Santé maternelle et infantile : Les risques de la prématurité en débat





Les 13èmes journées de la santé publique se tiennent depuis hier à Tunis. Elles focalisent sur le diabète durant la grossesse et la prématurité en tant que deux risques majeurs sur la santé de la mère et de l’enfant. Tunis - Le Quotidien Le développement des pays se mesure aujourd’hui à plusieurs niveaux. Il ne suffit pas d’avoir une économie bien portante mais il faut aussi remplir un certain nombre de critères. Parmi les indices les plus révélateurs des progrès d’une nation, c’est le bilan de sa santé publique. Il est indispensable aujourd’hui de combattre plusieurs maladies et de réduire beaucoup de prévalences. Pour l’année 2005, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a placé la journée mondiale sous le thème de la santé maternelle et infantile. La Tunisie s’aligne sur cet effort mondial qui tend à préserver la santé de la mère et de l’enfant. L’objectif dans notre pays est de réduire la mortalité infantile d’ici à 2009 à moins de quinze pour mille. A l’heure actuelle, nous sommes à 22,1% dont 60% de ces décès sont néo-natals. Ils sont donc en rapport avec l’accouchement et surviennent au cours de la première semaine ou le premier mois qui suit l’accouchement. La Direction des soins de santé de base organise à cet effet, les 13èmes journées de la santé publique. Elles se tiennent les 22 et 23 du mois. Le thème de ces journées étant la santé maternelle et infantile, deux sujets liés à cette question sont à l’ordre du jour de cette manifestation à savoir le diabète, la grossesse et la prématurité. Il importe de souligner que le diabète continue à ronger la santé des Tunisiens en général. Dans le Grand Tunis, 17,6% des personnes âgées entre 35 et 69 ans sont diabétiques. Les résultats des études montrent par ailleurs que cette maladie chronique est en train de proliférer. Quant aux femmes enceintes, leur diabète est classé en deux catégories. Il y a certaines qui sont atteintes de la maladie avant ou pendant la grossesse. Leur diabète est maternel. Tandis que chez d’autres femmes, le diabète est diagnostiqué en cours de grossesse et qu’on appelle diabète gestationnel. La prévalance de celui-ci est passé de 20,6% en 1986 à 80% en 2001. Le risque du diabète sur le nouveau-né est énorme. En effet, le bébé peut avoir des malformations, peut naître prématuré ou alors être un gros bébé. Ce dernier entraîne un accouchement difficile pour sa maman. A sa naissance, il est faible et risque donc de succomber à des difficultés notamment respiratoires. Pour ces raisons, un programme national de la sécurité, de la mère et de l’enfant a intégré le dépistage précoce et automatique du diabète lié à la grossesse dès la première consultation de la femme enceinte. C’est valable pour les différentes échéances du calendrier national du suivi de la grossesse. Reste que la prévention est le meilleur moyen de combattre ce type de diabète. En effet, le dépistage précoce permet de détecter les problèmes et d’orienter la prise en charge. Concernant les malades chroniques, elles sont soumises à une préparation adéquate à la grossesse afin de parer aux complications. Par ailleurs, la prématurité, tout comme le diabète, est l’une des causes de morbidité et de mortalité dans nos murs; 5% des enfants naissent prématurés en Tunisie, ce qui risque d’entraîner des conséquences et des complications multiples et graves. C’est pourquoi le prématuré nécessite une prise en charge pointue et une vigilance continue. Le Dr. Mounira Garbouj, directrice des soins de santé de base, explique que la prématurité est l’une des principales causes de décès néo-natals. Afin que la grossesse se déroule dans les meilleures conditions et que la mère arrive à terme sans complications, le Dr Garbouj insiste sur l’importance du suivi médical. Celui-ci permet de détecter les risques et de diriger la maman vers le spécialiste adéquat. Toujours est-il que l’âge de la mère, l’antécédent ainsi que le tabac peuvent préparer le terrain à la prématurité. Il se trouve par conséquent, que la cigarette est un réel ennemi de la santé. Elle est impliquée dans toutes les maladies qui menacent la vie de tous. Le comble c’est que le tabac se féminise de plus en plus sans que les femmes ne soient parfaitement conscientes des risques qu’elles courent. La plupart continuent d’ailleurs à fumer pendant leur grossesse exposant non seulement leur vie mais surtout celle de leurs bébés à des risques incommensurables. En plus, de ces problèmes, les futures mamans sont également susceptibles de faire des hémorragies. Et c’est une autre cause de mortalité maternelle. Cependant, l’hémorragie constitue un risque général. Il est moins important lorsque la mère a une grossesse sans problèmes. Mais dès qu’il s’agit du cas contraire, la situation est plus compliquée. Sur ce plan, la direction des soins de santé de base est en train de cibler l’hémorragie dans toutes les structures de référence. Ceci étant, la santé maternelle et infantile est le problème de tout un chacun. Il faut conjuguer les efforts de toutes les parties et conscientiser les ménages afin d’aller vers le meilleur. M.KADA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com