Souk Sidi Boumendil : Bric-à-brac et brouhaha !





Malgré la canicule, Souk Sidi Boumendil ne change rien à ses habitudes. Dans ce haut lieu de la contrefaçon et du commerce parallèle, le brouhaha est une constante qui permet aux gens de la rue de s’épanouir. Tunis-Le Quotidien En temps normal, il est difficile de s’attarder à Souk Sidi Boumendil. Par cette chaleur, c’est doublement dur de terminer toute cette rue où les marchandises sont entassées dans les petits magasins à droite et à gauche. Déjà, longer la rue Al Jazira est comme une espèce de passage à une autre dimension. Les chauffeurs des voitures de louages algériens ne se taisent jamais. Ils appellent les passagers et d’autres demandeurs de services divers et ils racontent des histoires de tout et de rien. Leur bruit est un repère de ce côté de Tunis. C’est en arrivant au niveau du Théâtre El Hamra qu’on remarque l’ambiance de ce souk de la rue Sidi Boumendil. A l’entrée de ce haut lieu de la contrefaçon, une grande barraque propose tout aux clients. Champooing, gel douche, gants de toilette, café et tant d’autres produits nécessaires à la vie de tous les jours. Dès l’entrée de cette rue abracabrante, on voit d’autres spécimens. Ce sont les commerçants de Sidi Boumendil mais aussi les habitants des parages. Malgré les performances de Dame Nature qui souffle le chaud, beaucoup de jeunes ne se lassent pas de squatter les seuils et tenir les murs. Ils viennent de se réveiller et cela se voit sur leurs visages. Ils démarrent leur journée avec les cigarettes. Ceux qui marchent, traînent leurs claquettes histoire d’insister sur le “farniente”. Celui-ci ne semble pas être une affaire d’été pour la plupart. C’est plutôt un provisoire qui dure. Certes, le mouvement dans le Souk n’est pas comme d’habitude, canicule oblige. Mais pour un temps de chaleur, c’est déjà bien de voir ces silhouettes déambuler à la rue Sidi Boumendil. * Débrouillardise Les commerçants ne sont toujours pas satisfaits car ils ne veulent qu’une seule chose : squatter les devants des magasins. Exposer leurs marchandises seulement à l’intérieur ne les arrangent pas. Mais excepté ce détail qui leur tient tant à cœur, ils se débrouillent pour le reste. Il va sans dire que leur produits de tous genres viennent de Ben Guerdane et de Libye principalement. A l’occasion de l’été, ils misent sur les parasols, les ventilateurs, les nattes de plage, les glacières, les “thermos” et tous les articles utiles en temps estival. Les prix sont largement abordables. A partir de dix dinars, on peut acheter. Côté vêtements, c’est la contrefaçon qui bat son plein. Des baskets imités et du prêt-à-porter copié sur les grandes marques. Les jeunes n’hésitent pas à changer leur garde-robe ici si jamais ils n’ont pas de souci de griffes. Leur seul intérêt c’est la bonne affaire. Mais avec l’effet du soleil qui n’est pas clément en cette fin de semaine, Souk Sidi Boumendil donne vraiment le vertige. D’autant plus que les commerçants ne renoncent pas à l’encens dans ses différentes formes. Les chats, il y en a aussi. Tantôt c’est un gros minet qui avance difficilement et tantôt c’est un chat tout maigre qui ne supporte pas non plus l’effort. Dans les deux cas, ils sont chassés par les groupes de jeunes réunis un peu partout dans cette rue. Les uns parlent de l’avenir de l’Espérance sportive de Tunis. Ils sont hués par les fans du Club Africain qui ne partagent pas leur avis. D’autres en ont marre de rester sans rien faire. Ils devraient aller à la plage la veille mais leur copain du quartier n’a pas respecté le rendez-vous. Ils les a laissés poireauter. Ils ne semblent pas lui avoir pardonné cela. * Rythmes occidentaux Dès qu’une fille passe, ils ne peuvent pas se retenir et se tournent tous pour la suivre du regard. Leurs commentaires sont à la limite de l’insolence. Il ne faut jamais leur répondre car ils risquent de monter d’un cran et sortir des grossièretés inimaginables. Les sons sont également un repère à Souk Sidi Boumendil. On écoute de la musique orientale notamment les tubes de l’année mais on entend aussi les rythmes occidentaux. Certains autres magasins optent pour les cassettes du Coran. C’est un véritable brouhaha dans lequel se mêlent les voix des commerçants et des passants. La chaleur, c'est une affaire qui ne les regarde pas ! Décidément, il y a des endroits où les gens n’ont aucun problème avec les sautes d’humeur de Dame Nature, froid ou chaleur, c’est du pareil au même pour eux. A Sidi Boumendil, ce sont les clients qui ne viennent plus comme d’habitude en été. Les commerçants et les habitués des murs de cette rue quant à eux, rien ne bouscule le rythme de leur quotidien. A priori, leur vie c’est la rue Sidi Boumendil. Maryem KADA


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com