Tunis : Un «proprio» très «singulier»…





Il est venu dans nos locaux pour nous raconter sa mésaventure avec le propriétaire d’un studio qui croit toujours à la «distinction sociale». Il s’agit d’un étudiant qui a eu affaire à un «proprio» pas du tout comme les autres. Tunis-Le Quotidien Nous sommes en 1705, les Husseïnites ont pris le pouvoir en Tunisie. Ce fut le début d’un règne qui se prolongera jusqu’au débarquement des forces françaises et la signature de la convention du protectorat au palais du Bardo le 8 mai 1881. Il faut dire que la reprise du pouvoir par les Husseïnites était accompagnée d’une série d’assauts opérés à partir des frontières tuniso-algériennes. Tactiquement, les Husseïnites voulaient impliquer les tribus du Nord-Ouest et s’octroyer l’aide des «Chernes», l’une des familles les plus puissantes de la région. Et c’est justement grâce au concours de cette tribu que les Husseïnites ont réussi à vaincre leurs ennemis et reprendre le pouvoir. On dit que pour récompenser les «Chernes», le bey Husseïnite a pris pour épouse l’une de leurs femmes. Du coup, cette tribu a accédé à l’aristocratie beylicale. Bon nombre d’entre eux ont même quitté leurs terres pour vivre à Tunis. Ils ont, d’ailleurs, largement profité de la générosité du Bey devenant au passage des notables. Bien évidemment au lendemain de l’indépendance, les choses ont changé. Le régime républicain, mis en place à l’aube de l’indépendance, a éliminé toutes les formes de distinction sociale, raciale, tribale, religieuse et régionale, plaçant les Tunisiens tous égaux devant la loi. N’empêche que les mentalités n’ont pas suivi ce changement. Quelques individus ont continué à nourrir cette idée qui consiste à dire qu’ils sont supérieurs aux autres. C’est du moins ce que nous révèle cette affaire qui a eu lieu récemment entre le propriétaire d’une villa sise à La Marsa et son locataire, étudiant de son état. Le propriétaire en question avait construit un studio dans le jardin de sa villa, qu’il louait tous les ans aux étudiants et ce durant l’année scolaire. C’est qu’aux cours de l’été, le proprio préfère louer ledit studio aux estivants. D’ailleurs, même pour les étudiants, le propriétaire exigeait qu’ils soient d’un certain niveau social. Et voilà qu’un étudiant qui a déniché ce studio dans une annonce parue sur un journal de la place, s’est présenté pour le louer. Il fut reçu par le propriétaire qui avant de discuter avec lui du montant du loyer, a soumis l’étudiant à une série de questions qui dégagent un peu l’odeur d’un certain «racisme» voire d’un régionalisme pur et simple. A vrai dire l’étudiant était appelé à donner le lieu de sa naissance, la profession de son père et même si sa mère travaillait ou non. C’était tout de même bizarre qu’on demande à quelqu’un qui vient pour louer tout simplement une maison, toutes ces précisions. Du coup, l’étudiant a voulu savoir pourquoi le propriétaire cherchait à avoir toutes ces informations sur lui. Grande fut sa surprise lorsqu’il a découvert que son interlocuteur avait un certain ressentiment à l’égard de tous ceux qui sont originaire du Nord-Ouest. Pire encore, le proprio est parti dans une longue tirade dévoilant tantôt ses origines aristocratiques et exprimant tantôt son mépris à l’égard de nos concitoyens originaires du Nord-Ouest du pays. Il faut dire qu’une telle attitude a poussé l’étudiant à réagir d’une manière assez civique. Etudiant en histoire et appartenant à la tribu des «Chernes», il s’est fait un malin plaisir en rappelant au propriétaire que quelque part, lui aussi il est d’origine artistocratique vu que c’est grâce à sa famille que ses ancêtres ont pu reprendre le pouvoir. A vrai dire, le propriétaire n’a pas cessé de se vanter d’être l’un des derniers descendants du dernier bey de Tunis. et dire qu’une simple histoire de location d’un studio a tourné à un véritable affrontement verbal qui n’a pas, heureusement, dégénéré. H.M.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com