Apostrophes





* Cette étrange promesse! Une jeune femme israélienne, désespérée à l’idée d’être expulsée de sa maison dans une colonie de la Bande de Gaza, s’en alla demander conseil auprès du rabbin du voisinage: “Dieu t’a accordé cette terre, lui dit-il. Il veille sur toi et empêchera quiconque de te déloger”. La perspective d’une intervention divine tranquillisa la jeune femme. Mais quelle ne fut sa surprise de se retrouver dans la cohorte des colons ramenés de force vers Israël! Elle se tourna en pleurs vers le rabbin pour lui rappeler la promesse de Dieu… Mais en vain! C’est une bien étrange chose que cette idée de “Terre promise” par le Créateur au peuple juif. La terre n’est-elle pas dans sa totalité un don de Dieu aux hommes! Tout monothéiste en est persuadé. Pour le musulman, par exemple, chaque pouce de cette terre est un lieu où il peut faire sa prière. Le christianisme aussi universalise le culte de Dieu . Les juifs s’accrochent à cette idée pour justifier leur occupation de la Palestine. N’auraient-ils pas dû se contenter d’invoquer l’argument historique qui, d’ailleurs, parle de leur coexistence avec d’autres peuples tels que les Philistins! Et fait remonter leur origine dans un endroit situé loin de la Palestine. * Un été pourri L’on se souvient que l’épidémie du SRAS avait coûté, à l’époque, au ministre chinois de la Santé son portefeuille. L’on se souvient aussi qu’il y a trois ans son homologue français avait vu pendant un bon moment son poste ministériel converti en siège éjectable du fait des ravages de la canicule. Aujourd’hui, les responsables portugais paniquent dès qu’ils voient le feu mordre un peu plus dans le patrimoine vert du pays. Idem pour les inondations qui viennent de submerger l’Europe centrale. En Autriche et en Roumanie, l’opinion pointe du doigt certains responsables pour incurie en la matière. En Bavière, le gouverneur du Land et le chancelier Gerhard Shr?eder rivalisent d’attentions à l’égard des sinistrés, en prévision des prochaines élections législatives. Bref, un été pourri pour les hommes politiques de la région! Les colères de Dame Nature suscitent, aujourd’hui plus qu'avant, la colère des citoyens. Ceux-ci tombent à bras raccourcis sur les responsables politiques lorsqu’ils décèlent un manquement aussi minime soit-il. Ces derniers sont obligés de prévoir, bien à l’avance, de réparer promptement les dégâts et d’assurer le service après-catastrophe (indemnisations des sinistrés, remise à neuf des infrastructures, approfondissement des efforts de sensibilisation et d’éducation…). Eh oui! C’est dur, dur la démocratie! Le prix à payer peut se révéler fort coûteux. * Affaire de noms Il y a la mode qui consiste d’accoler un nom aux batailles et expéditions militaires. Nous en avons eu des exemples en Irak et en Palestine, où respectivement Américains et Israéliens se sont amusés à orner le décor sanglant de noms aux métaphores fleuries. Il y a aussi la mode d’affubler les tempêtes, typhons et cyclones de noms humains. Mais pourquoi des noms humains associés à ces cataclysmes qui appartiennent en principe au registre des forces indomptables et cruelles de la nature? Est-ce pour humaniser les démons qui président à de tels déchaînements dévastateurs et conjurer les malheurs qu’ils occasionnent? Ou est-ce au contraire pour désigner les humains comme les véritables fauteurs de troubles, ces humains qui, par leurs délires technico-scientifiques, perturbent le bel ordonnancement de la planète? Autre fait troublant: la plupart des appellations sont des noms de femmes. Il y a quelques jours c’est la tempête “Catherina” qui a fait des siennes dans le Golfe du Mexique. Quelques mois auparavant, le typhon “Emilie” avait mis à sac le Sud-ouest des Etats-Unis. La liste est longue de ces violentes intempéries qui mènent la vie dure aux riverains des océans atlantique et pacifique. Serait-ce que, par un retour obscurantiste à des croyances surannées, on continue à investir la femme de toutes les malédictions de la terre! A moins que, là aussi, dans une démarche opposée, on tente d’obtenir de la douceur féminine qu’elle intercède auprès des puissances du mal pour ramener les éléments déchaînés au calme. * Le putschiste qui s’annonce L’abcès ivoirien suppure. On n’en finit pas d’en ressentir les relents, notamment dans la sous-région. Et on n’en finit pas aussi d’en mesurer les néfastes effets puisque le pays se cadenasse en deux zones qui se regardent en chiens de faïence et qui ne rêvent que d’en découdre mutuellement : le Nord autour des forces nouvelles et le Sud autour de Laurent Gbagbo, le chef de l’Etat. Entre les deux, un dialogue de sourds et souvent des bruits de bottes. Le président sud-africain, Thabo M’béki, a bien essayé de jouer les médiateurs. Mais les rebelles du Nord et certains chefs politiques comme Al-Hassan Wattara ayant pressenti chez lui “une partialité dans la démarche et un expansionnisme économique” et donc un soutien inavoué à Gbagbo, la mission bons offices a tourné court. Fort, donc, de l’appui sud-africain, et aussi du soutien de Faure N’yassimbé, le chef de l’Etat togolais qui avait, on s’en souvient, succédé à son père dans des conditions peu orthodoxes, Gbagbo a mis en veilleuse toute initiative visant à débloquer la situation. Mais voilà que, dans ce contexte sulfureux, une chose étonnante vient de se produire: le général Mathias Doué, ancien chef d’état-major et vivant en clandestinité, vient de faire part de sa décision de renverser le président ivoirien au cas où la communauté internationale ne le ferait pas. Décision qu’il justifie par son souci “d’épargner au pays une guerre civile”. Le monde en est resté renversé, c’est le cas de le dire. C’est peut-être la première fois dans l’histoire qu’un militaire révèle au grand jour ses velléités de putschiste. Décidément, on aura tout vu sur notre malheureux continent! Abdelmajid CHORFI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com