Le patron de Scotland Yard sur un siège éjectable





Le patron de Scotland Yard était sur un siège éjectable hier, de nouveaux documents l'accusant d'avoir voulu empêcher une enquête sur la mort de Jean-Charles de Menezes, ce Brésilien pris à tort pour un kamikaze et froidement abattu par les policiers le 22 juillet. Le Quotidien-Agences "Sir Ian Blair devrait démissionner", a insisté Harriet Wistrich, une des avocates de la famille de Menezes. Si le chef de la police britannique n'a pas sciemment menti, il a au moins trompé la famille et l'opinion en laissant circuler pendant des semaines des informations dont il est aujourd'hui démontré qu'elles sont fausses, a-t-elle à cet égard expliqué. "Cette affaire a tout l'air d'être une des pires bavures dans l'histoire de Scotland Yard", assénait hier le Daily Telegraph dans son éditorial : "l'IPCC (NDLR : la commission d'enquête indépendante de la police) devra nous dire si Sir Ian a volontairement laissé ses officiers tromper le public. Si c'est le cas, il est difficile d'imaginer" qu'il puisse rester dans ses fonctions. Plus grave : Ian Blair aurait tout fait pour empêcher l'ouverture de l'enquête de l'IPCC, affirmaient hier des documents publiés par le Guardian et le Times. Dès le 22 juillet, il aurait écrit à John Grieve, le plus haut fonctionnaire au sein du ministère de l'Intérieur, pour recommander une enquête interne à la police. Il jugeait, selon ce courrier, que l'intervention de l'IPCC risquait de perturber les investigations sur les attentats du 7 juillet et ceux, ratés, du 21. Cette commission d'enquête a finalement été saisie, mais ses membres n'ont pu réellement travailler que quatre jours après le drame. Un délai pendant lequel Scotland Yard a bloqué tout accès à la station de métro de Stockwell où le jeune homme avait été abattu. C'est sans doute ce retard qui a permis la disparition d'éléments de preuve importants comme les images des caméras de surveillance installées dans la station. Les révélations du Daily Mirror d’hier ne pourront qu'ajouter aux questions qui s'accumulent sur cette bavure. Selon le journal populaire à grand tirage, Cressida Dick, une inspectrice de la police londonienne chargée de diriger la filature du jeune Brésilien, le 22 juillet, avait clairement fait savoir à ses hommes que le suspect devait être interpellé vivant. Des ordres visiblement pas appliqués. Jean-Charles de Menezes a eu le temps de prendre le bus, puis d'entrer dans le métro, à Stockwell, avant d'être abattu de huit balles.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com