Saeb Erikat : «Israël œuvre à faire de la bande de Gaza une enclave de Taliban»





Le Quotidien - Agences Le responsable palestinien Saeb Erikat a, dans une conférence organisée par l’Association des Affaires internationales à Amman, dont le contenu a été rapporté par le quotidien londonien «Al Qods Al Arabi» insisté sur la nécessité impérieuse pour les Palestiniens de dépasser leurs différends internes en ce moment d’évacuation de la bande de Gaza par Israël. Erikat s’est montré pessimiste quant à la capacité des diverses factions palestiniennes de résoudre leurs problèmes internes considérant que la situation interne est «très difficile». Il a également soutenu que «quiconque tentera de profiter de la situation au détriment de la Cause palestinienne payera le prix très cher quelle que soit sa renommée», révélant le caractère «très complexe» de la relation entre le Hamas et le Fath. Il a en outre considéré qu’Israël œuvre par son retrait de la bande de Gaza à en faire une enclave semblable à l’Afghanistan au temps des Taliban. Le responsable palestinien s’est ensuite interrogé sur l’avenir de Gaza après le retrait : «serait-ce, dit-il une partie intégrante de la zone A en conformité avec les accords d’Oslo ou accédera-t-elle à une forme d’indépendance à l’instar du Kossovo ?». Les préoccupations d’Erikat se rapportent également aux problèmes économiques de l’après retrait israélien. «L’économie palestinienne, dit-il, doit passer de l’état de dépendance à celui de la production, sachant que la création d’un poste d’emploi coûte 25.000 dollars en cas de maintien des libres échanges avec Israël». Compte-tenu de l’ampleur de ces défis majeurs, Saeb Erikat a insisté sur la nécessité impérative d’instaurer un pouvoir unique dans la bande de Gaza. «Il faut, dit-il, distinguer entre le pluralisme politique nécessaire et l’unicité du pouvoir politique. Tout pluralisme de pouvoir politique doit être interdit». Sans remettre en question la légitimité de la résistance, celle-ci ne devrait pas, selon lui, se comporter en tant qu’Etat dans l’Etat, disposant de son armée, de son économie... Il a à cet effet appelé à une phase de transition «organisée» du pouvoir politique à travers le suffrage universel et par le biais des urnes. Une telle perspective permettrait selon lui, d’ôter tous les prétextes à un nouveau coup de force israélien. Il a rappelé qu’Ariel Sharon a averti le président palestinien Mahmoud Abbas que son sort ne sera point différent de celui de Yasser Arafat au cas où il rejetterait le plan d’évacuation de la bande de Gaza.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com