Retour des tunisiens à l’étranger : Larmes et émotion à l’aéroport de Tunis-Carthage





Autant leur joie fut immense à l’arrivée, autant leur départ est en larmes. Les émigrés tunisiens ont terminé les vacances et commencent à partir. L’aéroport Tunis-Carthage est plein à craquer ce dimanche d’adieux. Tunis-Le Quotidien Nous voilà déjà en fin d’été. Les mois de juillet et août sont très vite passés. Nos compatriotes à l’étranger sont déjà sur le départ. Ils rentrent... Pendant la période des arrivées, l’aéroport Tunis-Carthage est plein à craquer. Les retrouvailles se font en rires et en larmes de joie. A ce moment, c’est au premier étage de l’aéroport que les familles accompagnent leurs proches. Mais pas de rires ces jours-ci. Il n’y a que des larmes. Les départs sont difficiles. Par cette après-midi de dimanche, beaucoup de vols sont programmés à destination de France principalement. Devant les départs, la file des voitures et des taxis qui déposent les passagers est longue. Chacun cherche un chariot afin de se débarrasser des bagages. Il faut faire très vite car le stationnement est interdit. * Couscous, harissa, gâteaux du pays... A l’intérieur, un monde incroyable attend du côté des comptoirs d’enregistrement. Là-bas, il se passe beaucoup de choses. Ce sont des discussions interminables entre les passagers et les agents des comptoirs. Toujours le même problème. C’est l’excédent de bagages. En effet, le retour est «lourd». Couscous, harissa, huile, pâtes, gâteaux et pourquoi pas des légumes sont nécessaires. Une véritable «Aoula» est transportée d’un pays à un autre. Il faut sentir le parfum du bled durant toute l’année. Nous sommes près des comptoirs 22, 23, 24 et 25. La destination est Lyon-Saint Exupéry. Dans ce chariot, on voit des couffins de toutes les couleurs. On a pris le soin de les couvrir avec des serviettes à table. Mais ce qui énerve la dame, c’est sa petite fille qui râle et pleurniche. Elle veut manger un petit gâteau. Sa mère est donc obligée d’ouvrir la boîte de pâtisserie devant les gens. D’autant plus qu’elle ne sait pas dans quel couffin exactement elle a mis la boîte de «Makroudh». Bref, des spectacles comme celui-là, il y en a beaucoup. Dans l’une des files, une dispute attire les badauds. C’est un monsieur qui fait partie des rares à voyager avec une seule petite valise. Au début, il n’avait pas l’intention de se disputer avec la dame. Mais sa façon de lui répondre l’a provoqué. Au fait, il lui a demandé de quitter la file de peur que l’huile qu’il voyait sur sa valise ne salisse les bagages des autres. Car la dame ne s’est pas rendue compte que l’huile qu’elle transportait, dans des bouteilles a priori, s’est renversée. Elle n’a pas apprécié que le monsieur lui fasse la remarque. * Profiter des derniers instants A l’occasion de ce retour au pays d’accueil, on voit beaucoup de henné et de «hargouss». Certaines rentrent en tenue décontractées et d’autres au contraire sont presque en vêtements de soirée. Bien tirée, elles défilent entre les cafés, les toilettes et l’enregistrement. Elles essaient de profiter au maximum des derniers instants en Tunisie. Dans le café, c’est complet. Pas une place de libre. Des gens attendent une table avec impatience. Il y a quelques-uns qui préfèrent prendre des cafés dans des gobelets et les boire dans les environs. Mais les plus impatients sont ceux qui veulent se mettre à l’espace des fumeurs. C’est là-bas qu’ils fument une cigarette et prennent tranquillement une bière. La plupart des clients, c’est la jeune génération «Ouech, ouech cousin ?». Toujours en casquettes et bananes, ils adorent faire du bruit et ne jamais passer inaperçus. Pour leur part, les serveurs semblent débordés par autant de monde. C’est incroyable ce qu’il y a comme passagers et accompagnateurs. D’ailleurs, lorsqu’ils trouvent une table, ils doivent chercher des chaises. Ils sont nombreux et ce n’est pas évident. Plusieurs voyageurs ont l’air stressés. Il faut dire qu’ils ont du mal à laisser les leurs après les retrouvailles. Autant l’arrivée est merveilleuse, autant le départ est dur. Juste devant l’entrée des départs, les étreintes se prolongent et la majorité ne retient pas ses larmes. Les uns et les autres se prient pour que chacun prenne soin de soi. A la sortie, tous ceux qui ont accompagné des proches traînent leurs pieds et paraissent tristes. Pourtant, c’est la vie. On doit se séparer pour se retrouver à nouveau et la roue tourne. Mais on ne peut s'empêcher d’avoir le cœur serré et de repenser tout de suite à tous les moments partagés pendant les vacances. M. KADA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com