Le Malaise Espérantiste : Est-ce un simple mal de transition ?





Habitué à dominer la scène footballistique, l’Espérance s’est illustrée en ce début de saison par une curieuse passivité méconnue dans le giron sang et or... Lorsque le doyen des clubs tunisiens n’arrive plus à gagner (avant la rencontre de mercredi face au C.A.B à Bizerte) cela devient inquiétant d’autant plus que certains faits et gestes (entendu déclarations) sont là en guise de signes révélateurs d’un malaise quelconque qui ronge le corps du plus prestigieux club tunisiens. On se rappelle certainement les déclarations de Walid Azaïez juste après la finale perdue contre Zarzis. Des déclarations pleines d'insinuations qui en disaient long sur un malaise alors en un état embryonnaire. Certains autres faits sont là pour témoigner à quel point l’Espérance était en proie en doute telle que la condamnation de l’arbitrage comme si on cherchait des raisons pour expliquer les difficultés que connaît l’équipe pour s’extérioriser, il y a un passé très récent l’Espérance était victime d’erreurs d’arbitrage manifestes (contre le C.O.T) il y a quelques années mais on n’avait pas à l’époque eu recours aux condamnations systématiques... Il y a aussi un point qu’on ne peut ignorer il s’agit de la complicité agissante de certains chevaliers de la plume, qui par pure complaisance ou par jeux d’intérêt, ne dévoilent jamais les vrais maux d’on souffre ce monument du football national. Enfin l’E.S.T de par son passé glorieux, et à l’image de tous les grands clubs du monde, saura relever les défis les plus coriaces et elle l’a prouvé depuis mercredi dernier, face au C.A.B. Le club sang et or a connu une période transitoire difficile et qui a trop duré mais le déclic ne saura tarder même si les pessimistes persistent encore à affirmer que le club est encore en crise et que la victoire acquise à Bizerte fait partie d’une tradition bien ancrée étant donné que l’E.S.T gagne toujours à Bizerte. Bref... l’Espérance n’est pas au mieux de sa forme et c’est un constat qu’on ne peut nier mais d’après nos témoignages ci-dessous tout le monde est unanime que la machine espérantiste va se remettre au travail et retrouver son lustre de toujours. Mohamed Ali FERCHICHI ____________________________________ Après la Victoire Contre le C.A.B. : Soulagement et volonté de confirmation Mercredi et à la fin du match C.A.B - E.S.T, la joie et surtout le soulagement étaient nettement visibles sur les visages des joueurs, responsables, techniciens et supporters “sang et or”. Car depuis quatre mois et sept matches, l’Espérance n’arrivait plus à gagner tout en perdant deux importants challenges, d'abord la coupe de Tunisie puis la ligue des champions. Un autre résultat négatif à Bizerte aurait renforcé davantage le doute qui commençait à s’installer dans l’esprit des joueurs et à assaillir l’entourage du club. Bien sûr, le nouveau staff technique conduit par Khaled Ben Yahia demeurait stoïque et franchement optimiste quant à un rapide retour à une situation normale, mais il fallait que la vérité du terrain le confirme. Et la victoire assez nette sur le plan du score, un peu moins sur le plan du jeu a non seulement mis du baume au cœur, mais pourrait servir de déclic, libérer les joueurs et redonner confiance à l’ensemble du club. * Des résultats logiques Car la crise de résultats que vient de connaître l’Espérance ces derniers mois était devenue prévisible suite aux conflits latents ou visibles qui traversaient les structures dirigeantes —ou du moins une de ses composantes en l’occurrence Zied Tlemçani— et la plus grande pour ne pas dire l’écrasante majorité du public espérantiste qui reprochait à l’ex-vice-président, chargé de la section football ses manières peu cavalières et ses choix stratégiques erronés à commencer par la gestion de la fin de la saison dernière (match E.S.T - E.G.S.G et la finale perdue contre l’E.S.Z) pour finir par le recrutement d’un trop plein d’étrangers et le départ de plusieurs cadres de l’équipe. Le départ de Tlemçani et l’arrivée de Khaled Ben Yahia ont mis fin —momentanément!?