Soirée d’été à Ennasr II : Lumière, poussière et frime





Les terrasses des cafés et des salons de thé sont tous les soirs pleines à craquer. Les voitures sont garées partout. Les restaurants servent presque au complet. Pourtant une soirée à Ennasr II est ordinaire. On risque de l’oublier une fois arrivé chez soi. Mais la frime a son propre son de cloche. Tunis - Le Quotidien A l’avenue Hédi Nouira à Ennasr II, il n’y a pas de répit. Ca bouge tout le temps. Entre l’après-midi et le soir, la différence est tout de même flagrante. Elle l’est au niveau des personnes qui circulent dans les environs. Durant les heures de sieste, les travaux dans les chantiers atteignent leur vitesse de croisière. On ne voit que des ouvriers. Ils arrêtent le travail à chaque fois qu’ils voient des filles dans la rue sur le point d’aller à la plage. Ils les suivent des yeux en lançant des commentaires en tous genres. Il n’y a pas moyen de répondre pour éviter que les choses ne dégénèrent. Mieux vaut alors se taire. Au coucher du soleil, ces ouvriers passent à la douche. On entend le bruit de l’eau mais aussi du Mezoued. Car ils écoutent cette musique populaire tous les jours. Ils étalent leurs affaires sur les cordes à linge qu’ils accrochent n’importe où et n’importe comment. Ils s’apprêtent à regarder le spectacle qui commence bientôt. Les habitants et les visiteurs de cette localité ne tarderont pas à envahir avec leurs voitures de luxe l’avenue Hédi Nouira. * Ca fourmille Tout au long de ce boulevard qui se veut huppé, on ne trouve presque que des cafés et des salons de thé. Il y en a tellement que les autres commerces de fruits secs, téléphonie, chaussures, prêt-à-porter, etc... passent inaperçus. Bref, c’est un endroit de pure firme. Et nos concitoyens ne s’en privent pas. La soirée à Ennasr II n’a rien de spécial et encore moins d’intéressant. Pourtant, le boulevard fourmille. Primo, les voitures qui rôdent ici sont d’un luxe inaccessible en général. De grosses cylindrées, de gros 4x4 et autres marques plus ou moins prestigieuses captent les regards. Au volant, des jeunes voire des gamins qui plongent leurs cheveux dans un pot de gel et viennent jouer les beaux gosses. Très souvent accompagnés de belles créatures aux tailles finement dessinées, ils descendent de leur “tour d’ivoire” pour siroter un thé ou déguster une glace. Rires hystériques ou sourires hypocrites, sont toujours au rendez-vous. Dans les salons de thé qui ne ferment pas avant 1h00 du matin, l’ambiance est du pareil au même. Ce sont pratiquement les mêmes clients qui squattent à chaque fois un café. C’est une question de tendance. Tous les jours on parle d’un lieu branché et mieux fréquenté qu’un autre. Et ce, ne sont que des prétextes pour justifier une présence quotidienne au même endroit. Les yeux braqués sur les écrans de TV qui montrent des clips plutôt érotiques ou alors les doigts en train de manipuler les incontournables portables. Si jamais il y a une discussion, c’est pour parler des soirées à Hammamet et Sousse. Ces discussions risquent aussi de tourner aux disputes. Et là on a les vraies facettes de ces gens qui s’entourent de tous les artifices du monde pour impressionner. * Lumière et poussière Ce qui est remarquable c’est que les terrasses de tous ces salons de thé sont pleines à craquer. Certains pensent que c’est complet l’espace d’une soirée. Or, c’est le cas tous les soirs. Ces personnes ne se fatiguent pas et ne se lassent pas de supporter de voir ces chantiers et respirer les poussières. Car il n’y a pas de doute, il n’y a aucun paysage ou une vue à apprécier à Ennasr II. Des blocs de béton et des lumières tout à fait communs sans rien de particulier. C’et vrai qu’il y a beaucoup de garçons et de filles ce qui encourage les dragueurs. Cependant, l’atmosphère est du genre plutôt artificiel et superficiel. Dans les restaurants et les fast-foods qui se sont multipliés aussi, les places ne sont pas évidentes. Les gens ont tendance à manger dehors pour fuir la chaleur. Surtout que ces espaces sont climatisés. D’ailleurs, il y a pas mal de restos où on mange bien. A l’avenue Hédi Nouira à Ennasr II, c’est un défilé quotidien des tenues les plus “in” et les plus découvertes. A deux doigts ou moins de la nudité, les filles s’exhibent sans gêne. Les garçons ne lésinent pas non plus sur le paraître. C'est une garantie de plaire. S’ajoutent aux fringues, les atouts de la “caisse” dernier cri, du portable fashion et de quelques billets sinon une bonne liasse et le tour est joué. Ces jeunes qui se baladent ici ne semblent pas avoir de problème de fric. Alors ils le claquent à tort et à travers pour s’inscrire dans la liste des dépensiers des grandes soirées. Pourtant les soirées d’Ennasr II sont très ordinaires. Maryem KADA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com