Industrie pharmaceutique: Pour vendre, il faut savoir inventer des maladies





Le Quotidien - Agences "Pourquoi les dépenses de santé explosent-elles, alors que nous n'avons jamais été autant au courant des méthodes de prévention ?" Selon The New Zealand Listener, les entreprises pharmaceutiques "trouvent de nouvelles maladies pour assurer la bonne vente de leurs produits". Une enquête indépendante, publiée sous le titre "Sickness Selling" (Vendre la maladie), affirme que les critères de la maladie ont été étendus. L'exemple de l'ostéoporose, cité par l'hebdomadaire néo-zélandais, est probant. "Toute femme qui n'a pas la densité osseuse d'une trentenaire est considérée comme anormale. Selon cette définition, 30 % à 50 % des femmes ménopausées souffrent donc d'ostéoporose." De la même manière, les critères définissant les malades du cholestérol ou les personnes atteintes de dépression deviennent de plus en plus flous. Par ailleurs, "l'influence des entreprises pharmaceutiques est désormais si importante qu'on n'arrive plus à distinguer ce qui est de l'ordre du médical et ce qui touche au marketing". Conseils des médecins, campagnes de prévention, publicité s'accumulent et créent un climat de peur. "Une méthode de marketing très souvent utilisée consiste par exemple à mettre en valeur le risque relatif et de minimiser le risque absolu de développer une pathologie." En effet, "si un médicament réduit votre risque de 3 % à 2 %, c'est une réduction relative de 33 %, mais une réduction de seulement 1 % en chiffres absolus." Les patients sont désorientés et surestiment les risques. "Nous devons trouver des solutions qui permettent de définir plus précisémment la maladie, et donc de créer une frontière nette entre bonne et mauvaise santé. Il faut également repréciser la notion de prévention, l''industrie pharmaceutique l'ayant pervertie", conclut The New Zealand Listener.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com