«Kingdom of Heaven» : Le martyre d’Al Qods se poursuivra-t-il ?





Dialogue des civilisations, choc des civilisations: ces deux grands sujets ont dominé la scène de l’actualité, ces dernières années. “Kingdom of heaven”, un long métrage de Ridley Scot projeté avant-hier soir au Théâtre romain de Carthage, tente de lever le voile, sur ces questions à travers une rétrospective sur l’histoire des croisades, les convoitises qu’a suscitée la ville multiconfessionnelle d’Al Qods. Ibn Khaldoun, le célèbre sociologue et historien tunisien et arabe disait dans la “Mouqaddima” que : “L’histoire se répète et un fait en explique un autre”. Cette assertion très instructive s’applique de façon juste au scénario de “Kingdom of Heaven”. Nous sommes en 1095, lorsque le pape Urbain II, un des ténors de la première Croisade de l’Occident contre l’Orient a lancé la guerre contre l’Orient. Celle-ci avait pour cible la conquête d’Al Qods, Damas et les autres régions musulmanes. Un fait marquant est en revanche à retenir. Les Musulmans et les Juifs se sont alliés et ont défendu farouchement Al Qods. Mais lorsque la ville fût conquise par les soldats chrétiens, ce sont les Musulmans qui ont fait l’objet des massacres. L’histoire tourmentée d’Al Qods ne s’arrête pas là. Il s’ensuivit, en effet, pas moins de huit croisades auxquelles, les Orientaux et en particulier les musulmans ont pu faire face avec beaucoup de détermination. Mais celle qui a surtout inspiré le cinéaste américain, c’est la troisième croisade menée, entre autres, par Richard Cœur de Lion, Frédéric Barberousse et contre laquelle le guerrier musulman Saladin s’est distingué en reprenant Al Qods des mains des chevaliers chrétiens. Durant cette croisade, d’autres personnages se sont distingués et ont donné une leçon de paix et d’entente entre les populations des différentes confessions. C’est le cas de Saladin et de Baudouin IV, roi chrétien. Entre ces deux personnages régnait une entente parfaite. Ils ont veillé, à cette époque, sur l’entente entre les populations musulmane, chrétienne et juive. * Des vérités historiques indéniables Au-delà de l’histoire relatée, “Kingdom of heaven” incite à poser un certain nombre d’interrogations. L’entente parfaite reviendra-t-elle un jour entre musulmans, chrétiens et juifs ? La ville d’Al Qods abritera-t-elle toutes ces composantes confessionnelles, qui y vivront en parfaite harmonie ou, au contraire, la guerre des religions reviendra-t-elle de plus belle? En effet, ni Ridley Scott, ni personne d’autres ne peuvent répondre avec exactitude à ces interrogations. Toutefois, il faut reconnaître que, malgré certaines critiques acerbes, dont le réalisateur de ce film a fait l’objet, “Kingdom of heaven” a mis à nu des vérités historiques indéniables. Parmi celles-ci on trouve notamment: une entente parfaite entre toutes les confessions orientales de par le passé, une présence juive marginale par rapport à celle musulmane, comme d’ailleurs c’est le cas toujours. D’une durée de 2 heures 25 minutes, ce film recrée de façon percutante de grands faits historiques et surtout restitue, sur un autre plan, l’ambiance et le paysage dans lesquels ont eu lieu les conflits et les guerres entre les religions en Orient. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com