— aux polémiques et ont contribué à instaurer un certain climat de sérénité autour des joueurs et de l’équipe. Le travail entamé depuis peu par l’ex-libero de charme du club “sang et or” principalement axé sur l’aspect psychologique et technico-tactique a commencé à donner ses premiers résultats. * Une plus grande rigueur tactique En effet, mercredi dernier à Bizerte et indépendamment du résultat positif ramené du difficile terrain du C.A.B où un public record a soutenu les siens, va certainement servir à Khaled Ben Yahia pour tirer d’autres enseignements de nature à permettre l’évolution et la progression de l’équipe. En premier lieu, il y a lieu de relever la rigueur tactique de l’équipe et des joueurs qui ont été invités à chaque fois par leur coach —debout pendant toute la partie— à se replacer rapidement, à se couvrir mutuellement ou à chercher à trouver les meilleures solutions. Et sur ce plan, les joueurs ont cherché à s’appliquer et il y sont particulièrement parvenus. En second lieu, Khaled Ben yahia a peut-être trouvé quelques bonnes formules notamment sur les flancs où l’association Yaken - Ahmed Ben Yahia (le meilleur joueur sur le terrain mercredi) à droite, Bekri - Bhaïri sur la gauche pourrait être peaufinée et reconduite. Car les deux tandems parviennent à assurer à la fois la couverture en phase défensive et les débordements en phase offensive. cela pourrait d’ailleurs coûter la place à Mourad Melki qui n’arrive pas à retrouver ses meilleures sensations malgré sa passe décisive sur le second but. * Des corrections à faire Autre aspect tactique positif, c’est la meilleure circulation de la balle au milieu du terrain, la fluidité, les enchaînements et la rapidité dans la reconversion et le renversement du jeu qui avaient permis à l’Espérance de se créer plusieurs occasions même si le C.A.B s’est rué vers l’attaque. Il reste cependant à Ben Yahia de mieux régler l’axe central de la défense ou le duo Chaâbani - Nwaneri flotte encore, la récupération de la balle où Lotfi Belhaj se retrouve parfois esseulé dans cette zone du terrain, Olivier rechignant à effectuer régulièrement cette tâche, et l’amélioration de l’entente et de l’efficacité offensive où le jeune Raouf Gabsi pourrait constituer une bonne solution de rechange en attendant que Marcos Dos Santos, Zitouni, Letifi et Kasdaoui retrouvent une meilleure confiance. Maintenant il s’agira pour l’Espérance de confirmer face au champion sortant, le C.S.S. Mais là c’est une autre histoire… Abdellatif ____________________________________ Jean-Jacques Tizié: «On saura rebondir» Le keeper sang et or a été, comme le soulignent tous les Espérantistes, le sauveur de l’équipe en période de crise. Ici, il revient sur la période difficile que l’EST a traversée et sur… l’avenir. «Au risque de vous surprendre, j’estime que la crise vécue par l’EST était prévisible. Il y a eu beaucoup de changements, à tous les niveaux, après une longue période de stabilité. L’arrivée d’une nouvelle équipe dirigeante et les départs d’une grande partie de l’effectif a nécessité le passage par une étape de transition qui a vu beaucoup de jeunes joueurs lancés dans le bain. Il leur faut plus de temps pour acquérir du métier et remplacer les anciens titulaires. A l’Espérance, la tension est toujours élevée et difficile à supporter, et c’est pour cette raison que l’équipe connaît des hauts et des bas. Quant aux résultats, ils ont été plus ou moins décevants pour les raisons déjà citées. On n’arrivait plus à marquer depuis quelque temps et cela ne pouvait nous aider». Qu’en est-il à présent après le retour en forme de l’équipe et ses bonnes prestations contre l’ESS (malgré l’élimination) et le CAB à Bizerte? Tizié considère que ça pourrait constituer le déclic : «Ces deux matches ont permis aux joueurs de reprendre confiance. Le succès à Bizerte avait un goût particulier car seules les victoires constituent le meilleur remède à l’heure actuelle. Ce qui me fait plaisir, c’est que le public a vite compris et n’a pas cessé de nous encourager. Je pense que l’EST est sur la bonne voie après cette période de crise. Nous saurons rebondir et il n’y a pas de raison de dramatiser outre mesure». On a rappelé à Tizié que la victoire obtenue à Bizerte a été réalisée en grande partie grâce aux prouesses du gardien ivoirien. Ce dernier ne voit pas les choses du même angle : «En football, c’est le collectif qui compte. Il est vrai que j’ai arrêté deux penalties, mais ceci n’enlève rien au mérite de mes coéquipiers qui ont scoré à deux reprises. Nous sommes solidaires et notre salut tient à notre cohésion». Kamel ZAIEM ____________________________________ Ameur Hizem : «Ben Yahia