El Manar by night : ça carbure à toute allure





Malgré la concurrence déployée par la Cité Ennasr, El Manar semble s’en sortir. En tout cas, ses soirées d’été sont toujours bien animées. Tunis - Le Quotidien Il y a quelque temps, l’avenue Hédi Nouira à Ennasr II a volé la vedette aux autres quartiers huppés de la région. Car auparavant, tous ceux qui voulaient prendre un café ou manger un morceau, allaient systématiquement à El Menzah ou El Manar. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les salons de thé et les petits restaurants qui se sont multipliés dans cette nouvelle localité font de ce lieu une destination branchée jusqu’à maintenant. L’entrée de cet endroit dans le paysage des cités “in” a poussé d’autres commerces, notamment à El Manar, à faire surface ou alors à se relooker. Concurrence oblige, ces espaces essaient de faire le poids face à cette localité et de reconquérir une clientèle qui a migré vers Ennasr. Certes, le mouvement à El Manar n’est plus comme avant. Mais à voir l’ambiance nocturne, on se dit que ce n’est pas mal quand même. En effet, le premier fait remarquable, c’est que certains espaces ont pris les choses au sérieux et procédé à une véritable “mise à niveau”. Leurs affaires semblent bien marcher. Il est environ 21h30. Il n’y a pas de place pour garer la voiture. Il faut guetter les gens pour pouvoir enfin s’arrêter. A ce niveau, un commerce qui fut dédié aux spécialités de Damas est en plein chantier. Il n’est pas le seul ici. Il se trouve que le concurrent principal a réouvert récemment ses portes avec une nouvelle décoration. Après un espace voué totalement à l’esprit hollywoodien, il a opté cette fois-ci pour un décor à l’Africaine. A l’extérieur, les vendeurs de “Mechmoums” font le tour de ces espaces dans l’espoir de liquider leurs marchandises. A chaque fois, une nouvelle tête fait irruption pour interrompre une discussion ou une bouchée. Généralement, après leur tirade de supplications, on leur demande de s’en aller et d’arrêter avec leur baratin. * Thé et narguilé Comme c’est la période, on voit pas mal de jeunes émigrés. La plupart vient prendre des sandwichs. Mais ce qui est étonnant dans ces endroits de bouffe, c’est la nonchalance vis-à-vis des clients. D’autant plus qu’un autre détail semble bien se généraliser et devenir une règle de travail. Dans les cartes de menus, on trouve forcément plus de deux spécialités qui n’existent pas en réalité. Le serveur est là pour dire à chaque reprise “Ah non, on n’ a pas encore commencé à préparer ce plat”. C’est tout le temps la même histoire. Ce plat risque de ne jamais voir le jour qu’à travers le menu. N’empêche que les clients reviennent. Le Tunisien semble s’être habitué à ce genre de “farces”. L’essentiel, c’est de manger à sa faim. Toutes les tables sont occupées. Il faut même patienter un peu le temps qu’une place se libère. En couples ou en familles, tous ne cherchent qu’à se régaler. Bien que le resto propose des plats africains, nos concitoyens ne s’aventurent pas et préfèrent commander ce qu’ils connaissent déjà. Dehors, les files de voitures n’en finissent pas. Entre les incontournables klaxons et la musique dont ne peuvent se passer beaucoup d’automobilistes, le bruit est assommant, ça l’a toujours été de ce côté de la capitale. L’ambiance ne s’arrête pas ici. Dans l’autre rue au tournant, de nouveaux cafés se sont ajoutés aux autres. Toutes les terrasses sont assez pleines. Comme d’habitude, les narguilés meublent le paysage. Plusieurs clients, viennent spécialement se poser dans l’un de ces cafés pour fumer une “chicha” et siroter un thé. Surtout que, par ces jours-ci, l’air est frais et tout le monde apprécie la brise. Décidément, ça bouge à El Manar jusqu’à une heure assez tardive. On continue à venir ici prendre un sandwich de fin de soirée ou alors siroter un café après s’être ennuyé à la maison. Tant mieux pour le client qui devrait profiter de la concurrence si jamais les commerçants en sont assez conscients. Maryem KADA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com