Des pilotes de lignes à Tunis : Dresser le bilan des «turbulences»





Le transport aérien connaît depuis quelque temps une mauvaise passe cristallisée par une série noire sans précédent tout au long du mois d’août. Dans cette conjoncture marquée par un retour à la psychose, la fédération internationale des associations des pilotes de lignes tient sa conférence régionale pour l’Afrique et le Moyen-Orient en Tunisie à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 15 du mois en cours. Tunis - Le Quotidien Le mois d’août 2005 est sans doute entré dasn les annales de l’aviation civile internationale. Le transport aérien a connu une véritable série noire, de crashs, accidents et problèmes techniques. Ce qui a provoqué un retour à la psychose semblable quelque part à celle survenue au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. La peur de l’avion revient et plusieurs compagnies aériennes sont désormais pointées du doigt à raison ou à tort. Cela est dû aux extrapolations auxquelles se sont livrés certains médias profitant de la conjoncture pour multiplier les interprétations. C’est dans cette atmosphère à fortes turbulences que se tient aujourd’hui dans nos murs la conférence régionale de la Fédération internationale des associations de pilotes de lignes (IFALPA) pour l’Afrique et le Moyen-Orient. A ce sujet, le Bureau de coordination des pilotes tunisiens a organisé dimanche après-midi une conférence de presse afin de présenter les grandes lignes de cette manifestation. Celle-ci se déroule du 13 au 15 du mois en cours avec la participation d’une quarantaine de personnes représentant les régions d’Afrique et du Moyen-Orient. Quant à l’IFALPA, elle enregistre la présence de six membres dont le président qui vient d’être réélu. Cette conférence régionale est annuelle. Elle se tient pour la deuxième fois en Tunisie depuis que nos pilotes de lignes sont représentés dans cette organisation. A l’ordre du jour de la conférence, figure principalement l’évaluation du niveau de sécurité aérienne dans les zones concernées. Il va sans dire que cette conférence tombe à point nommé notamment avec l’amerrissage du vol Tuninter sur les côtes italiennes. Cependant, les commandants de bord tunisiens qui ont pris part à la conférence de presse affirment que les travaux de la réunion de l’IFALPA ne traiteront pas cette affaire. C’est dans une autre conférence consacrée aux accidents et qui aura lieu au mois d’octobre prochain à Hong-Kong qu’un rapport sur l’ATR-72 sera présenté à la commission d’analyse des accidents. Pour l’instant, il s’agit d’un rapport préliminaire sur lequel nos pilotes ne peuvent se prononcer en attendant qu’un rapport final livre les secrets de cet amerrissage. * La Tunisie, un exemple en Afrique Les pilotes tunisiens sont unanimes quant à l’intérêt d’une telle conférence régionale organisée en Tunisie. En effet, “c’est toujours bénéfique d’organiser une telle manifestation dans nos murs aussi bien pour la Tunisie que pour l’ensemble de l’Afrique”, soulignent M. Ali Dridi et Souheïl Dallel. D’ailleurs, l’intégration de l’IFALPA par nos pilotes en 1997 a été à l’origine de plusieurs changements positifs. Avant cette date, l’espace aérien tunisien était considéré à risque ou black star selon le jargon de l’aviation. A cette époque, l’IFALPA n’avait pas de vis-à-vis en Tunisie. Mais à partir de l’affiliation des pilotes tunisiens, des efforts ont été consentis pour redorer le blason de notre espace qui, depuis l’année 1997, “ne présente plus de risques”. Car l’impact du black star est très négatif dans la mesure où beaucoup de compagnies ne travaillent pas sur la destination. A ce propos, il importe de signaler que l’aéroport de Nice - Côte d’Azur, par exemple, est toujours considéré black star. Ce dernier ne comporte pas uniquement l’utilisation du terrain. Il concerne également la qualité des moyens de contrôle, de navigation et de communication. A ce titre, l’Afrique est encore à la traîne. Exepté l’Afrique du Sud qui sort du lot, la situation du reste des aéroports africains est fort peu reluisante puisque ces espaces aériens continuent à donner du fil à retordre aux pilotes. Cette image ternie pourrait porter préjudice à celle d’autres pays de l’Afrique du Nord comme la Tunisie. Néanmoins, MM. Dridi et Dallel précisent que la Tunisie sert d’exemple auprès de l’IFALPA, et ce, grâce aux progrès qui ne cessent d’être réalisés notamment en infrastructure. En d’autres termes, les spécialistes dissocient la Tunisie de cet état des lieux lamentable prévalant en Afrique noire. Décidément, le transport aérien va faire couler beaucoup d’encre durant la période à venir. Les compagnies à bas coûts sont dans le collimateur et les passagers tirent à boulets rouges sur plusieurs transporteurs à travers les différentes chaînes de TV françaises en particulier.Tous les jours, on sort de nouveaux chiffres effrayants. Ce qui contribue davantage dans la psychose actuelle. Toutefois, le marché du ciel se porte bien. On parle de 2 milliards de voyageurs en 2004. Le secret de la réussite selon un reportage diffusé sur une chaîne française réside dans le recrutement des pilotes, la formation des pilotes et la maintenance. Maryem KADA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com