Zied Gharsa : Le malouf en état de grâce





Zied Gharsa est aujourd’hui l’un des représentants et dignes héritiers du malouf tunisien et du patrimoine chansonnier hérité des Andalous. Il l’a prouvé à chaque sortie. Avant-hier soir, le prince du malouf a embarqué un public venu nombreux au Théâtre romain de Carthage dans la chaleur du malouf et des rythmes arabo-andalous. Quand on est artiste et de surcroît fils de Tahar Gharsa, l’un des plus grands maîtres du malouf, on fait face incontestablement à une double responsabilité. D’abord, celle d’assurer la relève d’un père qui a donné au malouf tunisien ses lettres de noblesse, et d’autre part, perpétrer une tradition musicale et la sauvegarder, sous tous ses aspects. Et comme le destin et la carrière vont de pair, Zied Gharsa a compris très tôt qu’il fallait assumer cette double responsabilité. Il s’est engagé dans cette voie depuis sa prime jeunesse. Le succès a été ainsi au rendez-vous. Depuis 1997, date de la sortie de son premier album, Zied a acquis une notoriété indéniable auprès de son père et sur la scène musicale nationale. Cette notoriété, il l’a affirmée à travers toutes ses sorties et principalement lors du concert d’avant-hier soir sur le prestigieux amphithéâtre romain de Carthage. «Le prince du malouf» comme le surnomment ses fans a comme l’accoutumée visité les trésors immortels du malouf tunisien et maghrébin à travers un récital qu’il a intitulé «Brise andalouse». Il a repris les compositions les plus célèbres tirées du patrimoine chansonnier andalou et parmi lesquels on trouve notamment les genres musicaux traditionnels, comme le «mawali», la «nouba», le «taktouka», la «lounga» et d’autres genres menacés de disparition. Son récital qui a commencé à 22h05 a embarqué le public venu nombreux et composé de jeunes et de moins jeunes dans la chaleur profonde des rythmes nostalgiques et des improvisations du malouf. Le «prince du malouf» a entamé sa soirée par des chants liturgiques de la «soulamia» mixés avec des rythmes de la «hadhra». Pour cette première partie de la «Brise andalouse», Zied Gharsa a mobilisé pas moins de 70 musiciens dont des vocalistes, des violonistes, des virtuoses du «nay». Sous la direction du grand maestro Nabil Zammit. Evoluant dans un décor soigneusement conçu et dans lequel les musiciens sont classés suivant la spécialité et par compartiment, le prince du malouf et sa troupe ont reproduit durant cette première partie un spectacle de «hadhra» haut en couleurs savamment conçu qui a mis l’assistance sur son pied de danse. * Au cœur du patrimoine Fidèle à la tradition que lui a léguée son père, Zied Gharsa a durant cette sortie qui a duré plus de deux heures, les grandes compositions des poètes et paroliers tunisiens à l’instar de Ridha Khouini, Ali Ouertani, Ali Louati et Mohamed Aziz Ben Zakkour, entre autres. Il a aussi repris pas moins de six compositions tirées du patrimoine chansonnier tunisien et pour la plupart héritées de la musique andalouse. Parmi ces compositions on trouve notamment «Azaïez Kalbi» «Min Jâr Alaya», «Kahlet Lahdheb», entre autres. Le prince du malouf a également chanté d’autres compositions les plus célèbres à l’instar de «Machmoum Baba» «Trah wija» «Alach T’haïar fiya» entre autres. Conscient du fait que le malouf et la musique andalouse sont un héritage commun à tous les artistes arabes et maghrébins, Zied Gharsa a invité un autre géant, celui du malouf algérien à animer avec lui la deuxième partie de ce concert. Il s’agit de Selim Fergani, fils du grand cheikh du malouf algérien Mohamed Tahar Fergani. Les deux artistes ont visité ensemble certaines des compositions de Zied Gharsa, mais également d’autres genres traditionnels du malouf algérien comme le «arroubi», le «hawzi», le «ghernati» etc. Le moins qu’on puisse dire c’est que la soirée de Zied Gharsa a été une réussite. Elle a pu conjuguer l’authenticité à la créativité. On ne s’aurait demander plus. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com