Après les attentats de Londres : Le Royaume-Uni face à sa désunion





Le Royaume-Uni, choqué d'apprendre que les attentats de Londres ont été commis par des jeunes immigrés élevés dans le pays, paraît désormais découvrir l'ampleur du fossé entre ses communautés. Le Quotidien - Agences Hazel Blears, ministre de l'Intérieur adjointe, a entamé mardi une série de réunions avec des dirigeants religieux et associatifs devant aboutir à des propositions en septembre pour renforcer la cohésion de la société britannique. Oldham, une ville de la banlieue de Manchester (nord) choisie pour la première réunion, avait été le théâtre de graves émeutes raciales en 2001. Le gouvernement veut proposer un "partenariat" aux communautés sur les thèmes de la sécurité, de l'éducation des jeunes, du rôle des femmes, de l'extrémisme et de l'intégrisme. Il pense aussi à "une meilleure formation des imams" et à la nécessité de "canaliser la colère des jeunes dans une organisation démocratique". Après les attentats de Londres, a justifié Blears, la tâche est "difficile, mais je pense qu'il est absolument vital que les gens sachent qu'ils ont leur mot à dire". Quelque 1,6 million de musulmans vivent au Royaume-Uni, originaires pour la plupart du Pakistan et du Bangladesh. Les 7 et 21 juillet, les poseurs de bombes étaient pour la plupart britanniques. Tous avaient vécu en Grande-Bretagne dans leur enfance. Le plus âgé d'entre eux avait 30 ans. "Nous sommes tous victimes et nous ne voulons pas que les musulmans deviennent des citoyens de 2ème classe après ces atrocités, ni que toute la communauté soit désignée coupable par association", a averti Riaz Ahmed, un conseiller municipal qui a rencontré Blears hier. Le communautarisme a longtemps été promu dans le pays comme la clé de relations sociales harmonieuses, fondées sur le respect de l'origine de chacun. Son procès, entamé après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, s'est accéléré depuis le 7 juillet. A Oldham, "si on est Pakistanais ou Bangladeshi, on peut mener sa vie sans pratiquement jamais avoir le moindre contact avec des blancs", expliquait hier David Ritchie, qui présida la commission d'enquête sur les émeutes. "Pendant des décennies, on a négligé le fait que les communautés allaient chacune de son côté", renchérit Herman Ouseley, l'ancien président de la commission pour l'égalité des races (CRE) : "Elles évoluaient séparément, dans une ségrégation de plus en plus forte au fur et à mesure que les blancs quittaient les endroits" habités par les minorités. "Cette séparation a créé une situation qu'il sera assez long de renverser", poursuit-il. Les jeunes musulmans, en particulier, sont plus confrontés au chômage que les autres jeunes, notamment parce qu'ils sont plus nombreux dans les régions touchées par le déclin de l'industrie.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com