Islamabad et Amman dans le giron israélien : Des dividendes du retrait de Gaza





Dix jours après l'évacuation des colons de la bande de Gaza, Israël espérait hier recueillir les dividendes diplomatiques de cette opération notamment auprès du Pakistan et de la Jordanie. Le Quotidien-Agences Les chefs de diplomatie israélien Sylvan Shalom et pakistanais Khurshid Kasuri se rencontraient à Istanbul pour discuter d'un éventuel accord sur l'établissement de relations diplomatiques, a-t-on indiqué au ministère des Affaires étrangères israélien. Un haut responsable à la présidence du Conseil à Al Qods a affirmé qu'Israël était favorable à l'établissement de relations "avec tout pays musulman modéré", mais a refusé de confirmer tout accord à ce sujet avec le Pakistan. "Une annonce prématurée pourrait être nuisible", a-t-il dit. Selon lui, la rencontre Shalom-Kasuri "constitue une des retombées internationales positives du redéploiement de la Bande de Gaza". Ce responsable, parlant sous couvert d'anonymat, n'a pas exclu la possibilité d'une rencontre entre le Premier ministre Ariel Sharon et le président pakistanais Pervez Musharraf à New York à l'occasion de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU à la mi-septembre. Il a en outre affirmé que toute délégation pakistanaise serait accueillie "les bras ouverts" en Israël. Parallèlement, la radio publique israélienne a annoncé que Sharon allait rencontrer la semaine prochaine le roi Abdallah II de Jordanie. Cette rencontre pourrait avoir lieu à Al Qods, a ajouté la radio qui citait des "responsables" à la présidence du Conseil sans donner d'autres détails. Un responsable à la présidence du Conseil a refusé de confirmer ou de démentir l'information, soulignant qu'il fallait attendre une annonce officielle en bonne et due forme des deux pays. Le palais royal à Amman a pour sa part affirmé "qu'aucune visite en Israël du roi Abdallah II la semaine prochaine n'est prévue au programme". Le dernier tête-à-tête entre Sharon et le souverain hachémite remonte au 18 mars 2004 lorsque le Premier ministre israélien avait reçu secrètement le roi dans son ranch dans le sud d'Israël. Toutefois, Sharon a pris le risque d'irriter les Etats-Unis. Un de ses proches, le vice-Premier ministre Ehud Olmert, a proclamé l'intention d'Israël d'agrandir et d'annexer Maalé Adoumim, la plus grande colonie en Cisjordanie. Attaqué sur sa droite par son rival Benjamin Netanyahu qui brigue le pouvoir, Sharon et ses proches ont multiplié ces derniers jours les déclarations sur la nécessité de relier Maalé Adoumim (28.000) à Al Qods-est annexée en construisant un nouveau quartier comprenant 3.500 logements. "Il faut que les choses soient claires et connues au delà de tous doutes possibles auprès de l'Administration américaine: Maalé Adoumim constitue une partie inséparable de l'Etat d'Israël et sur ce point nous ne ferons pas de concession", a proclamé Olmert à la radio publique. Interrogé sur la construction des 3.500 logements, Olmert s'est refusé à préciser quand ce projet sera mis en chantier. "C'est une question d'opportunités, de moment approprié, mais il ne fait pas de doute que ces constructions auront lieu", s'est-il borné à indiquer. Avant-hier, un collaborateur du Premier ministre avait déclaré que les procédures légales nécessaires pour ces 3.500 logements prendront "deux à trois ans". Jeudi dernier, un responsable avait annoncé qu'Israël allait bâtir le quartier général de la police pour la Cisjordanie près de Maalé Adoumim. Le président américain George W. Bush avait réagi à l'annonce de la construction de logements en lançant un avertissement à Israël, lui enjoignant de geler tout développement de colonies en Cisjordanie comme le stipule la "Feuille de route", un plan de paix international.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com