va remettre l’E.S.T. sur les rails» Ameur Hizem, ancien sélectionneur national, ne se fait pas de soucis sur les délais de réaction de l’ogre sang et or et croit en les chances de succès de Khaled Ben Yahia dans ce nouveau défi. • Huit matches officiels sans victoire depuis la mi-mai et le surprenant échec en finale de la Coupe de Tunisie. Qu’est-il arrivé à l’Espérance Sportive de Tunis? • Oui, on peut raisonnablement parler de crise que vient de traverser le doyen des associations sportives du pays. Mais, en grand club, l’EST va vite s’en remettre. A l’origine, il y eut une cascade de remaniements techniques qui ont débouché au début de l’été par la venue de Mrad Mahjoub. Ensuite, beaucoup de départs de joueurs de base, mieux encore, de piliers du onze rentrant, vidèrent l’effectif de ses substance : Jawher Mnari, Issam Jomaâ, jadis Radhi Jaïdi, Khaled Badra (avant que celui-ci ne revienne un peu en catastrophe)… pour trouver de nouveaux équilibres il faut juste un peu de temps et de patience. Déjà, le déclic s’est produit il y a trois jours contre le CA Bizertin. Samedi dernier, l’EST a également sorti un grand match à Radès contre l’Etoile SS, et ce nonobstant le match nul qui l’élimine de la Ligue de la Ligue africaine des champions. Non je ne me fais pas de soucis. Les Sang et Or vont encore une fois nous sortir une grande saison. • Le remède s’appelle-t-il Khaled Ben Yahia tout court? Oui, dans un certain sens. Ben Yahia va apporter son sérieux, son envie de réussir, son goût du travail bien fait. Le bonhomme possède beaucoup d’atouts. Et il est déjà très important de pouvoir compter au tournant d’une saison vraiment très mal négociée d’un meneur d’hommes de cette qualité-là. Je parie que le club de Bab Souika va se retrouver facilement et réendosser sa casaque de grand favori. S.R. ____________________________________ Abdelmajid Ben Mrad: «La défaite en Coupe contre l’E.S.Z. a eu des effets cataclysmiques» Abdelmajid Ben Mrad, grande figure de l’E.S.T des années 60-70 à la technique incomparable met tout sur le compte du choc provoqué par la finale perdue, en mai dernier, contre l’Espérance de Zarzis. “Depuis, l’Espérance de Tunis a perdu confiance; Il faudra y ajouter des recrutements à la pelle, guère ciblés du genre en veux-tu en voilà. Et puis, je crois que Mrad Mahjoub était venu au plus mauvais moment”, constate l’attaquant de charme rendu célèbre par ses coups de sombrero ou encore ses coups des allumettes. “La Coupe perdue de façon incompréhensible devant l’E.S.Z a fait entrer l’E.S.T dans une phase de gabegie et de confusion. Le résultat est là: en l’absence des deux ou trois joueurs qui peuvent à tout moment faire la différence et occulter les carences, les moments de méforme ou de défaillance des autres, le club sang et or a vertigineusement plongé dans la médiocrité”, souligne-t-il avant de se réjouir pour la première victoire de l’été 2005 toutes compétitions confondues, survenue mercredi dernier à Bizerte: “Je crois que la confiance et la détermination vont revenir, même si je dois admettre qu’il y a encore beaucoup de travail à faire. En tout cas, la défaite contre Zarzis a démontré qu’il n’y a plus de gros écarts entre les grands et les petits clubs. La solution réside dans le travail et le sérieux”, souligne Ben Mrad: “Les moyens financiers et infrastructurels sont là. Il faut juste se concentrer sur le jeu. Malheureusement, j’ai quelquefois l’impression que les joueurs actuels n’ont pas saisi le sens et les spécificités du régime professionnel”, regrette celui qui raconte avec fierté une anecdote qui en dit long sur l’état d’esprit chevaleresque des milieux du football d’antan. “Le Club Africain venait de gagner le derby 2-1. Comme toujours, le lendemain, je rencontre mes amis clubistes et qui le sont jusqu’à aujourd’hui: Attouga, Bouajila, El Gouchi… J’ai dû les accompagner jusqu’au bureau de leur président de l’époque où ils allaient toucher leurs primes de victoire. Là-bas, M. Hamadi Bousbiaâ remettait à chacun d’eux une enveloppe. En me voyant dans un coin, à l’écart de ce cérémonial, M. Bousbiaâ m’appelle et me remet une enveloppe en me disant que je méritais moi aussi une prime malgré la défaite de mon club. Voyez-vous quel état d’esprit présidait aux affaires du sport de notre temps?”, s’interroge Ben Mrad. Oui, le message est on ne peut plus clair… S.R. __________________________________ Dr Yacine Ben Ahmed: «Une crise de confiance préjudiciable» “Dans le domaine du sport, et en football notamment, deux critères fondamentaux sont à prendre en considération, à savoir la rigueur dans le travail, dans son acception exhaustive, et... la chance. Et de tout temps, le premier paramètre a été la caractéristique principale de la gestion quotidienne des affaires internes du club. Tout était planifié, avec une rare méticulosité et la chance et la fortuité occupaient une place on ne peut plus infime. A mon sens, la première raison à l’origine du démarrage clopinant du présent exercice est le défaut de préparation d’avant-saison. Scientifiquement parlant, on sait qu’après une dizaine de jours de repos subséquent à la fin de l’exercice défunt, il y a une totale décompression, notamment physique. Et il faut de cinq à sept semaines pour parachever le travail de remise en condition physique. D’habitude, l’E.S.T préparait dans de meilleures conditions ses matches de Coupe d’Afrique. Et au moins trois semaines avant son premier rendez-vous continental d’inter-saison, l’équipe était fin prête. Cette année, cette période mitoyenne a été mal négociée, à cause de l’instabilité de mise. Ceci dit, le but quêté en premier lieu au niveau de la préparation d’inter-saison est d’homogénéiser l’état physique des joueurs. Et tout un chacun sait pertinemment que durant les deux premières semaines, l’Espérance était sans entraîneur. Et dès sa prise de contact avec les joueurs, Mrad Mahjoub a remarqué que l’équipe déplorait trois à quatre niveaux de préparation physique différents, ce qui est fortement dommageable au rendement aussi bien individuel que collectif. Et c’est dans ces conditions désavantageuses que l’E.S.T, a disputé son premier match de Ligue des Champions face à l’E.S.S, le 2 juillet dernier. Pour ce qui est de la deuxième cause ayant précipité cette boitillante entame de saison est indubitablement la crise de confiance qui régnait entre les différentes parties prenantes du club. En effet, un dangereux hiatus, un clivage très prononcé se sont installés entre supporters, joueurs, dirigeants et au sein même de chaque partie. Ce qui a généré un climat de suspicion préjudiciable à la bonne marche du club. Enfin, il y a lieu d’évoquer aussi la malchance, même si, comme je l’ai souligné plus haut, ce facteur, ne constitue pas un élément déterminant. J’entends par là le défaut de résultats, une petite crise de résultats en fait, durant une assez longue période, ce qui n’a pas manqué de mettre une asphyxiante pression sur la famille espérantiste et d’empoisonner l’atmosphère. Je disais malchance et déveine parce qu’il s’en est fallu de peu que l’Espérance engrangeât des victoires par-ci, par-là. Pour ce qui est du deuxième point, à savoir les perspectives d’avenir et si la victoire face au CAB s’apparente au véritable déclic, j’affirme que l’Espérance a les moyens de rebondir au plus vite. Ce que le club sang et or vient de vivre s’identifie tout simplement à une période de transition, difficile certes, mais tout à fait surmontable. Mon optimisme se justifie avant tout par l’avènement de Khaled Ben Yahia. Ce technicien a plusieurs atouts qui plaident en sa faveur. En effet, c’est avant tout un enfant du club qui en connaît tous les rouages. Ensuite sa première expérience en tant qu’entraîneur de l’Espérance a été couronnée de succès, avec à la clé, une Coupe de Tunisie. Et dès son installation aux commandes techniques du club, l’ambiance s’est considérablement assaisie. Par ailleurs, je ne peux m’empêcher d’établir une corrélation entre la présente situation et celle qui a prévalu durant l’exercice 1991 - 92, du temps où j’étais moi-même joueur. Cette saison-là a été des plus infructueuses pour nous. Nous avons tout raté au plan national et en Coupe d’Afrique, nous avons été éliminés par Houria Conakry. Plusieurs joueurs avaient été remerciés et l’équipe a vécu une transition en douce, à la faveur de recrutements ciblés (Hamrouni, Thabet, Malitoli, Ben Belgacem...) et l’émergence de joueurs du cru comme feu Berrekhissa... L’année d’après nous renouâmes avec le titre. L’histoire devrait se répéter. Mon avis sur l’actuel encadrement dirigeant à l’E.S.T ? Je me contenterai de certifier haut et fort que M. Aziz Zouhir est un homme très honnête”. Wahid SMAOUI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com