Les Dérives Juvéniles : Les jeunes décortiquent les dessous du phénomène





Plusieurs sortes de dérives comportementales et langagières font éruption dans les sociétés. Les premiers concernés sont des jeunes gens qui s’écartent du droit chemin. Désemparés et emportés au gré des courants, ils ne sont pas guidés par une ligne de conduite rigoureuse. Les uns accusent la famille, les autres mettent à l’index l’environnement... Qu’en pensent justement les jeunes? Tunis - Le Quotidien Quelques jours nous séparent de la rentrée. Cette période de l’année met toujours l’accent sur des faits illicites: Ecole buissonnière, langage gauche, allure frimeuse... La concentration des jeunes rend le phénomène encore plus flagrant. Une question s’impose dès lors: ces jeunes qui foulent aux pieds nombre de règles morales et sociétales sont-ils totalement hors de contrôle? Skander, 20 ans, étudiant, pense que le phénomène des dérives et de la délinquance juvénile concerne les jeunes du monde entier. Et dans tous les cas, il trouve que ce sont les parents qui en sont responsables. “Les enfants qui grandissent dans un environnement et un entourage non équilibrés sont prédisposés à dévier du droit chemin. Il y a aussi des facteurs qui jouent un rôle très important : le travail de la mère et la démission des parents. Si l’enfant a déjà souffert d’un manque d’encadrement ou a vécu des échecs ou des chocs émotionnels, il sera très vite influençable et trouvera peut être une sorte d’échappatoire, en déviant du droit chemin. Mais je ne pense pas par ailleurs que les mauvaises fréquentations peuvent influer sur une personne normalement conçue. Et c’est encore une fois aux parents de jouer pleinement leur rôle, et ce, en étant toujours à l’écoute de leur progéniture et toujours présents pour remplir leur devoir comme il se doit”, dit-il. Hamdi, 18 ans, étudiant, partage le même avis. “A mon sens, les premiers responsables des dérives juvéniles sont les parents. Il est tout a fait normal qu’un jeune soit influençable par des comportements négatifs s’il n’a pas été convenablement encadré. La démission des parents laisse la voie libre devant les jeunes qui n’ont pas encore atteint la maturité. En outre, des parents trop rigides et sévères risquent aussi d’étouffer leur enfant et le rendre quasiment effacé. Ce manque de personnalité peut aussi le rendre influençable, il pourra avoir l’impression en agissant de manière incorrecte de se révolter contre une tutelle trop accablante. Cela dit, même un être normal peut dévier s’il est trop gâté ou encore s’il a de mauvaises fréquentations. Personnellement, je connais des personnes dans le genre, mais je reste très méfiant. Ma relation avec eux reste superficielle mais je fais exprès de les approcher, histoire d’être épargné de leurs coups bas”, dit-il. Mourad, 23 ans, étudiant, pense aussi que ce sont les parents qui sont responsables des actes de leurs enfants. “Les parents sont le premier repère de l’enfant, s’ils n’ont pas su assumer convenablement leur rôle et leur responsabilité, l’enfant risque d’être ballotté au gré des vents. D’ailleurs, même en cas de dérive réelle, les parents sont les seuls à pouvoir ramener leurs enfants sur le droit chemin pour éviter le débordement. Par ailleurs, un enfant bien équilibré et bien éduqué risque aussi de commettre des gaffes s’il a été influencé par un entourage plutôt mauvais, du moment que le phénomène est contagieux”, dit-il. Myriam, 20 ans étudiante, pense que l’entourage peut influencer un jeune surtout s’il s’agit d’un adolescent. “Tout adolescent est quelque part fébrile. Etant dans une phase délicate et à la recherche d’une identité, il peut être influencé négativement par un entourage louche et c’est essentiellement aux parents de contrôler la situation pour éviter les drames”, dit-elle. Amal, 20 ans étudiante, pense que les causes sont aussi multiples que variées. “D’abord tout enfant qui a manqué d’encadrement et qui n’a pas été sensibilisé et avisé risque d’errer dans une fausse route. Les parents ont donc un rôle moteur à jouer dans ce sens. En second lieu, l’entourage: proches, voisins et amis influent aussi. Le niveau socio-économique détermine les grands traits de la personne. Il vaut donc mieux prévenir que guérir. Je suis persuadé qu’un enfant ayant reçu une éducation irréprochable et vivant dans un climat sain ne dévie pas facilement. Les parents doivent être présents et attentifs et doivent garder toujours leurs enfants sous contrôle. L’ouverture sur le monde extérieure est certes bénéfique mais elle apporte son lot de risques. Les films de violence et les idées étrangères qui nous sont véhiculés via internet et via la télé doivent être filtrés par les parents. Parce qu’une fois un jeune lancé dans un chemin faux, il est difficile de le dissuader”, dit-elle. Abir CHEMLI OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com