Après l’attentat meurtrier anti-arabe : La colère gronde





Les Arabes israéliens observaient hier une grève générale au lendemain de la mort de quatre des leurs, tués par un soldat déserteur d'extrême droite opposé au retrait de Gaza prévu dans moins de deux semaines. L’opération a été dénoncée par l’Autorité palestinienne. Le Quotidien-Agences "Cette grève d'un jour exprime notre colère devant un acte terroriste qui reflète une culture de la haine envers les citoyens arabes" d'Israël, a déclaré le porte-parole d'un comité représentatif de la minorité arabe. Selon lui, la grève qui touche essentiellement le commerce est "massivement suivie". La police a déployé d'importants renforts dans le nord d'Israël et à Al Qods-est de crainte de violences. Des centaines d'hommes ont pris position sur les routes du nord et autant ont été déployés dans la Vieille ville d’Al Qods, autour de l'esplanade des Mosquées. La police se préparait à des affrontements à la sortie des mosquées, après la prière du vendredi ou après les funérailles durant l'après-midi. Des policiers ont été dépêchés de toute urgence du sud où des forces considérables avaient été mises en place face à une marche d'opposants au retrait de Gaza. A Shfaram, lieu de l'attentat dans le nord d'Israël paralysé par la grève, la présence policière était cependant discrète. Des bougies ont été placées là où l'attaque s'est produite en souvenir des victimes. Quatre Arabes israéliens, un chauffeur d'autobus et trois passagers dont deux étudiantes, ont été tués par un soldat du contingent âgé de 19 ans qui avait déserté son unité il y a deux mois pour marquer son opposition au retrait de Gaza. Eden Natan Tsuberi, en uniforme militaire, est monté à bord de l'autobus 165 effectuant la liaison entre Haïfa et Shfaram. Il a ouvert le feu en visant d'abord le chauffeur, puis les passagers et la foule à l'extérieur. Il a ensuite été lynché par une foule en colère. Activiste du mouvement ultra-nationaliste Kach, d'inspiration raciste déclaré hors-la-loi, il résidait ces derniers mois dans la colonie de Tapouach en Cisjordanie. Il avait été interpellé récemment lors d'une tentative infructueuse de militants d'extrême droite de manifester sur l'Esplanade des Mosquées à Al-Qods occupée. L'armée israélienne a annoncé qu'il ne serait pas enterré dans un cimetière militaire, après que des familles de soldats eurent exprimé leur opposition. La police a arrêté à l'aube trois jeunes colons de l'implantation de Tapouach, âgés entre 15 et 17 ans, soupçonnés d'avoir été tenus au courant des préparatifs de l'attentat et de complicité éventuelle. * Acte vil Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a qualifié cette attaque d'"acte vil d'un terroriste juif assoiffé de sang, qui a voulu porter atteinte à des citoyens innocents". Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a parlé d'un "crime sauvage. Ce crime est une claire illustration du danger que posent les colons juifs à notre peuple (...)". Et le mouvement palestinien Hamas a menacé Israël de représailles. La presse israélienne jugeait sévèrement l'incapacité des autorités à empêcher de telles attaques, alors qu'elles étaient prévisibles. Elle rattache l'attentat au massacre à l'arme automatique de 29 Palestiniens en 1994 au Caveau des Patriarches (Cisjordanie), vénéré par les musulmans et les juifs, par Barouch Goldstein, un colon lié au Kach qui avait également été lynché à mort. Après la tuerie, le Kach avait été mis hors la loi en tant qu'organisation terroriste, mais la tombe du meurtrier est devenue un lieu de pèlerinage pour l'extrême droite et le Kach continue à opérer au grand jour sous différents noms d'emprunts. "Le meurtrier n'est pas un forcené. Son acte était calculé pour torpiller le retrait de Gaza en mettant le feu aux poudres", écrit le quotidien Yediot Aharonot qui interpelle les autorités pour leur laxisme envers les extrémistes juifs: "Quand on chevauche un tigre on ne doit doit pas s'étonner qu'il ait des crocs". _______________________________________ Vingt mille personnes aux funérailles des victimes Quelque vingt mille Arabes israéliens ont participé hier à Shfaram en Galilée aux funérailles de quatre des leurs tués la veille. Des drapeaux noirs et des drapeaux palestiniens flottaient au-dessus de la foule scandant des appels à l'unité nationale et criant : "le racisme ça suffit", "les agitateurs anti-arabe en prison". Les sœurs Hazar et Dina Turki, deux étudiantes musulmanes respectivement âgées de 23 et 21 ans, ont été inhumées en premier au cimetière musulman de cette ville arabe de Galilée de 35.000 habitants dans le nord d'Israël. Les deux autres victimes, deux chrétiens, le chauffeur du bus Michel Bahous, 56 ans, et Nadir Hayak, 55 ans, devaient être inhumés ensuite au cimetière chrétien de la ville.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com