Les Jeunes et les Différends Parentaux : Les frictions intimes… de la déprime





Au sein d’un couple, les désaccords sont très probables. Certains font tout pour régler leur litige dans la discrétion la plus totale. D’autres, en revanche, ne choisissent ni l’endroit, ni le moment pour leurs débats altérés. Les chamailleries et les scènes de ménage entre père et mère influent sur la progéniture et peu importe l’âge des enfants. Comment justement les jeunes perçoivent-ils les différends de leurs parents? Cela les marque-t-il? Et ont-ils un rôle à jouer pour calmer les quiproquos? Tunis - Le Quotidien Pas facile de garder la tête froide quand on entend des crises, des claquements et des offenses ! les “engueulades” entre le père et la mère ne laissent pas insensibles les enfants. Malek, 19 ans, ne supporte pas de voir ses parents se disputer. Le jeune homme sent de suite l’adrénaline lui monter aux joues, il se met à transpirer et son cœur bat fort dès que la discussion entre son père et sa mère vire au vinaigre. “Je sais qu’aucun couple n’est à l’abri des querelles mais certains font un effort pour résoudre les différends sans tomber dans les injures et sans même lever la voix. Cette manière facilite les choses et permet de voir la situation plus clairement et par ailleurs, cela épargne aux enfants de se sentir menacés. En tout cas, je ne supporte pas que mes parents se disputent et je fais tout pour intervenir afin de calmer la situation. Mais il faut dire que cela m’affecte et me désappointe”, confie-t-il. Mohamed, 21 ans, bachelier, ne peut pas non plus garder son calme alors que ses parents se disputent à quelques mètres de lui. “Les scènes de ménage me mettent dans un état second. Je ne peux pas rester de glace ! J’interviens très vite pour stopper les querelles. J’ai toujours peur qu’une dispute ne dégénère!”, dit-il. Mohamed trouve tout de même qu’il est plus chanceux que d’autres. Ses parents se disputent rarement. “Généralement, ce sont les problèmes budgétaires qui sont à l’origine des discordes. Heureusement, mes parents se disputent très rarement. Mais même si ces querelles sont rares, elles pèsent lourd et influent sur notre équilibre psychologique. D’ailleurs, l’ambiance familiale devient difficile et âpre et on n’arrive plus à vivre normalement”, ajoute-t-il. Samir, 20 ans, bachelier, a pu intervenir durant les rares fois où il a assisté à des scènes de ménage. “Je ne peux pas dire que mes parents se disputent tout le temps. Il est rare que leurs débats dégénèrent. Cela dit, j’essaye toujours d’intervenir avant que la scène n’ait lieu. Quand je n’arrive pas à calmer l’ambiance, je sors. Ca devient invivable, surtout quand cela coïncide avec la période des examens du bac. La maison doit être un refuge et non pas un champ de bataille”, dit-il. Khaled, 21 ans, a une autre vision des choses. Quand il sent que cela va prendre une tournure violente, il s’éclipse. “Quand j’étais enfant, je paniquais lorsque mes parents se disputent. A chaque dispute, je croyais qu’ils allaient se séparer. Or, ils finissent toujours par trouver un terrain d’entente. Aujourd’hui, quand ça “chauffe”, je sors faire un tour... Après une heure, ils se reconcilient. Je m’y suis habitué. En outre, je suis catégorique sur le fait que je ne dois jamais intervenir. Parce qu’une fois j’ai pris position avec ma mère et ils ont fini par se pardonner. Mon père, lui, m’a tenu rancune durant des jours. Aujourd’hui, je vois les choses autrement, je pense que les querelles au sein d’un couple rendent une vie routinière quelque peu.. épicée”, dit-il. Najoua, 24 ans, a été marquée par la vie de couple de ses parents. La jeune fille l’a tellement enduré qu’elle a peur du mariage. “Mes parents se disputaient sans cesse, à la maison, dans la voiture, dans les lieux publics. Je n’ai pas du tout mené une vie tranquille. Je peux dire que leur vie a toujours été orageuse. Mon père a un tempérament très nerveux. Il ne supporte aucunement les reproches. Dès que ma mère lui fait une remarque, il se met à râler et peu importe l’endroit. A maintes reprises, nous étions le sujet de discussions des voisins, des proches et même des passagers. Cela me rendait malheureuse et dépitée. A présent, ils ont dépassé ce stade et ils arrivent plus ou moins à résoudre leurs litiges sans injures et sans débordement. Mais moi, je suis marquée à jamais et je n’arrive pas à faire confiance aux hommes. Je ne suis pas prête et pour rien au monde, à revivre ce genre de vie et faire subir à mes enfants le même sort. Et ce même si je dois vivre célibataire pour toute la vie”.dit-elle Abir CHEMLI


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com