Tabarka World Music Festival Idir: des racines et des ailes!





Ceux qui ont choisi Tabarka comme destination ont vécu une soirée inoubliable. Le fils adoptif du royaume du Corail, le chanteur Kabyle Idir, n’a pas déçu le grand public venu de l’Algérie, de la Libye et bien sûr de la Tunisie pour l'écouter. Le ciel nuageux, grisâtre, le vent qui soufflait durant l’après-midi, et même cette pluie qui tombait, n’ont pas découragé le public de Tabarka World Music Festival. Dans les cafés, les petits restaurants et dans les rues, on ne parle que d'Idir et de sa deuxième soirée à Tabarka. Les banderoles et les affiches annonçant le concert de ce chanteur Kabyle ont trouvé leurs places sur les murs des hôtels et de quelques bâtis de la ville. C’est l’événement de cette 6ème session de Tabarka World music Festival. A partir de 20h00, les foules prenaient le chemin de la basilique… Les Algériens et les Libyens ont été en tête du public. Hichem Hemrit le jazzman et sa troupe ont assuré la première partie de la soirée du festival offrant au public une balade délicieuse dans le répertoire de ce groupe tunisien. Applaudi fortement par le public, Hichem Hemrit a mis les bouchées doubles poussant au top le rythme de la soirée. Quelques minutes après la prestation de Hichem Hemrit, les musiciens qui accompagnent Idir ont fait leur apparition sous un tonnerre d’applaudissements… Le passage du chanteur Kabyle sur la scène de la basilique a été un moment très vibrant et très significatif. Le chanteur n’a pu cacher sa satisfaction de retrouver encore une fois le public de Tabarka, d’être entouré par “des frères algériens, lybiens et tunisiens” qui sont venus spécialement pour l’écouter et pour partager avec lui ce grand amour pour la musique. Symbole de la chanson kabyle et référence importante du World music, Idir connaît bien les enjeux de cette soirée et les différentes réactions qui peuvent avoir lieu. En tous cas, comme un bon pédagogue, il a laissé sa sagesse guider la soirée pour qu’il n’y ait pas de débordement du côté du public comme en 2003. Idir a réussi à calmer le public et à bien guider ses réactions. Le concert d'Idir à Tabarka n’est pas sorti de l’ambiance générale des différents concerts de ce chanteur kabyle en Tunisie: Tabarka, Hammamet et El Jem. Interprétant des mélodies tirées de ses différents albums qui ponctuent son parcours lancé par un coup de hasard et de chance, Idir a bouleversé le public au sens propre et au figuré. “Avava inouva” en kabyle et qui veut dire “Mon petit papa”, “Ay Arrac Negh” qui signifie “A nos enfants”, “Les chasseurs de lumières”, et “Identités”, son dernier album paru en 1999 ont fait le menu de cette soirée. Avec sa guitare, Idir a partagé avec le public ses chansons sur l’amour, l’exil, la mère, la terre, la souffrance et sur un ami assassiné Lounès Maâtoub. Le public n’est pas resté indifférent, interprétant avec une grande justesse rythmique et linguistique les paroles des chansons… Avec son “Gasba” berbère, Idir a enchanté tous les présents dont le nombre est estimé à 2000 spectateurs sur les gradins de la basilique sans compter ceux qui n’ont pas trouvé de places qui ont suivi le spectacle sur l’écran géant placé devant la basilique, à la place du café Andalous. L’euphorie a été le mot d’ordre de la soirée: les gradins de la basilique de Tabarka chantaient et dansaient sans interruption. Des femmes qui souffrent dans tout le Maghreb, de ses rêves… de l’espoir de voir les fleurs éclore de nouveau après avoir été coupées… bref d’un grand espoir de la justice. Idir sait parler à son public. Le fils adoptif de Tabarka, le grand Idir sera présent l’année prochaine à l’ouverture de l’amphithéâtre marin de Tabarka nous promettent les organisateurs! Imen ABDERRAHMANI __________________________________ Rendez-vous tunisien Hichem Hemrit a choisi à la dernière minute de prendre part à la troisième soirée de Tabarka Jazz Festival. “J’ai été en tournée en Europe et c’est pour cette raison que la confirmation de mon spectacle est venue en retard même après la publication du programme de ce festival dont je suis heureux d’être parmi ses invités”, nous a confié Hichem Hemrit. Nabil Gouiaâ avec sa guitare basse, Kaïs Zaânouni sur les claviers, Habib Samandi pour la percussion, Amor Al Addala, et Anis Melliti sur la batterie et bien sûr Aymen Ben Attia et Hichem Hemrit avec les guitaristes ont fait le bonheur du public en présentant des œuvres de l’album “Stamba” dont on cite: “Tabarka”, “Stamba”, “Three nights in Paris”, “Question”… La surprise a été “Orient Night” qui figurera sur le prochain album de Hichem Hemrit qui sortira sur le marché dans les mois qui viennent! I.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com