Jeunes et liberté : Libres oui, mais pas irresponsables





Etre libre comme l’air ne déplaît à personne. Avant l’âge adulte, les jeunes s’affranchissent de l’autorité parentale, voire foulent aux pieds quelques règles sociales. Pourquoi? Il semble que c’est une manière de prouver qu’ils ont mûri et qu’ils peuvent s’assumer. Comment les jeunes perçoivent-ils justement la liberté? Témoignages. Tunis-Le Quotidien Pour être vraiment libre que faut-il? Certains pensent qu’il faut agir sans tenir compte d’autrui, d’autres pensent que la liberté est une grande responsabilité qui se mérite mais ne s’offre pas. D’aucuns, enfin, considèrent que la liberté des uns s’achève là où commence celle des autres. Mohamed, 20 ans, étudiant, trouve qu’il jouit d’une bonne marge de liberté. Une liberté qu’il a “bien mérité”. “L’autorité parentale, les comptes rendus et la mainmise totale, relèvent d’une époque révolue. je suis une personne responsable. J’ai su prouver à mes parents que je connais bien mes devoirs et que j’ai mérité leur confiance. Je m’exprime librement, je n’ai jamais froid aux yeux lorsqu’il s’agit de protester parce que je crois que chaque être humain a le droit de penser ce qu’il veut et de faire ce qu’il veut tant qu’il ne fait pas de mal aux autres. Je crois aussi à la liberté individuelle où chacun est, par exemple, libre de porter ce qu’il veut et d’avoir l’allure qu’il choisit. Certes, cette liberté est de mon droit mais je sais pertinemment bien que je ne dois pas dépasser un certain cadre. Je vis dans une société et je dois bien considérer les règles générales, donc je suis libre mais je dois aussi me conformer aux normes de notre société arabo-musulmane. Cela dit je pourrai avoir l’idée de me tatouer, si je suis convaincu de le faire, cela entre dans le cadre de la liberté individuelle et ne nuit à personne!”, dit-il. Ahmed, 20 ans, étudiant, croit que la liberté ne peut jamais être extrême. Le jeune homme, bien “ancré à ses racines et très croyant”, pense qu’il ne doit jamais franchir certaines lignes. “Je crois à la liberté de s’exprimer, de penser et de choisir. Je crois partiellement à la liberté individuelle. Parce que chaque individu vit dans une société. La nôtre a des us et des coutumes que nous devons respecter et d’ailleurs, cela fait notre identité, je dirai que c’est une manière de se sentir bien sans jamais violer les règles générales de notre religion et de notre société”, dit-il. Hamdi, 18 ans, porte des lunettes de couleur bleu fluorescent et un énorme collier au cou. Normal, le jeune croit profondément que l’apparence physique est une liberté individuelle. “Certes, je m’habille comme bon me semble, mais je ne suis pas dévêtu pour toucher à la liberté des autres. Je pense aussi que je sui libre d’agir avec liberté. Toutefois, je ne dépasse pas certaines lignes. Je considère et je respecte les autres. Ne dit-on pas que la liberté des uns s’achève là où commence celle des autres? J’agis librement sans nuire aux autres. Je n’irai pas par exemple jusqu’à avoir des ébats amoureux en plein public, il faut respecter le cadre et la présence d’autres personnes”, dit-il. Sofiène, 19 ans, sait que la liberté ne peut pas être absolue. Il croit que chaque être humain est libre d’agir. Toutefois, il arrive que Sofiène franchit certaines règles sans penser à nuire aux autres. “Je reconnais que je tiens absolument à ma liberté et il m’arrive de râler quand on essaye de m’imposer quelque chose. Quand je suis énervé, il m’arrive aussi de disjoncter et prononcer des mots inconvenables même en public. Mais il faut dire que je ne le fais pas pour nuire aux autres. C’est juste une manière de m’exprimer et j’essaie toujours d’être discret”, dit-il. Abir CHEMLI OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com