Cyclone Katrina : Très critiqué, Washington réagit





Très critiqué pour sa mauvaise gestion de la catastrophe, le gouvernement Bush a réagi en déchargeant le chef civil des secours de ses fonctions. Le Quotidien-Agences Le chef civil des secours aux victimes du cyclone Katrina, très critiqué, a été déchargé vendredi de ses fonctions. Michael Brown, chef de l'Agence fédérale de gestion des crises (Fema), critiqué pour sa réaction tardive à la catastrophe, a été rappelé à Washington et remplacé sur le terrain par le vice-amiral Thad Allen, a annoncé le secrétaire à la Sécurité Intérieure, Michael Chertoff. "Clairement, il n'était pas à la hauteur de ce travail essentiel", a aussitôt réagi le sénateur démocrate Charles Schumer, tandis que plusieurs autres élus jugeaient la mesure insuffisante et réclamaient son licenciement. Selon un rapport de la Fema datant de l'an dernier et rendu public avant-hier soir par des élus démocrates, les autorités fédérales avaient une vision très précise, dès 2004, des dégâts qu'infligerait un puissant cyclone en Louisiane. Selon ce rapport, un cyclone soufflant sur le sud-est de la Louisiane avait toutes les chances de "provoquer une catastrophe que l'Etat ne pourrait pas gérer sans une aide massive venue des Etats voisins et du gouvernement fédéral". * Critiques A ce propos, l'ancien secrétaire d'Etat Colin Powell, très discret depuis son départ du gouvernement en janvier, a fait un retour remarqué en critiquant les "échecs" dans la gestion du cyclone Katrina. Le chef de la diplomatie américaine sous le premier mandat du président George W. Bush est revenu sous les feux de la rampe avec un long entretien diffusé avant-hier soir sur la chaîne de télévision ABC. Powell s'est joint au concert des critiques sur le manque de prévoyance et les défaillances initiales dans la réponse au cyclone Katrina, qui a ravagé une partie du sud du pays. "Je pense qu'il y a eu beaucoup d'échecs à de nombreux niveaux - local, Etats et fédéral -" a-t-il déclaré. Powell a parfois été évoqué dans la presse comme une personnalité ayant assez de stature pour diriger une grande mission de reconstruction des zones dévastées, en particulier la ville de La Nouvelle-Orléans. Mais l'ancien général ne mâche pas ses mots sur le manque de prévoyance des autorités, au moment où le gouvernement et le président Bush lui-même sont sur la sellette. "Il y a eu plus qu'il ne faut d'avertissements au cours du temps sur les dangers que courait La Nouvelle-Orléans. Il n'a pas été fait assez. Je ne pense pas que l'on ait mis à profit le temps qui était disponible, je ne sais pas pourquoi", a-t-il dit sur ABC. Très critiqué pour sa mauvaise gestion de la catastrophe, le président américain George W. Bush se rendra pour la troisième fois aujourd’hui dans les zones ravagées, cette fois pour une visite de deux jours. Le Congrès a débloqué jusqu'à présent 62,3 milliards de dollars d'aide financière. "Ce chiffre va augmenter", a prédit le secrétaire au Trésor John Snow. Selon la société américaine Risk Management Solutions (RMS), spécialisée dans la gestion des catastrophes, le coût des dégâts devrait dépasser 125 milliards de dollars. * Estimations en baisse Le bilan des victimes du cyclone Katrina pour l'agglomération de La Nouvelle-Orléans pourrait être inférieur aux premières estimations, a déclaré Terry Ebbert, directeur de la sécurité intérieure pour La Nouvelle-Orléans. "Le nombre de cadavres retrouvés est pour l'instant relativement inférieur aux terribles estimations de 10.000 morts", a-t-il fait valoir. Le nombre des morts recensés en Louisiane est pour l'instant de 118 et s'établit à 204 dans le Mississippi. Pour l'ensemble des Etats concernés - Louisiane, Mississippi, Alabama, Floride -, le bilan provisoire officiel de la catastrophe s'établit désormais à 329 décès. Quelque 25.000 sacs mortuaires ont été acheminés dans la région. Selon Ebbert, les opérations de secours proprement dites sont quasiment terminées et les autorités concentrent désormais leurs efforts sur l'évacuation des derniers habitants, le sauvetage des animaux et la récupération des cadavres. L'opération d'évacuation des derniers habitants de La Nouvelle-Orléans devrait être terminée "dans une semaine", selon les militaires américains. L'ordre d'évacuation est toujours en vigueur mais la force n'a pas encore été utilisée, ont assuré les autorités locales. Entre 10.000 à 15.000 personnes seraient encore dans la ville qui comptait 485.000 habitants (1,4 million avec sa banlieue) avant le cyclone du 29 août. L'assèchement de la ville devrait être entièrement achevé d'ici le 8 octobre, a annoncé le Corps des ingénieurs de l'Armée de terre.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com