Sidi Hssine-Sejoumi : Double meurtre pour laver l’honneur





A l’image de toutes les capitales du monde, Tunis est la destination privilégiée d’une catégorie de la population ayant choisi la plus facile des solutions en quittant l’intérieur du pays pour venir s’entasser dans des bidonvilles érigés à la hâte tout autour de la capitale. Tunis - Le Quotidien Pas loin de la capitale, à une dizaine de kilomètres du centre-ville de Tunis, des centaines de milliers de Tunisiens ont élu domicile dans des quartiers, dits populaires, construits tout au long des trois dernières décennies sans l’aval des autorités et au détriment des lois en vigueur. Conventionnellement, ces cités sont connues pour être des constructions anarchiques. N’empêche que ces centaines de milliers de citoyens sont administrativement considérés comme étant des Tunisois en bonne et due forme. Sont-ils pour autant ouverts d’esprit comme l’implique le fait d’être un vrai tunisois? Malheureusement et la plupart du temps, la réponse est non. En témoigne, les faits de cette affaire ayant eu lieu à “Jayara”, un gigantesque quartier populaire situé derrière l’autre gigantesque cité de Sidi Hcine Sejoumi. “Jayara” veut dire en arabe, ou en français, les envahisseurs. Les premières familles qui ont investi les lieux, ont, d’emblée annoncé la couleur. D’ailleurs, c’est le cas de tous les nouveaux quartiers populaires construits d’une manière anarchique. Une famille ou deux s’y installent puis c’est le reste de la tribu qui les rejoint. Du coup, c’est tout un village de l’intérieur du pays qui est délocalisé pour s’implanter dans les environs de Tunis ou d’une autre grande ville. Bien évidemment, une tribu a besoin d’un emblème et d’un nom qui fait peur, “Jayara” fait partie de ce paysage. Il y a en effet, deux mois les corps de deux jeunes gens ont été découverts dans le canal qui longe le quartier. Repêchés par les agents de la protection civile, ils ont été remis au médecin légiste pour déterminer les causes exactes de leur mort. Le résultat de l’autopsie ne laissait aucun doute. Les deux victimes ont été étranglés et leurs corps ont été jetés dans la rivière. Du coup, les autorités ont ouvert une enquête afin de retrouver les auteurs de ce double meurtre. Il s’est avéré alors que les deux victimes, une fille et un garçon sont tous les deux originaires du quartier populaire de “Jayara”. Des témoins ont déclaré que les deux jeunes gens étaient amoureux l’un de l’autre. On les voyait, en effet toujours ensemble. Peu de temps avant leur disparition, des rumeurs ont circulé révélant que la jeune fille était tombée enceinte. La nouvelle n’a pas tardé à arriver jusqu’à son frère, qui n’est pas allé par quatre chemins pour prendre sa décision à savoir laver l’honneur bafoué de la famille. Arrêté, le suspect n’a pas mis trop de temps pour avouer les faits. Il a reconnu avoir attiré sa sœur et son prince charmant dans un guet-apens. Muni d’une corde, il les a dans un premier temps ligotés et enchaîné à un poteau puis, il n’a pas hésité à les étrangler avant de se débarrasser de leurs corps en les jetant dans le canal. Sous d’autres cieux et dans un autre environnement social cette affaire aurait été réglée d’une manière beaucoup plus pacifique. On qualifiera cela de “civisme”, mais à “Jayara”, l'amour n’a pas le droit d’être un acte civique. H.M.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com