L’Analyse Technique de …Ali Selmi : «La perfection… tutoyée»





A l’issue d’un match digne d’une leçon-témoin, les Tunisiens ont consolidé leur leadership dans le groupe 5. Discipline tactique, abnégation et gestion rigoureuse des différentes péripéties de la rencontre tels ont été les atouts des nôtres. Qu’en pense Ali Selmi, notre consultant technique de ce match ? * Le jeu du Kenya «Sincèrement, je n’ai pas vu d’équipe kenyane sur le terrain. Aucun moment, nos adversaires n’ont inquiété les nôtres. Ils étaient dénués d’arguments, aussi bien tactiques qu’individuels. Même leur tenue physique, un élément que nous appéhendions à juste titre avant le match, était inférieure à celle de nos joueurs. Ils ont, du reste, opéré comme à Tunis, en 4-5-1 en phase défensive et en 4-4-2 une fois tournés vers l’offensive. Certes, ils ont essayé de varier le jeu, mais rien n’y fit dans la mesure où ni le jeu long, ni le choix collectif, ni encore l’option individuelle n’ont été fructueux. Il faut avouer qu’en face, il y avait une superbe équipe de Tunisie qui a tangiblement bémolisé leur jeu». * Le jeu de la Tunisie «Les Tunisiens ont irréfutablement sorti un grand match, dans tous les registres. Et ce n’est pas une hyperbole si je qualifie leur prestation de sans faute. C’est que l’organisation sur le terrain était quasi parfaite. En défense, les nôtres ont observé le 4-5-1 et en phase offensive, ce dispositif se mue en 4-1-2-2-1. Bouazizi a opéré en véritable pivot, alors que Ghodhbane et Ben Saâda, en phase de redéploiement offensif, venaient ponctuellement de derrière, faisant bénéficier l’attaque d’un apport irréductible. Namouchi et Ben Achour ont pour leur part bien soutenu Guemamdia. Les nôtres ont très perceptiblement donné à voir toutes les facettes de l’application tactique, à savoir le jeu en bloc, le harcèlement du porteur du ballon adverse, malgré l’effet inhibiteur de l’altitude, l’intelligence du jeu. Cette dernière s’est vérifiée comme suit : lorsque nos joueurs sont loin de la cage adverse, ils cherchent la profondeur, en direction de Guemamdia, comme en témoignent les 3 à 4 occasions nettes créées dans ce registre particulier; quand les nôtres récupèrent le ballon dans la zone adverse, suite à un pressing haut, ils jouent rapidement, à une seule touche et lorsqu’ils bénéficient d’espaces, ils gardent le ballon, gérant ainsi à merveille et le jeu et le temps. Sans vouloir dissocier qui que ce soit du groupe, je certifie quand même que derrière cette prestation de rang, il y a trois hommes qui ont constitué l’épine dorsale de l’équipe, à savoir Hagui, Bouazizi et Guemamdia. Par ailleurs, certains peuvent penser que le but précoce de Guemamdia et l’infériorité numérique des Kenyans à partir de la 47’ s’identifient à des tournants. Je n’en suis pas totalement convaincu, dans la mesure où les Tunisiens étaient de loin supérieurs à leurs vis-à-vis. Ce fut, en somme, une réussite sur tous les plans : match en déplacement, mise au repos de quelques joueurs, altitude...» * Ce qui a fait la différence «Le clivage entre les deux équipes a été très net à tous les niveaux. Il n’y avait vraiment pas photo. Le principal enseignement à tirer, c’est que nous avons fait d’une pierre, plusieurs coups, au premier rang desquels la mise sous pression des joueurs prétendument titulaires, ceux qui les ont relevés ayant été largement à la hauteur. Ce qui renforcera davantage l’esprit d’émulation. Ceci dit, il ne s’agit surtout pas de verser dans un quelconque triomphalisme, le dernier match face au Maroc, un derby maghrébin toujours indécis, demeurant décisif à 100%». Wahid SMAOUI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com