Marcel Khalifa : Immortelle voix de la liberté





Marcel Khalifa est indémodable. Son concert d’avant-hier soir, sur la scène de l’amphithéâtre romain de Carthage a drainé un public fou, composé de fans jeunes et moins jeunes. La voix de la chanson arabe engagée qui a effectué un retour tonique à Carthage après une quinzaine d’années d’absence a démontré qu’il était toujours le «Marcel immortel». Trente minutes avant le démarrage de la soirée, le public était impatient de voir Marcel Khalifa monter sur scène. Il chantait sifflait, vociférait et réclamait, haut et fort, l’artiste. Mais il a fallu attendre 22 heures et l’arrivée de Mahmoud Darwich accueilli par un tonnerre d’applaudissement pour que l’ambiance change de couleurs et de tonalité. Peu à près, Marcel Khalifa et ses musiciens ont foulé la scène de l’amphithéâtre romain. Outre les quatre virtuoses du violoncelle de nationalité étrangère et la légendaire cantatrice, Oumaïma Khalil, Marcel a présenté un groupe de musiciens talentueux et polyvalents qui savent aussi bien jouer aux rythmes orientaux que les instruments occidentaux. Fidèle à son look habituel et à son mode vestimentaire de toujours, ensemble noir et écharpe bleue, Marcel a, dès le début de son concert, privilégié la créativité sans pour autant se démarquer de ses compositions d’antan. Il a entamé la soirée par un morceau instrumental où dominent des rythmes de percussion. Le tout mixé avec de sons chaloupés du saxophone. Ensuite, le chanteur libanais pour faire plaisir au public a reproduit «Montasiba El qamat» que les fans mémorisaient déjà par cœur. Marcel a par la suite, composé «Taraât Dajij», un morceau qu’il a dédié à Beyrouth. La voix de la chanson engagée arabe a visité quelques-unes de ses meilleures compositions à l’instar de «Fibali Oughniyatoun» ou «Osfour tal mina choubbak». Combattant infatigable de la liberté, il a dédié ce morceau à tous les prisonniers arabes détenus dans les prisons israéliennes. * Engagement et créativité On retiendra de Marcel Khalifa, durant cette soirée son sens de créativité qui l’a toujours habité et surtout son engagement qui n’a connu jusque-là aucun répit. Le chanteur libanais l’a fait remarquer au public, durant son concert. Il s’est arrêté, durant son récital pour dire à ses fans que «la vraie révolution, c’est celle des comportements. Celle-ci va de pair avec tous les autres changements». Mais ce n’est pas le seul message qu’il voulait véhiculer. Toujours bardé d’authenticité, il a repris à la fin du concert, un de ses célèbres morceaux «Ya bahria». Sans trahir le charme de cette composition, il y a introduit des rythmes nouveaux du genre «Debka» et à consonances nostalgiques, rappelant les soirées endiablées bédouines au milieu du désert ou dans les montagnes de son village natal, Amchit, où il est né, voilà 55 ans. Le moins qu’on puisse dire après quinze ans d’absence, l’aura et la célébrité de Marcel Khalifa n’ont pas pris un seul pli. Le chanteur en était d’ailleurs ému et il n’a pu retenir ses larmes à la fin du concert avant de saluer le public. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com