Réunis à Tunis : Les pilotes de ligne arabes et africains se font un sang d’encre





A cause de la hausse continue du prix des carburants ainsi que d’autres facteurs liés à la sécurité et la maintenance, le transport aérien est plus que jamais menacé. C’est ce qui a été affirmé lors de la Conférence régionale de la Fédération Internationale des Associations des Pilotes de Lignes (IFALPA) pour l’Afrique et le Moyen-Orient, tenue hier à Tunis. Tunis-Le Quotidien Il est inévitable aujourd’hui de parler des avions et du transport aérien. Les compagnies aériennes sont toutes concernées par la sécurité car il y va de leur survie. L’actuelle crise qui marque un retour à la psychose a permis de remettre beaucoup d’éléments en question. Certains transporteurs grincent des dents et essaient tant bien que mal de sauver leur réputation. D’autres semblent tirer leur épingle du jeu et confirmer leur renommée. Mais une chose est sûre, c’est que le client est très exigeant en matière de sécurité. Il cherche souvent les bonnes affaires mais dès qu’il sent le danger, il devient imprévisible. C’est la peur de l’avion à ce moment-là qui l’emporte sur le reste. C’est dans ce contexte qu’ont démarré hier à Tunis les travaux de la Conférence régionale de la Fédération Internationale des Associations des Pilotes de Lignes (IFALPA) pour l’Afrique et le Moyen-Orient. Certes la question de la sécurité et de la maintenance des appareils est cruciale pour chaque compagnie. Mais la conjoncture actuelle pose de nouvelles conditions aux transporteurs. Et c’est dans cette optique que le commandant de bord, Souhaïel Dallel du Bureau de coordination des pilotes tunisiens, a choisi pour thème de sa communication les effets de la hausse du prix des carburants sur le secteur de l’aviation. Le conférencier a plaidé à cet effet en faveur de l’économie de kérosène au sein des compagnies aériennes. C’est une démarche qui s’inscrit dans l’économie d’énergie pour laquelle un ensemble de mesures doivent être développées. Ce qui permettra de mettre en place un programme de compression du coût du carburant. * Economie d’énergie Durant les trois dernières années, le transport aérien a été frappé par le traumatisme du 11 septembre, la crise du SRAS, la guerre contre l’Irak et les prix des carburants qui ne cessent de grimper. Ces années de très fortes «turbulences», n’ont pas été sans affecter les compagnies aériennes lesquelles ont perdu environ trente milliards de dollars. Plusieurs grandes compagnies aux Etats-Unis se sont trouvées obligées de licencier une bonne partie de leur personnel. A ce propos, l’IATA (International Aviation Transport Association) considère que 33 dollars comme prix du baril de pétrole est le seuil supportable moyen. Or, ce prix flirte à l’heure actuelle avec les 70 dollars. Pour Tunisair, la consommation de kérosène est estimée pour cette année à 225 mille tonnes. Le prix de la tonne a augmenté de 260 dinars en 1999 et de 850 dinars en 2005. D’où l’évolution du budget kérosène qui est passé de 60 milliards en 1999, à 122 milliards en 2004 et 192 milliards cette année. Face à cette situation, de nombreuses compagnies ont réagi dans le but de limiter les dégâts. Le risque majeur de ces réactions est de perdre les clients. A ce niveau, M. Dallel propose la solution de rationaliser la consommation d’énergie dans la compagnie. Toutefois, il faut respecter aussi bien la sécurité que la réglementation en vigueur. Dans cette démarche, il importe de prendre en considération le management de la compagnie. Les opérations aériennes, la préparation des vols, le personnel navigant technique et la maintenance constituent les points saillants d’un programme d’économie d’énergie. Il s’agit d’un travail d’équipe dont le résultat final est un cumul de petites économies. «Le transport aérien est plus que jamais menacé. Il y va de la survie de beaucoup de compagnies», conclut M. Dallel. * L’Afrique, un black-out Par ailleurs, M. Jihad Faqir, directeur régional de la sécurité, des opérations et de l’infrastructure pour l’Afrique et le Moyen-Orient au sein de l’IATA, s’est attardé sur l’état des lieux dans le continent noir. Force est d’avouer que la situation est réellement préoccupante dans de nombreux pays africains. Cet organisme auquel sont affilées toutes les compagnies émet régulièrement des recommandations pour l’IFALPA. Pourtant, nombreux sont les pays africains qui font la sourde oreille et ne décrochent toujours pas. La preuve, c’est qu’en Afrique et jusqu’à maintenant, une importante zone est encore hors radar. Hormis quelques pays qui s’alignent sur les normes de sécurité, le reste a du chemin à faire. Ce qui ne les empêche tout de même pas d’être réticents à toute collaboration. Il incombe alors à l’IATA de les «apprivoiser». Et elle en a les moyens. Pour sa part, Tunisair réaffirme sa totale conscience des conditions du transport aérien. Celles-ci prouvent à nouveau que la maintenance est primordiale pour l’activité de la compagnie. Dans ce cadre, Tunisair mise sur la formation de son capital humain qui a toujours été sa fierté. Il a été annoncé également qu’avant la fin de l’année, «Tunisair technique» verra le jour et sera totalement gérée par la compagnie nationale. Tunisair qui est certifiée JAR 145 continuera sur cette lancée aspirant à davantage de certifications. M. KADA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com