Jeunes et entêtement : Les raisons d’une obstination





Certains disent que l’entêtement et l’obstination sont une spécialité juvénile. Dans ce sens, plus on les contrecarre, plus ils tiennent bon. Vrai ou faux ? Qui met les points sur les “i” dans la vie d’un jeune ? Tunis - Le Quotidien Voyant les choses à leur manière, nombre de jeunes ont horreur qu’on leur mette des bâtons dans les roues. S’ils désirent se rendre quelque part, il faut qu’ils y aillent. S’ils ont envie de faire quelque chose, rien ne doit les en empêcher. Ces “potentats” ne supportent pas la moindre contrariété. Evidemment, ils sont jeunes, débordent de vitalité, ont une perception propre à eux des choses et pensent être des individus pensants à part entière qui peuvent s’assumer et qui sont totalement capables de décider de leurs sorts. Haïthem Ben Ouhida, 27 ans, a dépassé de loin l’âge de la révolte et de la rébellion. Si le jeune homme s’entête à maintenir sa position, ce n’est plus une question de prouver qu’il est là, mais c’est parce qu’il est sûr d’avoir un assez riche back-ground qui lui permet de choisir. “En principe, je ne fais qu’à ma tête. Ce n’est surtout pas une manière de m’affranchir de l’autorité de mes parents. Si j’ai tenu bon à faire telle ou telle chose en dépit des objections de mes parents, c’est que je suis sûr que c’est pour mon bien. Certes, je discute avec eux et ils arrivent parfois à me dissuader lorsque leur thèse est logique et admissible, mais généralement c’est moi qui ai le plus souvent raison. Après le bac, j’ai choisi d’étudier le micro-système informatique, c’était un choix mûrement réfléchi, ils ont contesté, j’ai essayé de les convaincre et en fin de compte je n’ai fait que ce que j’ai voulu”, dit-il. Serein, persévérant et ayant les pieds sur terre, Haythem sait ce qu’il fait et ce qu’il veut. Il pense que les parents n’ont pas toujours raison. Ils peuvent même ignorer nombre de choses. “De leur époque, l’informatique n’avait pas le même poids. Du coup, ils ne peuvent pas admettre mon choix. En outre, j’ai eu un petit conflit avec eux lorsque j’ai achevé mes études. Ils voulaient que je travaille comme fonctionnaire, travail beaucoup plus garanti, croient-ils, et moi, j’avais envie de m’installer pour mon propre compte. Dieu merci, je n’avais pas tort, j’ai su prouver à mes parents que j’avais raison d’opter pour ce choix. Mon projet marche comme je le souhaite. J’avais donc raison de m’en faire qu’à ma tête”, ajoute-t-il. Khalil, 18 ans, s’entête parfois mais, grosso-modo, il essaye toujours d’avoir la bénédiction de ses parents. “D’abord, je ne demande jamais aux parents de décider à ma place. Je secoue les méninges, je fais ma petite recherche tout seul et quant je me décide, je leur fais part de mes décisions. Parfois, cela marche sans problèmes, ils adoptent facilement mes idées. Mais il arrive aussi qu’ils me contrecarrent. La dernière en date, après avoir eu mon bac, ils étaient entièrement contre les filières courtes. Normal, ce sont de nouvelles perspectives qu’ils ignorent. J’ai vu que j’aurais plus de chance en intégrant l’I.S.E.T, à m’ouvrir sur de nouveaux horizons. On m’a affecté à l’ISET et j’espère prouver que j’ai fait un bon choix. Toutefois, concernant d’autres domaines, je suis plutôt docile. Si mes parents jugent que l’une de mes fréquentations me sera néfaste, je prête une ouie attentive” dit-il. Amine, 16 ans, n’en fait pas qu’à sa tête. Jugeant qu’il est encore trop jeune pour s’assumer tout seul, le jeune homme demande toujours conseil aux parents. “Je ne suis pas têtu. Je ne pense pas qu’il y a des êtres qui me veulent autant de bien que mes parents. Certes, il arrive que nous voyons les choses différemment, c’était le cas pour l’orientation. Mes parents voulaient que j’opte pour la branche des mathématiques, moi, je préférais l’économie. J’ai fini par les convaincre, mais je ne pouvais aucunement réagir sans avoir décrocher leur accord. Grosso-modo, je me plie aux ordres de mes géniteurs”. dit-il. Dhouha, 20 ans, est “têtue comme une mule”. La jeune fille croit que tout-être humain est responsable et doit s’assumer. “A vrai dire, je ne suis pas trop souple. Quand je veux quelque chose, je fais tout pour y parvenir. Dernièrement, j’ai interrompu mes études scolaires pour suivre une formation. Cela n’a pas vraiment enchanté mes parents. Mais ils savent que je n’allais plus faire d’efforts en études, ils ont donc fini par accepter. Je ne me vois pas non plus épouser un homme que m’imposeront mes parents. J’épouserai qu’un homme dont je serai amoureuse et qui saura me convaincre. C’est ma vie, et c’est à moi d’en décider et d’en assumer les conséquences”, dit-elle. Abir CHEMLI OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com