Quatre ans après le 11 septembre : L’Amérique plus vulnérable que jamais





Quatre ans après le 11 Septembre, le cyclone Katrina a montré que l'Amérique n'était pas prête à faire face à une catastrophe majeure, au point que l'armée, utilisée avec prudence pour des raisons politiques, apparaît désormais comme le recours. Le Quotidien-Agences «Le système de secours en cas de catastrophe n'a pas été à la hauteur" au moment de Katrina, a admis le président George W. Bush, qui a ordonné "un réexamen des plans d'urgence dans toutes les grandes villes d'Amérique". Les services de secours en Louisiane et au Mississippi ont été complètement débordés par l'ampleur de la catastrophe, incapables de venir en aide aux sinistrés de La Nouvelle-Orléans (Louisiane). L'ex-commission d'enquête sur les attentats du 11 septembre 2001 a rappelé mercredi qu'elle avait pourtant émis des recommandations concrètes, toujours pas été mises en œuvre quatre ans après les attentats. Le cyclone Katrina a montré de "sérieux problèmes" dans la gestion des situations de crise, a souligné l'ancien président de cette commission d'enquête, Thomas Kean. Il a ainsi reproché l'absence de système radio permettant à la police, aux pompiers et aux services médicaux d'urgence de communiquer correctement entre eux. La commission avait recommandé une évaluation des risques visant les infrastructures du pays les plus importantes et l'établissement d'un commandement coordonnant les services d'urgence au niveau national, mais rien n'a avancé depuis. L'aveu du président Bush est explicite: "Le système à tous les niveaux du gouvernement n'était pas bien coordonné et a été dépassé dans les premiers jours. Il est clair qu'un défi de cette taille demande une plus grande autorité fédérale et un rôle plus important de l'armée, l'institution la plus capable de lancer rapidement des opérations logistiques de masse". Face à la désorganisation des services de secours civils à La Nouvelle-Orléans, symbolisée par la démission du patron de l'Agence fédérale de gestion des crises (FEMA), le gouvernement a été obligé de faire appel au Pentagone, qui a mobilisé des milliers de militaires pour porter secours aux sinistrés. Mais le président Bush a rappelé que les troupes fédérales ne se chargeaient pas de faire appliquer la loi et qu'elles agissaient en soutien des unités de la Garde nationale, qui se trouvent sous l'autorité des gouverneurs de chaque Etat. En vertu d'une loi de 1878 appelée Posse Comitatus, les troupes fédérales ont interdiction de faire usage de leurs armes pour faire respecter la loi aux Etats-Unis. Cette barrière avait été instaurée après les critiques suscitées par le déploiement de troupes fédérales pour superviser les élections dans les anciens Etats confédérés à la suite de la guerre de Sécession. Aujourd'hui, l'idée d'un rôle plus grand de l'armée en cas d'attaque terroriste, de cyclone majeur, d'épidémie catastrophique de type grippe aviaire fait de plus en plus son chemin à Washington. L'influent président de la commission du Sénat sur les Forces armées, John Warner, a envoyé mercredi une lettre au secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld lui demandant d'étudier une révision de ce cadre juridique. "La seule entité aux Etats-Unis qui a le personnel, l'équipement, l'entraînement et la capacité logistique pour apporter son soutien à la Garde nationale et aux institutions au niveau des Etats dans le cas d'une crise de cette ampleur est le ministère de la Défense", a-t-il écrit.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com