Menzel Bourguiba d’hier et d’aujourd’hui : O bon vieux temps…





A menzel Bourguiba ou le «Petit Paris» comme on l’appelait naguère, les Menzéliens de souche vivent de souvenirs et de nostalgie. On regrette fort la belle époque, le bon vieux temps. Tunis-Le Quotidien En Tunisie, on trouve beaucoup de ces villes où les gens vivent avec la nostalgie du passé. Menzel Bourguiba en est une. L'ancienne génération ne se lasse point de parler du bon vieux temps. Le quotidien est une éternelle comparaison entre l’ambiance d’hier et d’aujourd’hui. Il faut dire que l’été à Menzel Bourguiba est très animé. C’est le retour des émigrés qui fait bouger les choses. La circulation devient chaque année insupportable. Mais ce qui est le plus remarquable ce sont ces jeunes résidant à l’étranger qui en voitures ou à pieds squattent les différentes rues. C’est une véritable drague de masse qui s’installe. Il fût un temps où les Menzéliens qui avaient élu domicile en Italie rentraient en vedette tous les étés. Ils attiraient beaucoup de filles du «bled» qui ne se gênent pas des cheveux longs et bouclés ou encore des bijoux en or que collectionnent ces jeunes hommes. Aujourd’hui, ce phénomène a perdu de sa superbe. Car depuis, il n’y a pas eu plusieurs nouvelles émigrations. Au contraire certains sont rentrés définitivement. Les uns roulent bien leur bosse à Menzel Bourguiba. D’autres n’ont rien réalisé de fameux. A ce moment de l’année, la matinée est dédiée à «Souk El Asser» et l’après-midi au centre-ville. Les femmes et les hommes aussi aiment bien aller au souk. Dans ce marché tous azimuts, on trouve toutes sortes de marchandises. De la fripe qui draine bon nombre de ménagères partisanes des bonnes affaires aux fruits et légumes. Il y a aussi des étalages de cosmétiques, prêt-à-porter, produits électroménagers, produits alimentaires et une multitude d’autres articles divers. C’est aussi un point de rencontres pour les habitants des différents quartiers. On échange les bonnes nouvelles ainsi que les mauvaises. Ce qui ne peut échapper aux visiteurs du souk c’est que le «safsari» préserve encore sa place. Les femmes âgées et les dames qui désirent se couvrir le temps des courses, ajustent leur «safsari» qui reste une couverture distinguée. Lors des sorties importantes ou des cérémonies, on sort le «safsari» en soie. La noblesse du tissu reflète également le niveau social de celle qui le porte. L’après-midi, le grand boulevard principal de la ville est investi par des automobilistes et des piétons. Devant le jardin public, beaucoup se mettent en groupes. Ils passent leur temps à compter les passants et à les dévisager du regard. Sur les trottoirs, les terrasses des cafés sont toujours pleines à craquer. Les jeunes des quartiers et d’ailleurs ne s’ennuient jamais. Ils quittent rarement ces endroits qui leur permettent de tout voir. Grâce à ce qu’ils voient et qu’ils interprètent souvent, ils ne se taisent pas. Ils parlent des gens et se plaisent dans les commérages. C’est un défaut qui est tout le temps dénoncé par la plupart des habitants de la ville notamment les Menzéliens de souche. D’ailleurs ces originaires de la ville se disent ouverts et modernes et qu’auparavant, tout le monde s’amusait au «Petit Paris». * Au temps du «Petit Paris» En effet, à l’époque du colonialisme, la ville s’appelait «Ferry-Ville». Les Français la considéraient comme un «Petit Paris». Après leur départ, certains sont restés. Ils ont noué des relations telles avec des Menzéliens que leur vie n’était pas du tout calme. Ils ont réussi ensemble à créer une atmosphère spéciale que l’ancienne génération de nos grands-parents et nos parents regrettent énormément. Au bon vieux temps de Menzel Bourguiba, les familles menzéliennes qui étaient d’un modernisme exceptionnel passaient leurs vacances entre autres lieux à la plage «Rondeau». C’est le nom des Français qui tenaient une grande station services à Menzel. Et ce n’était pas leur seule activité mais la plus connue. Donc, cette plage était comme celles dites aménagées qu’on trouve aujourd’hui un peu partout. A cette époque, sa gestion a été confiée aux frères Hammami qui en ont fait une vraie petite merveille. On louait des cabanes aux familles qui restaient sur place et on organisait des événements dont la course de voiliers. Ces frères très réputés jusqu’à maintenant n’hésitaient pas à organiser des bals et des soirées dansantes. Les gens s’éclataient réellement et entretenaient des rapports merveilleux. A la plage de Guengla, on faisait de même. C’était une destination distinguée comme celles qu’on appelle de nos temps «jet set». Et les Jet setteurs de l’époque étaient des Menzéliens d’une grande classe et d’une culture remarquable. Leur ambiance leur a valu les visites des Tunisois et autres. Ils prenaient part à ces plaisirs d’été comme il n’y en a plus aujourd’hui. Si c’était à refaire, tous ces Menzéliens de la vieille et belle époque le referaient sans hésitations. Ce sont tous ces beaux souvenirs qui les accompagnent maintenant. Ils racontent cette vie d’antan avec beaucoup de nostalgie et de regrets aussi pour tout ce qui n’est plus. Pour eux les temps ont changé et rien n’est comme avant. Ce sont des choses qui ne risquent pas de se refaire parce que les mentalités ne sont plus les mêmes. Seuls l’architecture et les souvenirs de ces Menzéliens encore en vie témoignent de l’époque du «Petit Paris», de ce bon vieux temps. Maryem KADA


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com