Roman / «Amours Mosaïques» : Des bribes éparses assemblées





L’Amour n’a pas d’âge encore moins une appartenance socio-culturelle. L’Amour c’est ce sentiment noble, brûlant âpre et ardent. C’est cette relation quelque peu idéalisée de ce couple incompatible du côté du niveau social et de leur âge respectif. Les deux personnages principaux du roman Aïda et Moncef se sont donné le temps de se parler, de se repousser en confrontant leurs idées, pour pouvoir s’assembler pour toujours dans un couple ayant brandi l’emblème des sentiments saints et gardé étincelante la flamme de l’Amour. C’est tellement beau pour être vrai. Car l’histoire que nous concocte Abdelaziz Belkhoja nous rappelle quelque peu les histoires d’amour à la Guy Descarts distillées à l’eau de rose, où la fin heureuse se solde par un mariage joyeux. A première vue l’histoire est une petite évasion qui nous emmène en ce temps de farniente en une escapade littéraire toujours bonne à vivre. Mais en cherchant la profondeur des choses, nous pourrions méditer sur la beauté d’un discours finement agencé et d’un cours d’événement bien ficelé. On y retrouvera ainsi le fossé entre deux couples, l’un s’attachant aux fioritures, au super ficelé et au sophistiqué (Mourad et Sinda) et d’un autre bien plus construit par l’auteur au niveau du choix de l’argumentation. Avec le changement du cadre temporel et spatial, l’objet de la discussion change avec, pour que la structure de l’écrit fuie la linéarité. Le tout s’articule autour de l’histoire d’amour du couple Moncef et Aïda qui se découvre à travers leur relation avec l’entourage, parents, amis etc… Le livre est par ailleurs une réponse concrète aux «aristocrates» endurcis qui croient toujours en leur pouvoir total et absolu, se permettant ainsi de froisser les sentiments d’autrui. Les personnages de «si Ali» et Monsieur Baraket à titre d’exemple qui sans foi ni loi se permettent de dédaigner les personnes modestes. Ils sont en fait la résultante d’une société qui marche vers l’artificiel, à pas de géants. D’un autre côté, on a le personnage de Moncef qui donne l’impression de se battre contre des moulins à vents. Comment alors briser l’écueil des contraintes sociales qui pèsent sur sa relation amoureuse pour atteindre sa bien-aimée? C’est là toute la question. Toujours égal à lui-même, il est parvenu à éprouver son attachement pour la fille qu’il a aimée et à garder intact le goût prononcé et très marqué pour la mosaïque. Libre dans l’art, il l’est resté en Amour. L’auteur d’«Amour mosaïques» n’a pas lésiné aussi de sertir son écrit de quelques données rappelant la culture carthaginoise s’attelant à ses héros: le serment d’Hannibal, le sacrifice de Didon et les Noces de Sophonisbe. Sans oublier les noms des lieux où se déroule l’histoire qui invoquent un haut lieu de la culture et de la civilisation. Normal, l’auteur Abdelaziz Belkhoja est dans la vie comme dans l’écriture un épris de la civilisation carthaginoise. Il est en fait un collectionneur des œuvres s’y attelant (statuts, statuettes, tableaux…). Il a aussi écrit plusieurs livres où il prend pour référence la culture carthaginoise «Les cendres de Carthage», en 1993, «Les Etoiles de la colère» en 1999 et «Le retour de l’éléphant» en 2003. Mona BEN GAMRA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com