé, les propriétaires ont trouvé des solutions occasionnelles. En plus des intérieurs et des terrasses qui sont au complet, certains cafés ont gagné du terrain grâce à des extensions de fortune. Ils ont tout simplement installé les tables et les chaises devant des espaces encore fermés. Ce qui leur permet de recevoir plus de clients. Et leur solution semble marcher. Car il y a toujours des veilleurs qui sont prêts à prendre un café même sur la chaussée. D’ailleurs dans l’un de ces salons de thé, les gens sont presque assis dans la rue. En plus de l’intérieur du café et de la petite terrasse, on exploite le trottoir. Ce dernier est complet. Tout le monde se serre pour avoir le soupçon d’une place. L’essentiel c'est de s’installer. Entre temps, ces accros des cafés ne se voient pas dans l’état qu’ils apparaissent. On a l’impression d’être devant des cages de zoo. Sans parler du “paysage” qu’ils admirent. Absolument rien à part la poussière insupportable, les chantiers lugubres et les files de voitures déprimantes. Pourtant, les filles rigolent comme si elles étaient sur les Champs Elysées et les garçons continuent à faire les intéressants. * La frime bas-de-gamme Ce qui est remarquable dans cette avenue fief des cafés et haut lieu de toutes sortes de frime bas de gamme, c’est que les commerces sont tous pleins. Peu importe l’endroit, la qualité de la carte et encore moins les prix. On ne cherche qu’à marquer sa présence. Car la plupart se connaissent. Ils ont besoin d’avoir des nouvelles les uns des autres et de voir en “live” ce qui se passe. Ce sont principalement des jeunes qui ne conçoivent de Ramadan que les soirées. Ce mois compte peu pour eux dans sa dimension religieuse. Si dans le meilleur des cas ils jeûnent, ils ne se contentent que de ce volet. Le reste est dédié à tous genres de soirées et veillées jusqu’à l’aube. Les filles sont spéciales à Ennasr. A les voir dans les cafés, on comprend tout de suite que le mois Saint ne rentre pas dans leur habitudes. Toujours en termes inappropriées pour un mois pareil, elles n’ont de souci que pour leur paquet de cigarettes, leur boisson et la clique. Tout ce beau monde ne bouge pas des cafés avant 1h00. Des voitures garées dans tous les sens à interrompre la circulation; des gens, beaucoup de gens de tous les âges accrochés à leurs portables afin de coordonner les derniers détails de la soirée qui n’a rien de particulier par rapport à celles de la veille ou du lendemain. Bref, l’avenue Hédi Nouira ainsi que les rues adjacentes fourmillent. C’est incroyable le monde qui se rue tous les soirs vers les cafés ennuyeux sans jamais se lasser. Et c’est incroyable ce que ces gens peuvent dépenser tous les jours comme argent et comme énergie. Ce qui est marrant c'est le paradoxe qui existe entre cette avenue de toutes les couleurs et lumières et l’autre bout qui la sépare d’une cité limitrophe. De ce côté-là, le calme est plat. Il est effrayant. Quelques chantiers annoncent l’émergence imminente de nouveau buildings. En même temps que des frimeurs sirotent des boissons et tirent dans des clopes américaines, des maçons rentrent dans leurs chantiers. Un petit sachet à la main contient leur “shour” qui se compose d’un peu de lait caillé et de pain. M. Kada


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com