Bassorah : Les Irakiens haussent le ton





Les relations entre les forces britanniques et les Irakiens à Bassorah se sont tendues hier avec la décision des autorités locales de cesser tout contact avec les militaires après les événements de lundi. Par ailleurs, les violences se sont poursuivies dans le pays où neuf Irakiens ont été tués dans des attaques, selon des sources sécuritaires. Deux soldats américains sont également morts avant-hier, a annoncé l'armée américaine. Le Quotidien - Agences "Toutes les réunions habituelles entre le gouvernorat et les troupes britanniques ont été annulées et nous n'admettrons aucun soldat britannique au siège du gouvernorat ou dans tout autre bâtiment public à Bassorah", a dit Nadim al-Jabiri, porte-parole du gouverneur de cette province du sud, où se trouve la deuxième ville du pays. "Le conseil de province a voté hier (mercredi) le boycottage des troupes britanniques et demandé le retour des deux soldats britanniques sous garde irakienne", a confirmé le chef du conseil, Mohammad Saadoun al-Abidi. "Nous sommes au courant d'informations sur un boycottage, mais nous attendons de voir si c'est bien le cas avant d'établir un plan", a dit par téléphone un porte-parole des forces britanniques sur place, le commandant Steve Melbourne. "Nous conduisons des opérations de patrouille normalement, la situation est redevenue aussi normale que possible", a-t-il dit, en précisant que les autorités britanniques et irakiennes mèneraient une enquête conjointe sur l'affaire. * «Jaâfari temporise» Le Premier ministre irakien Ibrahim Jaâfari et le ministre britannique de la Défense John Reid ont affirmé avant-hier à Londres que les relations entre les deux pays ne seraient pas affectées par ces événements. Jaâfari a cependant qualifié le raid britannique d'"incident regrettable" alors que le débat a été relancé en Grande-Bretagne sur le maintien en Irak des 8.500 soldats britanniques basés dans le sud. L'affaire entame le crédit auprès de la population des forces britanniques, qui se targuaient jusqu'ici d'utiliser la méthode du "gagner les cœurs et les esprits". Ailleurs dans le pays, la violence a encore fauché des vies. Dans la capitale, quatre gardes de la sécurité du ministère des Emigrés et des Déplacés, à bord d'un véhicule, ont été tués et deux autres blessés par des hommes armés, a indiqué une source du ministère de l'Intérieur. Toujours à Bagdad, la police a trouvé le corps d'un entrepreneur et ceux de ses deux fils, tués à leur domicile par des inconnus, selon la même source. Plus au nord, près de la ville de Baaqouba, un colonel de police a été tué avec son chauffeur par des hommes armés, selon une source policière. Deux soldats américains sont morts en Irak avant-hier, l'un tué par l'explosion d'une bombe artisanale à Bagdad et l'autre des suites de ses blessures dans un accident de la route au nord de la capitale, a annoncé l'armée hier. En outre, des inconnus ont saboté "un oléoduc très important" près de Kirkouk, à 250 km au nord de Bagdad, selon une source au sein des forces de sécurité des installations pétrolières de la Compagnie pétrolière du Nord (NOC). L'oléoduc était en feu hier matin mais l'incendie devrait pouvoir être éteint en fin de journée, a-t-on ajouté.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com