C.A. Selliti : un doublé et une note discordante





Au Sultanat d’Oman, le Club Africain qui surfe sur la crête de l’enthousiasme né de sa place retrouvée de leader de la Ligue I, a assuré sans forcer son talent un net succès (2-0) face au représentant local en Arab Champions League dans sa 3ème édition. Nadi Al Ourouba. Et c’est l’attaquant Mohamed Selliti qui a concrétisé cette domination en deux minutes (40ème et 42ème). Le goleador du Championnat national (ex-aequo avec son coéquipier, le Malien Dramane Traoré) avec un butin de 4 buts en cinq journées s’illustre ainsi sur les terrains (une réalisation contre l’USMo, samedi et un doublé à la Wilaya de Sour, dans les lointaines contrées omanaises : soit ce qu’on pourrait qualifier de buteur tous terrains). Car, à vrai dire, au avait peur qu’il ne fasse parler de lui que dans les coulisses ou sur les colonnes des journaux. Il manqua deux jours les séances d’entraînement avant le choc de la 5ème journée face à l’USMo, sans y avoir été autorisé. A son retour au Par «H», il eut une longue explication avec son entraîneur Youssef Zouaoui qui s’employa à le convaincre que «chaque chose vient en son temps», comme le veut le bon sens et qu’il avait tort de chercher à forcer la main à ses employeurs. Car on se rappelle bien qu’après la demi-finale de la Coupe de Tunisie perdue en mai dernier contre l’EST? Mohamed Selliti s’éclipsa, arguant de la réaction hostile du public clubiste qui voudrait lui faire endosser la responsabilité de ce grand échec. On l’entendit même répéter à l’ennui en ce temps-là : «Non, je ne reviendrai jamais au Club Africain». Mais comme on ne peut jamais juger de rien, ce que du reste sembler oublier l’ancien bomber béjaois, Selliti revint à la reprise sans la férule de Zouaoui sans avoir nourri auparavant la rumeur sur son désir d’aller exercer ailleurs (CSS, Pays du Golfe, Europe ?). Il tenta même un coup de force en cherchant — vainement — à aller effectuer un test avec les Egyptiens d’Al Ahly. Seulement, il y a un contrat à respecter qui court jusqu’au 31 décembre 2005. Il dut ainsi accepter le fait accompli et s’incliner devant la force contraignante des contras signés. Entre-temps, il n’arrêta pas de marquer et d’entretenir sa réputation de chasseur de buts. Jusqu’à la «fugue» du début de la semaine précédente quand il chercha à faire admettre qu’il pouvait quitter le CA le 1er janvier 2006 alors que ses employeurs avancent l’argument que ce contrat courait de facto jusqu’au 30 juin 2006 puisqu’une saison dure théoriquement jusqu’au mois de juin et que, par conséquent, le contrat liant Selliti au CA s’étendait implicitement jusqu’au prochain été. * Manque de solidarité Qui a tort ? Qui a raison ? Au-delà de la hâte mise par Selliti à partir du CA, lui qui ne s’est presque jamais fait réellement adopter par la galerie du club de Bab Jédid, peut-être en raison d’un subconscient collectif qui n’a guère oublié la blessure du but décisif de Selliti marqué contre le CA, le 15 juin 2003, pour le compte du ST, en finale de la Coupe de Tunisie, il faudra se mettre autour d’une table et discuter afin de dissiper les malentendus. Selliti n’a en vérité guère intérêt à jeter de l’huile sur le feu par des déclarations intempestives, maladroites, irrespectueuses à l’endroit du club qui le paie et lui fait gagner son pain. Et alors qu’il y a des hommes au CA qui se plient en quatre pour rasséréner l’ambiance et colmater les brèches afin d’en arriver au résultat que l’on connaît (le club rouge et blanc est leader invaincu et, surtout, a appris à mettre les conflits en sourdine et à se concentrer uniquement sur les affaires du terrain), l’ancien Béjaois et Stadiste attise maladroitement le feu et allume des braises en décrétant, maladroitement et arbitrairement qu’«il existe au CA beaucoup de joueurs qui ne méritent pas d’y jouer et que les choses ne marchent pas bien». Mohamed Selliti témoigne là, dans ces interviews qu’on a pu lire ici et là, d’un cruel manque de solidarité avec ses coéquipiers, tous ses co-équipiers et d’un manque de respect pour son employeur. Le bonhomme ne sait pas faire parler la foudre, sur le terrain seulement. Au moment où tout semble baigner dans l’huile, au grand soulagement de la galerie clubiste, voici donc monter une note discordante là où le dialogue et la force de la persuasion auraient mérité de devenir l’unique recours. Un véritable gâchis, tant pour le joueur que pour son club. S.R.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com