Nucléaire iranien : La Chine et la Russie opposent leur véto





L'Union européenne a renoncé à demander explicitement le transfert du dossier nucléaire iranien devant le Conseil de sécurité de l'Onu en raison de la vive opposition de la Chine et de la Russie, ont déclaré des diplomates européens. Le Quotidien-Agences Les pays de la "troïka" négociant avec l'Iran au nom de l'UE - Allemagne, France, Royaume-Uni - ont renoncé à cette exigence afin d'obtenir l'adoption d'une résolution à l'unanimité du Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'Energie atomique, réuni à Vienne. L'agence officielle de presse iranienne Irna cite pour sa part l'ambassadeur de l'Allemagne auprès de l'AIEA, Herbert Honsowitz, qui confirme: "L'UE a renoncé à sa requête de transférer le dossier iranien devant le Conseil de sécurité." Soutenue par les Etats-Unis, l'Union européenne a fait circuler en début de semaine à Vienne un projet de résolution demandant à l'AIEA de saisir le Conseil de sécurité de l'Onu, seul organe habilité à prendre d'éventuelles sanctions. Une quinzaine des 35 membres du Conseil des gouverneurs de l'AIEA s'oppose cependant à cette démarche. La Russie et la Chine, membres permanents du Conseil de sécurité et, à ce titre, titulaires d'un droit de veto, jugent notamment que les négociations doivent se poursuivre avec l'Iran et qu'une saisine du Conseil de sécurité ne ferait qu'aggraver la crise. D'après des diplomates européens, la principale modification apportée par les Européens est de déclarer que l'Iran ne respecte pas ses obligations aux termes du Traité de non-prolifération, sans réclamer explicitement la saisine du Conseil de sécurité. Le Conseil des gouverneurs doit normalement avertir le Conseil de sécurité de toute violation du TNP par l'un de ses signataires. Cependant, soulignent des diplomates européens, il est possible de reporter indéfiniment une telle initiative. Dans une tribune publiée hier par Le Monde, les ministres des Affaires étrangères de la troïka européenne rappellent pourtant que les dissimulations passées de l'Iran au sujet de son programme nucléaire laissent "sérieusement craindre que le programme nucléaire iranien puisse ne pas avoir, comme l'affirme ce pays, des buts uniquement pacifiques". Le Français Philippe Douste-Blazy, l'Allemand Joschka Fischer, le Britannique Jack Straw et Javier Solana, haut représentant pour la politique étrangère de l'UE, jugent que "le cas de l'Iran aurait dû être soumis au Conseil de sécurité des Nations unies, il y a deux ans". Ils regrettent le rejet par l'Iran des propositions de coopération émises par l'UE et la reprise par Téhéran de certaines activités nucléaires sensibles malgré les négociations engagées entre eux et la République islamique. Selon eux, après le discours à l'Onu du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui n'a tenu "aucun compte des préoccupations de la communauté internationale", "les projecteurs sont maintenant sur le conseil des gouverneurs de l'AIEA". "Nous espérons que tous les membres de la communauté internationale resteront unis. Il nous appartient collectivement de relever le défi", disent les ministres.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com