Youssef Zouaoui : «Nous devons produire un volume de jeu supérieur»





C’est “Monsieur Derby” par excellence. Youssef Zouaoui en a disputé, sur le banc s’entend, un nombre impressionnant. Mais il n’en tire aucune fierté particulière car le bonhomme ne se laisse pas griser par le succès. Le nouveau défi qu’il veut relever cet après-midi n’est pas moins excitant : assurer une victoire clubiste, huit ans après. * Youssef Zouaoui, après un bon début de championnat, voici donc l’incontournable derby. Comment appréhendez-vous la nouvelle édition? - Inutile de vous dire toute l’importance qu’accorde le public sportif à ce rendez-vous. Cela vaut peut-être toute une saison ou, du moins il conditionne l’avenir proche des deux protagonistes. Mais les temps ont changé à l’EST l’esprit de derby peut aisément s’appliquer à Badra, Yeken, Ali Zitouni ... qui ont longtemps vécu au Parc B. Pas à Olivier, en revanche. Chez nous, les Yahia, Rhouma, Zaâlani peuvent savoir ce qu’est un derby, pas Ben Zekri ou Boumnijel qui sont assez nouveaux. Il fut un temps où les frères Rouissi, El Ouaer, Tarak, Gabsi répondaient parfaitement à l’esprit du derby et savaient aisément s’en imprégner. Ca n’est malheureusement plus le cas aujourd’hui. Tel nom milite aujourd’hui pour un club X, le lendemain, tu le trouves dans un club y. * trop long pour le clan rouge et blanc ce laps de huit ans sans victoire dans le derby ... - Oui, mois à chaque nouvelle année, il y a eu des circonstances particulières. L’EST a su, tout ce temps-là, construire son hégémonie non seulement dans le derby, mais sur l’ensemble du foot national grâce à la stabilité de ses structures (dirigeants, staff technique, effectif ...). Depuis 1997, les Sang et Or ont su tirer le maximum de profit de cet avantage-là. Rappelez-vous : en octobre 1997, l’Espérance que j’entraînais alors perdit son dernier derby. Depuis, je n’ai pas arrêté de gagner les derbies avec l’EST. Généralement, ce n’est pas parce que les pronostics te sont favorables que tu gagnes. A l’EST, on est resté presque quatre ans sans perdre un seul match de championnat jusqu’à ce (2-1) en faveur du CAB en 2002. * Où se situent vos premiers soucis à quelques heures du coup d’envoi d’un 99ème derby attendu des deux côtés avec beaucoup d’impatience et de ferveur? - Je voudrais que notre volume de jeu soit supérieur par rapport à ce qu’il a été jusque-là. Souvent, tu es obligé de chercher un mariage entre plusieurs niveaux de forme physique, d’intelligence tactique et d’expression technique. En 1992, j’ai pris le CA en cours de route. En 2004, je l’ai fait à nouveau au milieu de la saison. Cette année, c’est la première fois où j’arrive à la veille de la saison puisque j’ai commencé à travailler au Parc A depuis le 27 juin dernier. J’ai pu assurer la préparation physique et mener tous les cycles de remise en condition. Pourtant, après-trois mois, je ne peux pas croire que tout est parfait ou parler de ce qui nous manque encore. Il faut continuer à travailler, tout en sachant apprécier la chance qui nous a été donnée cette année, celle d’avoir gagné un temps fou dans l’analyse. Si tu peux gagner du temps dans cette fonction-là, tu ne peux plus en gagner dans les correctifs et le travail de redressement. Il y a un temps imparti à ce vecteur. Il faut l’exploiter dans le travail. * L’absence du meneur de jeu sang et or Frank Olivier pour suspension ne représente-t-elle pas un avantage pour vous? - Non, je ne pense pas. Il ne faut pas s’attendre à une quelconque défaillance de ce côté-là à l’EST qui m’a semblé revenue à son meilleur niveau. Olivier apporte un rendement non négligeable au milieu sang et or sans pourtant que l’on puisse parler de moteur de l’équipe. C’est le genre de joueur individualiste qui commence l’action, fait tout et veut aller jusqu’au bout. Certes, il était ces derniers temps en réussite et hautement compétitif. Mais l’Espérance possède certainement les solutions de rechange. * Enfin, vous serez tout à l’heure opposé à un garçon que vous aviez longtemps couvé, si l’on peut s’exprimer ainsi, en équipe nationale ... - Oui, j’ai eu Khaled Ben Yahia comme joueur en sélection au milieu des années 80. Au même titre qu’avec Nabil Maâloul, par exemple, nous avons vécu d’excellents moments. Khaled était dans l’effectif de l’EN mon homme de confiance, le capitaine et le joueur modèle. Nous parlions le même langage, celui de la rigueur et d’un état d’esprit positif. Ben Yahia illustre aujourd’hui la génération appelée à prendre la relève. Je me réjouis de voir autant d’anciens brillants joueurs se reconvertir dans le métier d’entraîneur, des gens du domaine qui partagent notre vécu. J’espère que l’exemple de Ben Yahia fera tâche d’huile. Recueillis par S.R.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com