Maroc : Badou Zaki furieux





Badou Zaki n’en démord pas. Son équipe vient de battre dans la douleur le Botswana (1-0) gardant ses chances de jouer «la finale», le 8 octobre à Tunis mais il relance la polémique. «Les joueurs étaient sous pression, non pas en raison de la victoire de la Tunisie au Kenya mais pour les faux problèmes créés par certains qui ont voulu détremper l’opinion publique par l’esquive, le mensonge et la désinformation. Grâce à Dieu, les joueurs ont réussi à absorber les effets de cette campagne de dénigrement qui les visait», constate le sélectionneur des Lions de l’Atlas qui établit de suite une comparaison avec ce qui se passe chez nous comme pour mieux convaincre du bien-fondé de sa croisade: «Cette mission (NDLR = gagner le 8 octobre à Tunis et se qualifier pour le Mondial allemand) n’incombe pas à moi seul, mais également au public, aux responsables et à la presse. Malheureusement, chaque fois que la sélection a besoin de soutien, on la déçoit. Ce n’est pas normal, c’est même honteux qu’elle soit traitée de la sorte. Nous avons battu la Guinée (4-0) et les gens n’étaient pas contents. Nous avons été critiqués pour notre nul au Kenya. Tout à fait le contraire de l’équipe tunisienne qui bénéficie du soutien de tout le monde et de la presse. Qu’importe ! Nous resterons à l’affût de tous ceux qui essayeront de nous déstabiliser». L’ancien gardien de légende de la sélection chérifienne règle ainsi son compte à son ennemi juré, le libéro Noureddine Neybet qui a préféré mettre un terme à sa carrière internationale. La manoeuvre de réconciliation tentée par la Fédération royale marocaine (FRMF) a été vaine et le torchon brûle toujours entre les deux antagonistes. Zaki a par ailleurs ouvert un autre front, contre les médias cette fois-ci. Dernière escalade sur ce front : le bi-hebdomadaire sportif «Annoukhba» vient d’annoncer avoir décidé de poursuivre en justice l’entraîneur du onze marocain. * «Je tiens toujours à ma parole» Dans cette tempête et malgré une médiocre production, samedi dernier au Complexe Moulay Abdellah de Rabat, face au modeste Botswana, l’homme le plus controversé du football chérifien ne perd pas de son assurance, feinte ou réelle, mais qu’importe : «Je tiens toujours à ma parole et je promets la victoire à Tunis lors de la dernière journée pour décrocher le billet du Mondial», rappelait-il au coup de sifflet final de Maroc - Botswana (1-0). Un match d’une rare médiocrité. «Aujourd’hui, notre sort est entre nos mains. Nous connaissons d’avance le contexte dans lequel se déroulera le match en Tunisie. Nous allons entreprendre les moyens nécessaires pour le contrecarrer. Nous reviendrons au Maroc la tête haute, Inchallah. Pour cela, les joueurs doivent avoir un bon moral», prévient-il. Les copains du libéro de Charlton, Talel El Karkouri, auteur du but de la délivrance contre le Botswana, à la 55ème minute après une première période soporifique, peuvent-ils avoir maintenant ce «bon moral» alors que les journaux paraissent sceptiques, sinon très déçus du comportement des hommes de Zaki. Ainsi, on peut lire sur le site Maroc-football com. dans sa revue de presse ce qui suit : «Une équipe sans repère, sans vie, sans meneur de jeu, sans panache et d’une fébrilité étonnante. C’est là la cruelle image qu’a donné le Maroc au terme d’une rencontre hachée et très pauvre en occasions, face à une modeste équipe botswanaise. Les Lions de l’Atlas ont douté trop longtemps et frôle la catastrophe avant de s’imposer finalement (1-0)». Le Matin du Sahara lui non plus ne ménage pas ses favoris. «Un véritable test qui mit à nu notre incapacité de pénétration, même en présence de techniciens avérés comme Hadji ou Ahnafouf (…) Si c’était une question de pression, qu’en sera-t-il à Radès?», s’inquiète le quotidien marocain. Dans ce climat tourmenté, il est clair que la tâche de Zaki et de ses protégés va se compliquer un peu plus comme le résume Maroc Football com. «Depuis quelques semaines, des voix s’élèvent contre le sélectionneur national Badou Zaki, coupable d’incompétence et son ex-capitaine Noureddine Neybet, qui aurait entamé le moral de ses coéquipiers par son irresponsable comportement. Mais l’heure des comptes n’est pas encore arrivée. Attendons l’explication finale au stade Radès pour voir. En football, rien n’est jamais acquis à l’avance, le Maroc peut encore déloger la Tunisie de son fauteuil de leader du groupe 5 et gagner l’unique ticket de qualification. Badou Zaki a un mois pour redistribuer les cartes, repenser son schéma tactique et repositionner ses joueurs. Il y va de sa place d’entraîneur de l’équipe du Maroc», peut-on lire sur les colonnes d’une presse marocaine guère tendre à l’endroit de sa sélection et plus particulièrement de son entraîneur Badou Zaki. S.R.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com