Soirée syrienne : Du romantique au mystique





Le Palais Abdelliya a vécu aux rythmes d’une soirée musicale purement syrienne. Mayada Bsilis, la perle des chants syriens modernes et le groupe “Chouyoukh Salatine Ettarab” ont signé deux prestations honorables, au grand bonheur d’un public venu nombreux. Mayada Bsilis est une habituée de la Tunisie. Elle s’est produite à plusieurs reprises dans nos festivals. Le public la connaît bien par les chansons de films diffusées sur de nombreuses chaînes de télévision arabe. Cette Syrienne de trente-huit ans qui a derrière elle déjà une carrière de 25 ans a animé avec brio la première partie de la soirée d’avant-hier, en présence d’un public de fans venus très nombreux. Fidèle à son look habituel, Mayada Bsilis, habillé en robe noire et rouge-sobre, s’est produite dans un style inspiré de Faïrouz. Accompagnée d’une douzaine de musiciens, dont trois percussionnistes, deux guitaristes, cinq vocalistes, la perle de la chanson syrienne moderne a, comme à l’accoutumée, commencé sa prestation par un morceau du genre tango, mixé avec quelques improvisations du tarab oriental. Mais la chanteuse syrienne a privilégié tout au long de sa prestation un style occidental plus romantique, mais bien dosé et mixé avec quelques rythmes à consonance bédouine, et aux sons du nay, du bendir et de la flûte enchantée. Durant se prestation qui a duré 1 heure et 15 minutes, l’artiste syrienne a visité ses chansons les plus connues du public tunisien à savoir “Adi”, “Lala”, “Ala Aïni”, “Ghadan Isâlou Anni”, “Ya lili ya lili”, entre autres. Bref, Mayada Bsilis a signé une prestation honorable dans l’ensemble. * Au cœur des chants d’Alep Habituée de nos manifestations estivales, depuis un certain temps, la troupe: “Chouyoukh Salatine Ettarab”, s’est produite avec toute la simplicité qu’on connaît d’elle. Habillés en “Jellabas” blanches accompagnées de gilets noirs, les dix instrumentistes de la Troupe syrienne, ont entamé la soirée par des improvisations orientales. Rejoints, dix minutes plus tard par les trois vocalistes du groupe, sous la conduite de Ahmed Béchir El Bji, les musiciens de : “Chouyoukh Salatine Ettarab” ont évolué, dans un style rappelant les “d'arwiches” tourneurs de Damas et les soirées de la Hadhra d’Alep. Ils ont plongé l’assistance dans la chaleur des chants mystiques et nostalgiques des “mouachahat” et d’autres chants du tarab oriental. Fidèles à la tradition et au patrimoine chansonnier d’Alep, les musiciens syriens ont revisité leurs anciennes compositions et d’ailleurs, les plus connues, comme “Amana-amana”, “Lil Ya lili”, “Habibi”. Tantôt, ils ont repris ces morceaux dans un style romantique, tantôt, ils ont privilégié la consonance purement poétique. Malgré la belle prestation il faut reconnaître que cette troupe a été trop fidèle au style classique. Elle a repris les mêmes chansons à plusieurs reprises. Un fait qui dénote d’un manque de créativité au sein de ce groupe, pourtant héritier des grands musiciens comme Cheïkh Ahmed Eddaïkh, entre autres. Ousmane WAGUE


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com