Jeunes et argent de poche : Mauvais gestionnaires, ils dépensent sans compter





Une bonne gestion est celle où on évite les dépenses inutiles. Ceux qui dépensent avec mesure sont considérés comme étant de bons gestionnaires. Les jeunes ne faisant pas encore partie de la population active, obtiennent «facilement» de l’argent. Pour couvrir leurs frais, il leur suffit de prendre leur argent de poche auprès de leurs tuteurs. Comment gèrent-ils justement leur budget ? Ont-ils le sens de l’économie ou sont-ils au contraire très dépensiers ? Témoignages. Tunis-Le Quotidien Jeter l’argent par la fenêtre semble être une spécialité juvénile. Fournitures, fringues, bouffe, cartes de recharge téléphonique, tabac, cafés, etc... La liste des besoins est aussi longue que variée même pour un jeune élève. Certains ne pensent qu’à dépenser voire se vanter. D’autres en revanche ne font pas de dépenses démesurées. Samir, 17 ans, tâche toujours de ne pas faire des dépenses immodérées. Le jeune homme travaille durant la saison estivale pour pouvoir s’assumer. «Nous sommes six frères et sœurs dans la famille. Et la vie est dure. Je dois bien travailler pour contribuer à couvrir les frais. C’est trop pesant pour que mes parents s’en chargent. Quand j’ai commencé à connaître la valeur de l’argent et combien on doit faire d’effort pour en gagner, j’ai arrêté de faire des dépenses folles. Je fais en sorte, à présent, que l’argent que je gagne durant ces trois mois couvre tous mes frais de scolarité et je pense m’en sortir parce que j'ai même pu aider mes parents à assurer les frais des études de mes frères», dit-il. Kamel, 19 ans, n’a jamais économisé un seul sous. Mais en contre partie, le jeune homme se débrouille pour avoir des petits boulots, histoire de satisfaire ses besoins. «Je sais gérer mon argent. Je reconnais que je fais parfois des achats que d’autres jugent inutiles, mais mon âge me permet de me chouchouter de temps à autre puisque mon argent je l’ai gagné après avoir rudement travaillé», dit-il. Bilel, 20 ans élève en terminale, dépense en moyenne six dinars par jour ! Très dépensier, le jeune homme n’a jamais laissé un rond de côté. «L’argent, c’est fait pour être dépensé, non ! C’est ma devise dans la vie. Cela dit, je ne demande jamais aux parents plus que ce qu’ils ne peuvent m’offrir. Je travaille durant l’été pour pouvoir me divertir et je laisse un peu d’argent de côté pour la saison scolaire. Cet argent ajouté à mon argent de poche me permettent de dépenser aisément. Toutefois, je ne suis pas atteint de la «fièvre acheteuse». Je ne me prive de rien, c’est tout», dit-il. Anis, 18 ans, dépense environ dix dinars tous les trois jours. Tout l’argent qu’il reçoit quoi ! «Je ne peux pas dire que je gaspille. Si mes parents me donnent de l’argent, c’est bien pour que je dépense. Certes, eux ils trouvent que mes dépenses sont parfois outrées puisqu’il m’arrive d’être à court d’argent très vite, mais je ne peux pas me priver de certaines choses surtout quand je suis en bande. En plus, il y a parfois des imprévus qui me laissent... à ras ! Je pense par ailleurs que le sens de l’économie ne peut être sans avoir travaillé. Il est tout à fait normal que l’argent reçu avec facilité, se dépense aussi avec facilité !», dit-il. Farès, 20 ans, est le seul à être plutôt économe. Le jeune homme arrive tant bien que mal à laisser de côté entre 15 et 20 dinars par mois. «Personne ne m’a enseigné, personne ne m’a inculqué le sens de l’économie. Mais il m’arrivait avant d’être à court d’argent à cause de mes petites folies dépensières. Depuis, quand je suis resté totalement «à plat», je me suis juré de laisser toujours un peu d’argent de côté. Je dépense avec mesure, je ne fais pas d’achat inutile et je ne porte sur moi que la somme exacte de mes dépenses calculées à l’avance. C’est une très bonne technique pour ne pas trop dépenser et résister à la tentation. La fin du mois, je trouve une petite somme de côté et cela me permet de me dorloter un peu. C’est seulement avec cet argent épargné que je ne permets extras et je m’en sors très bien sans jamais déranger mes parents. Il faut bien être indulgent avec nos parents, ce n’est pas facile d’avoir à gérer les frais de toute une famille», dit-il. Abir CHEMLI OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com