Conseil de sécurité : L’élargissement remis aux calendes grecques





L'élément phare du projet de réforme de l'Onu pour son 60e anniversaire, à savoir l'élargissement du Conseil de sécurité, n'aura pas lieu dans l'immédiat et nul ne sait s'il verra le jour, victime des susceptibilités et des intérêts divergents des Etats, petits et grands. Le Quotidien - Agences En effet, le projet, qui devait être adopté lors du sommet mondial qui s'ouvre pour trois jours mercredi à New York, est dans l'impasse. Sa version la plus prometteuse était la proposition déposée en juillet à l'Assemblée générale par le G4 (Allemagne, Brésil, Inde, Japon) visant à faire passer le Conseil de sécurité de 15 à 25 membres, avec six nouveaux sièges permanents sans droit de veto et quatre non permanents. Selon ce schéma, les nouveaux sièges permanents devaient aller au G4 et à deux pays africains à désigner par l'Union africaine (UA). Cette version, soutenue par près de 40 pays dont le Royaume-Uni et la France, aurait eu besoin des 53 voix de l'UA pour atteindre la majorité des deux-tiers requise à l'Assemblée générale, où siègent 191 Etats. Le G4 a donc courtisé les Africains, qui considèrent comme une injustice historique que leur continent soit le seul à ne pas avoir de représentant permanent au Conseil. Mais les Africains, menés par l'Algérie et l'Egypte, ont insisté pour présenter leur propre projet, prévoyant un Conseil de sécurité de 26 membres, avec six nouveaux sièges permanents dotés du veto, dont deux attribués à des pays africains, et cinq sièges non permanents, dont deux iraient également à l'Afrique. Cette position est considérée comme irréaliste car les cinq permanents actuels (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) refusent de partager le privilège du droit de veto. En outre, le G4 s'est heurté à l'opposition des Etats-Unis et de la Chine, alliés objectifs dans l'affaire. Washington, soucieux de l'efficacité du Conseil, ne souhaite pas l'élargir à plus de 20 membres et veut que son principal allié asiatique, le Japon, obtienne un siège permanent sans droit de veto. Mais Pékin est hostile à la candidature de Tokyo, à qui il reproche de s'être insuffisamment repenti de son passé militaro-colonialiste, et prône, pour la réforme, un consensus qu'il sait impossible à atteindre. Hier le Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a espéré un accord « d’ici la fin de l’année» sur l’élargissement.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com