Festivals : laisser les professionnels faire…





Partant de ma modeste et non moins riche expérience dans l’organisation des spectacles et des manifestations artistiques d’un certain niveau culturel, je me permets, en cette circonstance où se déroule la 12ème session du festival arabe de la radio et la télévision, d’émettre quelques opinions et de formuler quelques critiques. Ces réflexions ont été proposées lors de la journée de consultation nationale sur le secteur des services, tenue sous le haut patronage du Chef de l’Etat. Il me semble qu’en cette occasion, il est opportun de rappeler certaines lignes directives. Nous avons toujours appelé, et les responsables l’ont plus d’une fois affirmé, à l’implication agissante des professionnels du secteur privé pour l’organisation des différentes manifestations d’envergure nationale, arabe ou internationale. Ce besoin qui devient une urgence, devant le développement prodigieux des nouvelles technologies de communication et de marketing, nous l’avons profondément ressenti lors de l’organisation de la 12ème session du festival audiovisuel de l’ASBU. Les manquements, les défaillances et les différentes carences enregistrées, à partir de la cérémonie d’ouverture et au cours du déroulement de ce festival, très important à l’échelle arabe, ne font que nous confirmer dans nos certitudes. Les festivals artistiques et culturels, surtout audio-visiuels, ont des incidences marquantes et indélébiles sur le processus du développement et de la propagation du produit culturel national et un impact certain sur l’affirmation des attributs de la personnalité culturelle. A la manière de notre propre expérience - quelques manifestations artistiques, et surtout deux festivals d’envergure culturelle affirmée, bien qu’à leurs premiers pas - nous nous voyons en mesure de soutenir que la réduction de la présence de l’Etat et du bureaucratisme étouffant du secteur public, apporte une grande bouffée d’oxygène à la création culturelle et artistique et offre de meilleures conditions de réussite à l’organisation de toute manifestation culturelle. L’équation est simple, le privé une fois motivé s’implique matériellement, moralement et intellectuellement. Donc il doit relever tous les défis et réussir, surtout au niveau de la mise en place, du choix et de la réunion des conditions objectives et de l’organisation adéquate. Nous n’avons sur ce plan-là qu’à nous référer aux manifestations organisées par l’Egypte, le Liban et certains pays du Golfe. D’une session à l’autre, le festival arabe de la télévision et de la radio, une fois passée l’euphorie des premières années de naissance, semble marquer le pas et s’essouffler au double niveau de l’organisation et de la participation. L’engouement manifesté par la plupart des pays arabes, membres de l’ASBU, pour conférer à cette manifestation tout son éclat, commence à se tarir au point que le marché conçu dans le cadre de cette manifestation et qui constitue sa pierre angulaire, n’a attiré au cours de cette douzième session que deux participants outre la Tunisie, en l’occurrence la Syrie et l’Egypte. Surtout qu’une telle rencontre, qui réunit tout cet aréopage de stations et de professionnels audiovisuels arabes, offre l’occasion opportune pour procéder à des échanges fructueux d’idées et d’expériences, établir des programmes de partenariat et développer davantage la production arabe. Ce désintérêt s’est manifesté amplement lors de la cérémonie d’ouverture de cette 12ème session, où les organisations n’ont même pas daigné aménager une salle adéquate en rapport avec l’ampleur de l’événement, pis même, les invités ont dû suivre le déroulement de la cérémonie debout !!! Avec le festival du Caire, le nouveau-né de Dubaï et Qatar, la concurrence s’annonce serrée et agressive. Cette manifestation audio-visuelle pionnière serait-elle en mesure de faire face à ces défis et d’affronter la compétitivité. L’ambiance créative devant marquer de telles manifestations, plus précisément au niveau de l’organisation et de l’encadrement stimulant et épanouissant des invités, est de nature à constituer un facteur attractif qui encourage les artistes, les producteurs et les investisseurs dans le domaine à choisir le site Tunisie. * Lassaâd El Ghaïeb (General manager de “Founoun on Line”)


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com