Vient de paraître «La nuit et le chemin» :





Du passé composé... au participe présent ! «La nuit et le chemin», un ancien-nouveau recueil de poèmes qui vient d’être publié portant la signature d’un vieux routier de la scène littéraire, Midani Ben Salah. Entre les plaies de l’âme et l’espoir oscille ce recueil de poème. Après son autobiographie «J’ai été en train de narrer mon hémorragie...», publié en 2004, Midani Ben Salah a choisi de republier «La nuit et le chemin» paru pour la première fois en 1974. A sa troisième édition, ce recueil de poèmes continue à inspirer les universitaires et les chercheurs qui s’intéressent aux mouvements poétiques tunisiens. Dr Ahmed Al Ouederni, dans son introduction, a décortiqué ce recueil de poèmes présentant une nouvelle lecture de cette aventure poétique lancée entre les années 50 et 60. «La nuit et le chemin», nous dévoile des péripéties des premiers pas de l’enfant de Nefta, Midani Ben Salah, et nous permet d’esquisser une image de son univers poétique, social, politique et même familial. Sur 153 pages, Midani Ben Salah se dévoile; dans le premier poème de ce recueil, intitulé aussi «La nuit et le chemin», le poète peint un tableau sombre de cette ville baignant dans l’obscurité de la nuit, dans le vide et l’ambiguïté, une ville triste habitée par les soûlards et les prostituées. Dans cette description morose, Midani Ben Salah ouvre un autre registre où la mythologie est fortement présente via le conte de Shéhérazade pour raconter à ses compagnons de route sa souffrance et sa déchirure dans le noir de la nuit. Ce pessimisme continue avec «Les fantômes» et cette douleur se manifeste sans une autre facette : une crise psychologique où le poète s’interroge sur le sens de son existence en contemplant ce monde déchiré : Hiroshima, après l’explosion de la première bombe atomique. Cette ville triste a été le déclic pour écrire ce poème et pour libérer Midani Ben Salah d’un registre poétique local en s’ouvrant sur des problèmes qui touchent toute l’humanité. Dans cette ambiguïté, une lueur d’espoir vient éclairer les poèmes de Midani Ben Salah ; «Le cri d’un martyre», «La couverture», «Ma plume», «Les lettres brunes», «Pour qui dansent les palmiers ?», «L’ombre éternelle», «Le moment de l’amour», «La mort de l’ouvrier», «Le festival de la maison», «Fidélité» et «Le festival de Tabarka» viennent consolider l’orientation poétique de Midani et ses prises de position socio-politiques. Cette sérénité qui marque le traitement de certains problèmes de la société tunisienne à cette époque n’a pas empêché notre poète d’aromatiser ses écrits par des couleurs joviales et festives. Dans un style narratif, rêveur où les images poétiques et romantiques se croisent d’un vers à un autre, Midani Ben Salah a esquissé la fête du corail dans cette ville; un dialogue entre la mer, la montagne, le pêcheur et les belles demoiselles de Tabarka fait de ce poème une partie d’une pièce de théâtre et nous rappelle les écrits de l’écrivain libanais Mikael Nouaïma et surtout les écrits de Jabrane Khalil Jabrane. Cette troisième édition de ce recueil de poèmes demeure encore fraîche; les témoignages que comportent ce recueil de poèmes dévoilent d’autres facettes de ce poète et mettent noir sur blanc d’autres lectures d’actualité. A découvrir ! Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com