Nabil Maâloul : «Un petit détail fera la différence»





Au cœur de la tempête qui souffle sur le CAB, en cette délicate première partie de saison, nous avons invité l’entraîneur bizertin Nabil Maâloul à un court instant de répit pour se ressourcer dans le fleuve infini qu’est le derby tunisois. Maâloul qui devait avoir avant-hier une réunion avec les représentants des supporters nordistes pour établir un pont de dialogue et rompre le glacis, a eu dans sa carrière de joueur le rare privilège d’évoluer chez les deux frères ennemis faisant le plus gros de sa carrière du côté de Bab Souika avant de la terminer et de boucler en quelque sorte la boucle à Bab Jedid. • On ne peut guère en ce moment délicat de la vie du CAB parler de tout sauf de la santé du club nordiste. La vague de contestation semble avoir une dent dure contre vous? Je reconnais que nous nageons en plein doute, la sortie de Jendouba nous enfonçant un peu plus. Seulement j’y crois toujours. Une victoire est impérative pour sortir de l’ornière dès aujourd’hui en recevant Gafsa. Il faudra ensuite enchaîner par le voyage au Caire pour disputer le match retour en Coupe arabe face à Ezzamalek, mercredi prochain. Dans la foulée, nous recevons dimanche prochain l’US Monastir. Il nous faudra prendre les six points de nos sorties à domicile contre Gafsa et Monastir. • Nabil Maâloul vous êtes l’un des rares joueurs à avoir disputé dans les années 80-90 le derby dans les deux deux camps. Comment un joueur vit-il cet événement? C’est un match exceptionnel où l’on se motive tout seul sans avoir besoin de paroles savantes. Quinze jours à l’avance, on ne parle que de cela. Jadis, cela se cultivait au niveau des minimes, des cadets, des juniors. Il y avait une culture du derby à laquelle on préparait les enfants du cru. Maintenant, le derby n’est plus animé par les enfants des clubs protagonistes. La culture dont je parlais s’est délitée. Ce qui se passe maintenant, c’est de voir un joueur débarquer au CA ou à l’EST à l’âge des seniors. Il doit remporter à tout prix ce match pas comme les autres. Sa motivation d’ailleurs est telle qu’il en perd une grande partie de sa concentration. • Le CA est premier, l’EST second. Un petit point les sépare. Comment voyez-vous cette 99ème édition du derby? Oui, il y a belle lurette que les deux antagonistes n’avaient pas été aussi près l’un de l’autre, surtout en valeur technique. Que pourraient bien nous réserver comme surprises les deux entraîneurs s’ils se révèlent cachottiers? Pas grand chose à mon avis puisque les cartes ont été jouées depuis belle lurette. Donc, un petit détail peut faire la différence et j’imagine bien un match prudent de part et d’autre. Certes, on doit reconnaître à l’Espérance un important avantage mental et psychologique du fait de sa longue série d’invincibilité dans le derby. Mais à la fin sur un match tout est possible et le Club Africain a toutes ses chances. • Quels sont les derbys qui vous ont le plus marqué? J’ai encore le souvenir d’un tas de derbys : celui de la finale de la Coupe de Tunisie décidé aux penalties, ou encore le fameux (5-1) pour le CA du 5-5-85, nos victoires par (4-2) ou (3-1). Oui, bien évidemment, il y a eu des hauts et des bas. Mais si j’ai à choisir, je ressortirai le CA-EST de 1981 que nous avions remporté (2-0) grâce à des buts de Gobantini et Feddou. Peut-être parce que c’était le premier dans ma carrière, le second match dans l’absolu où j’étais aligné avec les seniors de l’Espérance. Recueillis par S.R.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com