Nuit d’été à la banlieue nord : Doux froufrous, de la Goulette à Sidi Bou





En allant à Sidi Bou Saïd, on cherche à chaque fois les mêmes repères. Car ce lieu authentique de la banlieue nord de Tunis, dégage toujours le même parfum. Le présent est fidèle au passé. Tous les murs parlent de la même histoire et charment encore et toujours les enfants du pays et les visiteurs étrangers. Tunis - Le Quotidien Les nuits d’été sont très souvent chaudes voire insupportables à cause des hausses du mercure. La plupart de nos concitoyens préfèrent alors prendre la route de la banlieue nord à la recherche de l’air frais. Pendant cette période, la circulation de ce côté là de la capitale est suffocante. D’interminables files de voitures obligent les conducteurs à rouler à une très faible vitesse ou à arrêter carrément les moteurs. Direction Sidi Bou Saïd, c’est le coin idéal pour aller prendre un bon thé vert à la menthe ou aux pigons ou un café turc bien parfumé à l’eau d’oranger. Si on passe par la Goulette et le Kram, on risque de s’éterniser. Toutes les vitrines des boutiques sont allumées. Des vagues humaines se promènent entre les cafés, les pâtisseries et les fast-foods. Beaucoup d’enfants en compagnie de leurs parents sont contents de manger des glaces ou des sandwichs pleins de frites. Le passage par l’autoroute est plus confortable. Le trafic est moins gênant. Et si on arrive devant le théâtre romain de Carthage avant la sortie du public, on évite les mauvais quarts d’heure au volant de la voiture. Mais à l’entrée de Sidi Bou Saïd, «rebelote» avec la file de véhicules. Dans les terrasses des cafés installées à la droite et à la gauche de la voie publique, des clients de tous âges sirotent toutes sortes de boissons chaudes et froides. Les «Chichas» sont inévitables dans cette atmosphère bleu et blanc. C’est presque une règle à Sidi Bou de commander un narguilé et un café ou un thé. C’est une consommation spécifique à l’endroit qui se prête merveilleusement aux soirées plutôt molo molo et assez typiques. Le café El Alia est un véritable monument à Sidi Bou Saïd. On s’y grouille dès le début de soirée avec l’espoir de «décrocher» une table ou une marche de l’escalier. A cette heure-ci, minuit presque, c’est difficile d’aspirer à un tel «privilège». C’est déjà à la limite de l’impossible de trouver une place dans le parking. Quoique l’équipe chargée des tickets n’en soit pas responsable. On doit payer les deux dinars dans tous les cas de figure. Ensuite, garer sa voiture ou repartir faute de place, cela ne semble pas regarder ces agents qui n’ont qu’une seule chose en tête : deux dinars. La montée vers le café El Alia est agréable. Il y a plein de monde. Il y a aussi beaucoup de jeunes indélicats qui continuent de faire leurs shows de grossièretés et de propos obscènes. Dans ce même registre de mauvais goût, certains jeunes n’hésitent pas à accélérer avec leurs scooters dans cette ruelle piétonne archi-comble. Avec des yous-yous, des hurlements et des rires hystériques, ils cherchent à se faire remarquer et ne se rendent pas compte qu’ils sont ridicules et impolis. * Ambiance typique Le café est au complet. Par miracle, une table se libère. Ici, il y a toujours des clients qui attendent et qui guettent les tables. Ils demandent même au serveur de les appeler quand d’autres clients vont payer et partir. La plupart des personnes installées dans la fraîcheur consomment du thé vert avec de la menthe, aux pignons ou aux mandes, il est délicieux et rime avec l’ambiance environnemente. Tout le monde se regarde. Comme il y en a beaucoup, il est impossible de fixer ses yeux longtemps sur autre chose que les visages. La brise est très fraîche. On ne dirait pas que nous sommes à Tunis où ailleurs, dans d’autres quartiers. Alors on a tendance à prolonger la soirée au maximum pour éviter la fournaise. L’affluence est encore importante malgré l’heure relativement tardive. Certains s’arrêtent au café El Alia alors que d’autres poursuivent le chemin jusqu’au café «Sidi Chabaâne». La tradition veut aussi que lorsqu’on vient à Sidi Bou, on doit absolument déguster un bon «bambalouni» (beignet) ou une «F’tira» brûlante. Au retour, la Marsa fourmille encore.Les clients se bousculent chez le glacier italien. Chacun aime bien terminer une telle soirée avec une bonne glace. De l'autre côté de la banlieue nord et plus exactement à la Goulette, au lieu de prendre un glace, on prend un «lablabi» piquant. C’est pourtant l’été mais on n’hésite pas à réclamer ce plat hivernal tant sollicité par bon nombre de nos concitoyens. Il se fait tard mais beaucoup de gens ne semblent pas pressés. Encore bien installés dans quelques terrasses, ils cassent la croûte tranquillement. D’autres commerces font le ménage. C’est le signe de la fermeture imminente. Après ce coup de balai, on baisse les stores. Et demain est un autre jour. Maryem KADA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com