L’évacuation de Gaza bat son plein : Les colons out





Des milliers de soldats et policiers israéliens ont commencé jeudi à évacuer de force les colonies juives les plus hostiles au retrait de la Bande de Gaza, au deuxième jour de l'expulsion des colons de ce territoire palestinien occupé depuis 38 ans. Le Quotidien - Agences L'évacuation de Kfar Darom a commencé le matin, a indiqué un porte-parole militaire, précisant que des personnes avaient été sorties de force des maisons et conduites dans des autobus. Certaines d'entre elles ont mis le feu à deux sièges des véhicules, forçant les militaires à les en sortir. Les colons de Kfar Darom (environ 400 habitants), qui pleuraient et criaient, étaient littéralement portés par les forces de l'ordre dans les autobus. Un soldat a refusé d'exécuter les ordres et a été écarté des lieux par des collègues. Parallèlement, les soldats ont commencé à évacuer de force la plus ancienne colonie civile de Gaza, Netzer Hazani. Un bulldozer a franchi la clôture de l'implantation après qu'un incendie allumé par des activistes à l'entrée eut été maîtrisé par les pompiers. Devant le portail en flammes, des centaines de colons et des sympathisants priaient face aux forces de l'ordre prêtes à donner l'assaut. Suivant la consigne de responsables de la colonie, les habitants et militants n'ont pas opposé de résistance physique et sont entrés dans les maisons, attendant que les soldats viennent frapper à leur porte. Environ la moitié des familles sont déjà parties de leur gré, mais des manifestants ont rejoint l'implantation ces derniers jours, dont le député du Parti de l'Union nationale (extrême-droite) Effi Eitan, un ardent opposant au retrait. Plus au sud, les soldats ont commencé à évacuer la colonie de Shirat Hayam, l'une des plus radicales, sur les rivages de la Bande de Gaza, où trois vedettes de guerre israéliennes s'étaient approchées. Des habitants de la colonie et des sympathisants venus en renfort ont brûlé des pneus et lancé des oeufs sur les forces de sécurité en les appelant à refuser d'obéir aux ordres. Au même moment, les soldats évacuaient la colonie de Gan Or comptant quelque 320 habitants. Selon la radio publique israélienne, l'armée israélienne a commencé hier à détruire la colonie vide de Kerem Atsmona, après une décision d'une commission interministérielle présidée par le Premier ministre Ariel Sharon. La démolition des colonies de Rafiah Yam, Gan Or et Peat Sade devrait suivre dimanche après leur totale évacuation, a-t-elle précisé. Des responsables de l'armée et de la police présents à la réunion ont indiqué que 70% des quelque 8.000 colons de la Bande de Gaza avaient déjà été évacués et estimé que l'évacuation des 21 implantations pourrait s'achever lundi ou mardi, un délai moins long que prévu, selon la radio. * Assaut A Neve Dekalim, la plus grande colonie de Gaza, quelque 1.500 policiers et soldats ont pris d'assaut la synagogue où sont rassemblés un millier de manifestants hostiles au retrait. Ils ont achevé d'encercler l'édifice où les jeunes prient avec ferveur. Une dizaine d'entre eux ont été interpellés. "Ce n'est pas un Israélien en Israël qui va interdire à un juif d'aller prier à la synagogue", s'est emporté l'un des jeunes, Yoel Kling. Un responsable de la police a fait état du départ d'environ 400 des quelque 500 familles habitant Neve Dekalim mais, comme à Netzer Hazani, des centaines de militants s'y sont infiltrés. "Notre objectif est d'éviter autant que possible des affrontements violents c'est pourquoi nous mobilisons des forces aussi importantes en vue de parvenir à une masse critique face aux manifestants", a expliqué un responsable à la présidence du Conseil. "Nous tentons d'ouvrir le dialogue avec les rabbins car ce sont les seuls que les manifestants écoutent". Depuis le coup d'envoi de l'opération lundi, six des 21 colonies ont été complètement évacuées et cinq sont quasiment vides. Selon les autorités militaires, il reste environ 8.000 civils israéliens à Gaza, en grande majorité des manifestants anti-retrait infiltrés dans les colonies. Enfin, les autorités israéliennes ont affirmé craindre de nouveaux attentats anti-palestiniens commis par des extrémistes juifs, au lendemain de la mort de quatre ouvriers palestiniens tués par un colon en Cisjordanie et dont les funérailles ont eu lieu hier.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com