“Découvertes 21” : Clôture aux couleurs métissées





Le rideau est tombé samedi dernier sur la vingtième édition du Festival International de la Musique Symphonique et la septième session de «Découvertes 21» que vient d’abriter la ville d’El Jem. La soirée de clôture de ces deux manifestations, hautes en couleur, a été marquée par un spectacle inédit et croustillant animé par le musicien espagnol Juan Carmona en compagnie de l’Orchestre symphonique tunisien et de la jeune perle tunisienne Dorsaf Hamdani qui a joué avec le virtuose du oûd, Khaled Yahia. Seul ombre au tableau : le public n’a pas été au rendez-vous en masse à l’Amphithéâtre d’El Jem Le chanteur espagnol, qui a eu l’honneur d’ouvrir cette soirée, a présenté un récital aux rythmes soutenus du Flamenco. Le genre composé par l’artiste ibérique donne à première écoute une consonance musicale qui nous rappelle les grands cabarets madrilènes et barcelonais ou les campagnes espagnoles. «Sinfonia Flamenca»; le titre donné à son récital nous en dit d’ailleurs long. Juan Carmona qui est monté sur scène en compagnie de sa troupe, composée de quatre musiciens dont un violoniste et un percussionniste, a commencé d’abord par interpréter un morceau où la guitare est reine. Ce morceau introductif qu’il a dénommé «Xunkalés» est une composition symphonique, mixée avec la guitare classique espagnole. Mais ce n’est pas la seule grande création de la soirée. L’artiste espagnol qui fut rejoint sur scène par les musiciens de l’orchestre symphonique tunisien sous la direction du grand maestro Ahmed Achour a, par la suite, changé de ton et de genre musical. Les deux troupes ont visité ensemble certaines des dernières créations du musicien espagnol à l’instar de «Poncée», «Solicia», «Boleria» entre autres. Cette prestation commune des deux troupes est en quelque sorte une façon de faire découvrir au public une autre création musicale: celle qui consiste à mixer une œuvre profondément flamenco avec un genre symphonique classique comme celui composé par l’orchestre symphonique tunisien, d’une part, et l’interprétation des œuvres symphoniques par un groupe de flamenco, d’autre part. Ce défi de la création, les deux troupes espagnole et tunisienne l’ont relevé avec enthousiasme et bonheur. Leur prestation fut haute en voltige et a témoigné d’un véritable dialogue musical entre deux mondes méditerranéens aux cultures parfois différentes mais aux mêmes traditions musicales héritées des Andalous. Orientalisme et jazz La dernière partie de cette soirée de clôture a été marquée par la prestation de la perle tunisienne Dorsaf Hamdani qui s’est produite en compagnie de Khaled Yahia, un virtuose chevronné du oûd. Inspirés et soucieux de sauvegarde de la tradition andalouse, les deux musiciens ont commencé d’abord par interpréter des compositions à consonance andalouse et orientale. En véritable nostalgique des chants traditionnels, Dorsaf a visité des compositions très célèbres de la chanson arabe. Fidèle interprète d’Oum Kalthoum, elle a repris aussi quelques-unes de ses chansons avant de dédier une de ses dernières compositions à feu Mohamed Saâda, un grand compositeur tunisien disparu dernièrement. Mais, ouverture aux autres civilisations oblige, grâce aux apports du saxophoniste lyonnais Daniel Mirbeau, et du musicien tunisien Béchir Selmi, les deux musiciens ont interprété un genre de jazz ouvert aux influences orientales et où les sons de la percussion, du violon et de la guitare ont dominé dans toutes les compositions. Leur prestation qui a duré plus d’une heure a été ainsi une rencontre musicale entre le style oriental et les rythmes du jazz. Le moins qu’on puisse dire est que cette soirée de clôture de la vingtième édition du Festival international de la Musique symphonique et de la septième session de «Découvertes 21» restera mémorable même si le public n’a pas fait le déplacement en masse. Fruit d’une conjugaison des efforts entrepris par les instances culturelles et associatives locales, dans le but de donner davantage une dynamique à l’animation culturelle à El Jem, ces deux manifestations, parrainées par les ministères de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine, celui du tourisme ainsi que les sponsors privés, ont été d’un apport indéniable pour l’animation dans cette localité durant toute la période estivale. Ainsi et afin de traduire dans les faits les efforts de coopération entrepris dans cette localité, les organisateurs de ces deux manifestations ont décidé ensemble de clôturer pour la première fois les deux festivals par une seule et unique soirée au cours de laquelle le public a eu droit à un spectacle riche et varié et surtout à une musique métissée qui reproduit les genres les plus influents des différentes cultures du monde.. Et c’est tant mieux pour les mélomanes. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com