Assurance-Auto : L’adhésion conditionnée fait-elle son chemin?
Les assurés ont été surpris au cours du renouvellement de leurs contrats d’assurance d’être dans l’obligation de souscrire à une seconde assurance complémentaire. Une sorte d’assurance conditionnée. Le délégué général de la Fédération tunisienne des sociétés d’assurances explique. L’arrêté du ministre des Finances du 13 avril 2005 précisant les nouveaux tarifs pratiqués par les sociétés d’assurances n’a pas eu des répercussions immédiates sur la bourse des assurés. En effet beaucoup d’intéressés n’ont pas eu à renouveler leurs contrats durant la période citée et n’ont pas pris connaissance de la nouvelle tarification. Ce n’est qu’aujourd’hui que beaucoup de conducteurs dont le contrat a expiré ont eu la surprise de la découverte des nouveaux tarifs. Deux constats de taille peuvent être relevés. Une hausse substantielle des tarifs des assurances automobiles ainsi que des motocyclettes et pour certaines compagnies d’assurance, l’imposition à l’assuré de souscrire à une seconde assurance pour bénéficier d’une assurance-auto. En d’autres termes, le client doit souscrire à une assurance-vie, ou une assurance contre le vol du domicile pour se voir livrer sa police d’assurance-auto. Les compagnies d’assurances sont catégoriques à ce sujet. Ou bien le client accepte ces termes ou bien son contrat est résilié. Cela relève en d’autres termes d’une vente conditionnée qui nous rappelle certaines pratiques d’antan révolues aujourd’hui. A titre d’exemple, une assurance-auto d’un véhicule de 5 cv d’une valeur de 5000 DT coûtera au client la somme de 345d350. Ce dernier devra en outre souscrire impérativement à une autre assurance-vie de 60 DT. Les voitures utilitaires et fonctionnant au gazoil ont d’autres tarifs. Contacté à ce propos, le délégué général de la Fédération tunisienne des sociétés d’assurances (FTGSA) M. Brahim Kobbi a été catégorique à ce sujet : “Les dispositions du code des assurances et notamment l’article 5 sont claires. L’assureur ne peut pas imposer à son client une double assurance. Il peut à la rigueur le conseiller et lui suggérer des formules différentes. M. Kobbi explique que les compagnies d’assurances passent par des périodes difficiles marquées par un certain déficit. “L’assureur subit les risques d’autant plus que les montants des réparations sont dictés par les tribunaux compétents et peuvent parfois peser très lourd sur le budget de certaines compagnies”, dit-il. Cette situation est certes compréhensible mais ne justifie nullement les dépassements de certaines compagnies d’assurances. Car avant tout la relation qui les lient avec la clientèle est avant tout basée sur la confiance réciproque. Lotfi TOUATI

